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Lilia au Louvre

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Finie la semaine. Le croquis est du mercredi. J’avais accompagné Lilia au Louvre.

Lilia est ma petite nièce. Un choc pour moi chaque fois que nous nous voyions: elle pousse mode champignon et prend déjà des allures d’adolescente. Et puis une enfant qui réclame le Louvre ça laisse présager d’une belle ouverture d’esprit. Ce fut un moment de bonheur et de paix malgré la foule et le bruit.

Retour dans le métro; j’avais l’esprit distrait , je croquais bien sûr, j’entendais  sans y prêter attention les propos avinés, assommants certainement, d’un homme qui harcelait une jeune femme et son enfant.Tout est allé très vite: deux gars n’en pouvant plus lui ont intimé l’ordre de se taire. Mais goguenard , englué dans sa sottise il les nargua. L’un des deux bandait déjà ses muscles:

« T’arrête , tu la laisses sinon je t’écrase.  »

Il l’aurait fait. Il l’a peut-être amoché après l’avoir poussé hors du wagon  et projeté sur le quai. C ‘était Rambo en fureur contre la sottise et la misère. Pendant quelques instant j’avais posé ma main sur son bras  nu -bronze noir, marbre- naïvement persuadée que ce contact le détendrait, le rappellerait à la réalité. D’autres aussi essayaient de le retenir. Impossible de croiser son regard. Alors que je m’éloignais l’algarade continuait . Violence.

En débarquant du train au dessus de l’avenue Jean Jaurès à Epinay sur Seine le ciel était noir et menaçait d’orage. . Une bourrasque en quelques minutes a dispersé les nuages. Il n’a plu qu’une heure plus tard. GHV

 

 

En rire ou en pleurer?

mise-en-scene-agressionMise-en-scène-agression.

 

 

 

Un carnet, Un crayon. Elle n’aurait eu aucun problème si elle avait écrit , si elle avait crayonné.

Elle avait dessiné*.

Elle les avait dessiné, elles, eux. Dans le train, trajet Epinay sur Seine-Paris.

« Elle n’a pas le droit de faire ça ! ». « Elle les donne les dessins. » « Elle t’a faite. Et toi…, et toi aussi ! ». « Faut payer pour faire ça. »

Déjà  autour d’elle, le groupe (six, sep ?)se refermait,  on agrippait ses mains, elle sentait les ongles durs sur sa peau. La stupéfaction : le sentiment d’ignorer jusqu’où pouvait peut dériver la chose. « Tu donnes ! Tu donnes le carnet, tout. »

Et bien non là elle n’a pas envie de donner justement comme il  lui est souvent arrivé de le faire, avec bonheur et ce au cours des multiples trajets.

Concession :« Ceux que j’ai  de vous je veux bien les détruire, c’est tout. »

Aucune répartie prête dans sa tête. Si la violence adressée à d’autres l’ont parfois terrifiée elle reste ébahie simplement  surtout en découvrant le regard de l’homme qu’elle vient de croquer et qui réveillé en sursaut et pris à parti , informé par les autres , la regarde, intensément,  puis avec haine. Sans aucun mot. Et le jeune gars assis à côté de moi, étudiant se dit-elle, lui assène un « Moi aussi j’ai trouvé ça bizarre ce que vous faites. ». Puis après une hésitation : »… « Continuez tout de même. »

Ils ont réussi à arracher morceaux par morceaux les pages incriminées. Elle n’a pu sauver le dessin de la veille, l’enfant endormie dans son lit.

Bien, se dit-elle et quoi ? Quel questionnement pour elle  qui  consigne des profils, des attitudes, des histoires, des moments comme parfois des arbres, tout aussi vivants, autrement vivants ,des objets formes rêvées et au-delà des idées ? Ce petit stress pour mettre le doigt sur l’idée de justice et vie en société…

Quelle âme est la vôtre vous donc qui refusez que votre apparence soit perçue par d’autres ? Le regard que je pose sur vous m’est-il interdit ?

Et  pour moi cette trace de ce moment car c’est d’un moment qu’il s’agit, gravé sur le papier, ce moment m’appartient-il ? Voilà la question qui me taraude depuis? …

Et vous êtes –vous devenu , pour les avoir vues,  propriétaire de ces images ainsi véhiculées sur un blog, comme ici, mais parfois sur écran, sur papier glacé, affiches  et Bd qui ne sont certes pas langage, mais idée peut-être et donc à partager. ?

 

Au retour (Etre allée voir une exposition dont elle parlera demain sur le blog) elle reprend son carnet : restent  quelques pages.se prouver que l’on peut remonter à cheval  GHV

*Le contexte : une fois, une agression, un fait rare vu la densité de population, les centaines de voyages. Concevoir aussi ce défaut chez l’auteur qui perçoit plus par l’intuition que par la raison.

sceneScène d’après.

PS du 15/03/2016: écho  ou l’article du jour D’Evelyne-ELB