Tag Archive | ribambelle

Ribambelle

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent guère .

Les jours se suivent et il y a tant qui s’y  répète.

Surgissent parfois des pensées , je voudrais les noter  ; le temps de trouver un crayon elles se sont évanouies.

Sur le meuble c’est le livre posé en évidence qui se rappelle à moi: Fendre l’armure de Anna Gavalda. Je dois le rendre à Nathalie. Elle me l’avait laissé il y a quelques jours avec ceux qu’elle me rapportait « Ce n’est pas son meilleur mais lis-le ,tu verras. »

Sept nouvelles, bien découpées, courtes juste ce qu’il faut, où la surprise peut dans le dénouement provenir d’un ressenti inattendu, d’une révélation ou d’un vide et en ce cas là à chacun de supputer . C’est le cas dans La maquisarde . Deux femmes abimées, l’une jeune mère, jeune veuve qui se réfugie dans l’alcool, l’autre belle engluée dans le décompte des quatre années passées avec l’amant marié ,échangent au cours d’une soirée le récit  de leur mal-être . Que croyez vous qu’il se soit passé au matin?

Mon chien va mourir ça m’a tiré des larmes . C’est solide un routier et ça sait garder le cap après la mort du fils. Enfin c’est ainsi qu’il apparaît, solide et moins seul avec son chien…Mais lorsque meurt la bête?

Le fantassin aussi  m’a émue . Pourtant nous voilà dans d’autres sphères, celles du pouvoir , des grandes familles, des amoureux de belles chaussures de luxe. Parce que chez ces gens là on vit « comme ça, comme il se doit » à travailler, à faire de l’argent la solitude y est à peine avouable et en particulier pour le narrateur . Se faire d’un voisin de pallier un ami  improbable et inconditionnel ouvre à tout; c’est la bouée de sauvetage. Mais amitié vache puisque l’homme aimé meurt sans avertir.

Un auteur féminin, que je ne connais pas, je l’ai abordé avec la peur d’être déçue .  Juste ai-je remarqué dans le style rapide et concis le compas invraisemblable dans la trousse d’un enfant de six ans et les deux cents mètres de hauteur d’un appartement situé au quarante et unième étage et rapportés ici pour vous intriguer plus encore. Merci Nathalie, je chercherai d’autres titres. GHV

Anna Gavalda. Fendre l’âme. Ed. le dilettante.

 

 

 

Ainsi va le jour.1

Sept heures et demi, ce matin devant moi sur mon trajet quotidien, elle bougonne et semble rechigner à poursuivre l’argumentation.

– Anna, tu m’écoutes? Tu crois que Dieu nous a créés pour travailler en banlieue ?
Demande aux malades qui souffrent et qui sont condamnés s’ils sont protégés par Dieu !
Et tous deux : lui, entre deux âges et elle, grande belle jeune-fille perchée sur ses talons hauts passent la porte de l’hôpital.

Décidemment, j’ai eu raison de changer de côté.
Ce soir, un long ruban blanc de judokas en herbe qui glissent avec leur trottinette sur la piste cyclable et arrivent devant la porte du gymnase. Quelle belle et joyeuse ribambelle !
Quand j’entends deux grands gaillards :
-Je travaille les trapèzes ce soir, et demain, je ferai les pecs.
-T’as raison, moi aussi. Les pecs, ça plaît aux filles.

L’air est doux et je le laisse m’envelopper et me bercer un peu. Le printemps s’égare.
A l’entrée du parc, le bleu et le jaune des iris m’attirent et le vert de l’herbe troué de pâquerettes m’intimide presque.
Le printemps se serait-il égaré ?

Au bout de l’allée, une jeune fille, sur un banc, à l’air triste ou désabusé . Un jeune homme se tient debout qui lui tient tête :
– T’as plus le choix : faut assumer.
Derrière eux, une sculpture de pierre, La terre endormie. Une femme nue, allongée et pudique aux yeux mi-clos. Qu’en pense-t-elle?

Le turbulent printemps, aujourd’hui, dialoguait, réveillait, agaçait, excitait, apaisait, berçait.
A chacun son printemps. Celui d’Aragon ?

« Notre printemps, c’est d’être ensemble ».

Sur ma fenêtre, les plans de capucines ont pris deux centimètres.

ELB