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On demande une maman.

C’est un livre de la collection Marjolaine de chez Bourrelier. Il sent le vieux et c’est le seul livre rescapé parmi ceux de mon enfance .Je l’ai lu à nouveau ce dimanche. Et aussi les notes au crayon sur la page de garde: Pour L. et I: lu et relu mille fois . Peut-être emprunté à l’école de Padirac et jamais rendu mais tellement aimé ». J’aurai pu écrire « parce que » tellement aimé

Je l’ai donc repris plus d’un demi siècle après et ce dimanche j’avais huit ans.

Histoire d’une enfant qui attend à l’orphelinat que on l’aime : les mots sont si simples et l’émotion si juste que les larmes montent sans honte. Aucun pathos, mais le chagrin, le vrai , et le bonheur rendus compréhensibles aux enfants. Le genre de lecture qui vous permet plus tard de penser: « ‘oui, cela je connais, je comprends.  » Un livre initiatique en quelque sorte. De même plus grand on devrait avoir lu Racine et Corneille pour mettre des mots sur toute situation que la vie réserve. La psychologie de nos jours mettrait ce texte à mal mais j’envisage de le faire découvrir à mes petits enfants.

Les illustrations sont d’Edith Follet. Avec stupéfaction j’ai découvert n’en avoir oublié aucune et j’aurai pu les dessiner de mémoire , enfin me semble-t-il…Autre surprise après recherche, cette Edith était la première épouse de L.F.Céline. Le mariage dura de 1919 à 1926 .Elle survécu à son mari et mourut en 1990. Il existe semble-t-il une autre édition avec couleurs ….Si quelqu’un la possède qu’il m’en informe, j’aimerai bien l’acquérir ou l’échanger contre l’un de mes dessins.

Colin Shepherd ‘est un pseudonyme et en réalité elle s’appelait Joséphine Trott. Mes recherches me laissent croire que il s’agissait d’une violoniste américaine célèbre et cela concorderait avec le personnage du livre , l’élégante concertiste qui vient à l’orphelinat pour y rencontrer Sylvia cette petite italienne à la voix d’or dont elle fera malgré ses origines son enfant idéale.GHVI

Joséphine Trott interprétée par .B. Chevalier, violon.;

Très vieux carnet.

 

 

couverture

 

A croire que les lotois ont le goût des carnets ou bien qu’ils s’accordent à  leur trouver quelque utilité. Si les miens  contiennent des croquis y apparaissent aussi sous forme de dates, de mots , de remarques notées , et donc mille liens avec le quotidien, avec l’histoire.

Celui que je numérise avec beaucoup de précautions tant il semble devoir se pulvériser était le pense-bête, le livre de comptes d’un ancêtre de la famille Héreil de Miers (et non de Padirac  qui n’avait pas encore le statut de commune autonome. A moins que ce lieu-dit, Seyssac dépendit alors de Loubressac?) Pour le manipuler et le   protéger il avait plié et cousu les vingt-cinq feuillets dans une couverture découpée dans un parchemin , peut-être un ancien acte notarié. J’en prends grand soin, je l’ai promis à Ginette l »amie de ma soeur.

 

page11

Voici ce que je lis:

 

« En 1872 il y a eu un signe dans le firmament la nuit du 4 février bien extraordinaire car toute la nuit le ciel a été éclairé comme s’il y eu fait un clair de lune; malgré que la lune n’y était pas. »

Quelques recherches me permettent d’apprendre  que cette année là une pluie de météorites toute une nuit traversa inlassablement le ciel, ce qui stupéfia tout autant les américains que les habitants d’Epinay (quelques paysans, meuniers ou artisans )ou de Bretagne…Je suppose que beaucoup exprimèrent alors leur peur devant ce qui ressemblait tant à l’apocalypse et que les historiens sauraient nous en livrer bien des exemples. En réalité la comète de Biela après une éclipse de 2417 jours venait mourir  avec grâce en un gigantesque et long feu d’artifice.

A l’arrière du feuillet il note encore ceci : »mort de la femme Brassac de masdavet le 23 décembre 1872. « Elle est venue, j’ai vu ,je meurs… »

Reste une énigme: la comète si spectaculaire à cause de sa désintégration fut observée le 27 nov au-dessus de la France et non le 4 février. Peut-on imaginer qu’il ait   voulu  quelques années après noter un fait à ses yeux incroyable et qu’un souvenir de froidure ou de brouillard lui ait fait confondre automne et hiver? Ou bien y eut-il un autre fait merveilleux?  GHV

 

Arbres si beaux.

bords de seine-epinay (6)

Le printemps passe trop vite. C’est ce que me dit Françoise alors que nous suivons le chemin de halage le long de la Seine à Epinay . Nous nous arrêtons devant le saule dont je sais avoir photographié le corps insolant de santé vigoureux et nu  il y a trois semaines  à peine. Aujourd’hui le squelette massif est comme enchâssé dans un écrin de verdure.

arbresibeau

 

Il y a quelques jours  Evelyne (ELB pour les habitués du blog) m’accompagnait sur un de ces chemins lotois  qu’aucun guide de chemins de randonnées ne mentionne,entre Miers et Padirac, blanche castine et haies tendres ,soleil , bleu  bleu le ciel. Trop bleu: Robert Doisneau séjournant chez son ami Jean Lurçat  aux tours de St Laurent désespérait de le saisir en couleur.

Dans ce petit val un ruisseau murmure que les herbes déjà hautes dissimulent au regard. Les prés ne seront plus jamais aussi verts qu’en ces derniers jours d’avril ni aussi délicatement fleuris. Les arbres à l’assaut des roches taillées dans les derniers mamelons du limargue leur font une ombre encore légère. Je songe à ce livre dont nous parlions peu avant : Sur les chemins noirs de Syvain Tesson.

 

 

françoisedessinant

Promenade spinassienne terminée au Bistrot de Paris rue de Paris face à la médiathèque .D’ordinaire  la clientèle est surtout masculine mais nous nous attablons à côté d’ un trio de vieilles dames que Françoise croque et je croque Françoise. En silence ou presque après avoir évoqué les plantes, oiseaux, amis, nos vies aussi, le travail entrepris à l’atelier.Nous n’avons pas évoqué les élections. GHV