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Paris l’après-midi, fin de vie.

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Heure d’une escapade sur Paris ,le vendredi après-midi, mois d’août ,trottoirs surchauffés, bruit, intonations étrangères,le métro, le train, la circulation, beaucoup , beaucoup de visages, de silhouettes. Retour après trois semaines au vert. Je ne sais plus démarrer la voiture, je refais sans cesse les listes de ce que je dois prendre et oublie quelque chose tout de même.

Je n’ai aucun plan pour trouver la rue Audubon et m’en remet à l’expérience des gens que je croise. Je suis en avance. A la terrasse du café presque déserte la serveuse connait une librairie dans le quartier:  » Peut-être est-elle fermée. A gauche , plus haut. »

Sur le pas de porte un débordement de bacs emplis de livres ,poches, poésie, livres d’art, …L’intérieur est sombre, un gars derrière son ordinateur face à un gars assis en short et chemise légère  me rend la monnaie sur dix euros pour trois livres d’auteurs italiens. Je ne trouverai pas chez lui Maherba, trop récent.

– « Je suis un type heureux, je remplace le propriétaire pour trois semaines. J’étais éditeur vous savez…J’ai écrit aussi , publié…Alors là au milieu des livres…Et celui-ci est un ami professeur à Oxford, il est venu me rendre visite, nous échangeons… »

Le professeur ami et chinois apparemment, fort accent: « Non , Cambridge! »

Je passe un quart d’heure dans l’arrière-boutique: histoire, philosophie, psychiatrie, psychologie… »La bibliothèque d’un psychiatre  récupérée en intégralité…. » Un livre érotique déclassé sur une étagère, éclairage au néon, éclectisme des éditions, des couvertures .

De quoi aurions nous discuté si j’avais joué le jeu de la conversation?

Rue Audubon où j’ai pris rendez-vous pour la signature de mon dossier de retraite : une jeune femme  me reçoit, longiligne, brune, salue du bout des doigts lâches et souples  et récapitule avec moi ma vie de fonctionnaire puis me souhaite une bonne retraite.  Dernière poignée de main.

Je rentre rapidement. Chez elle Giuseppina ma belle-mère attend mon retour. Elle a rangé méticuleusement les deux enveloppes de ses médicaments préparés pour l’infirmière dans un sachet noué, enfermé dans un deuxième et enfin dans un troisième. »Tu sais, mon mari je le vois partout, aussi je ferme la porte de sa chambre. »GHV

Vélasquez à Paris

velasquez

Depuis la cafétéria du Grand palais et détail  de la Forge de Vulcain.

L’exposition me fut offerte. Des âmes attentives s’étaient entendues pour m’y accompagner et m’en offrir l’entrée, m’évitant la préoccupation d’une réservation où l’attente aux guichets..

1974: j’avais la vingtaine naïve et découvrais Les Ménines au Prado . Je croyais alors qu’un grand peintre était un faiseur d’images réussies grâce à son seul talent ou à son travail acharné. Mais je sus en les voyant que Vélasquez donnait  la vie. Et je l’aimais pour cela. Sans mots alors pour décrire ce qu’intuitivement j’acceptais.

Dans la pièce obscure un chien couché à l’abri du terrible soleil castillan ,un nain en habit d’apparats,, les tendres suivantes, les duègues sévères ,une enfant et de la chair, un couple presque anonyme: les monarques,des mouvements bruissants de soie , puis le silence, des regards, du réel et du vain, les sensations , la vie, lui le peintre qui s’est représenté ,le miroir et l’éternité d’une journée . Le paroxysme dans la représentation, l’effort nécessaire pour nous obliger à être plus que spectateur.

2015: je n’ai toujours pas de mots. Le tableau par ailleurs n’ a pas traversé les Pyrénées . Vous n’y verrez qu’une petite  copie de Del Mazo je crois, le gendre.

Je vous invite à aller voir l’exposition, la cinquantaine de toiles, les  maîtres,  les suiveurs, et pourquoi pas  ce petit paysage Vue des jardins de la Villa Médicis, presque une grisaille et cependant porteur  déjà des visions délicates de Corot et plus tard de celle des impressionnistes avec en sus l’énigme soulevée par le jeu de trois silhouettes masculines. La nature frémit, midi, et trois arcades nous isolent d’un jardin au loin…

Hugin est le corbeau d’Odin. Il s’envole, prospecte au quotidien et rapporte à son maître ce qu’il a appris. GHV

Vue des jardins de la villa médicis

Grand Palais

Cougar/boy-toy.

boy-toyCroquis au café.

Anonymat des villes.Paris. Croquis d’une rencontre au café face à la station Château-Landon. Quatre jours après qu’en reste-t-il? Qui pour en écrire l’histoire?

Les mots de notre époque pour en décrire les personnages sont carnassiers,puants, moqueurs, porteurs de jugements.La femme puma -traduction de l’anglais cougar-  en cougar ou couguar ou le boy-toy pas si loin de sex-toy avec bien sûr persiflage et dérision dans le ton …

Les gestes et les regards, l’apparence,  pour seuls indices de la réalité de ce que les autres nous donnent à voir et surtout de ce que nous voulons voir.GHV