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Des jo-lies mar-gue-rites…

ellebore

 

Arrivés hors saison, passé deux mois d’hiver et le printemps pousse déjà par la lumière qui croît jouant avec les ombres et  finit par manger la nuit. Levée plus tôt, les oiseaux au rendez-vous. Chants et cris, appels. Je ne sais comment interpréter.

Ce sont les oiseaux qui me réveillent un peu après 7 h 00. Ils convoquent un interlocuteur invisible…ou ils s’appellent entre eux puis se répondent; j’essaie de deviner lequel de ces deux chants aiguise leur gosier ou sert à alerter un congénère. Aperçu une pie au jardin  Nichoir, perchoir, tout fil électrique, toute branche est réquisitionné à cette fin. J’entrouvre délicatement les volets pour ne pas les effrayer et jouir du spectacle. Le merle est dans la haie picorant l’if ; son chant est tour à tour précipité  ou émouvant.M’appelle-t-il ou répond-il à d’autres merles? J’ai eu l’immodestie de penser qu’il cherchait l’humain mais il est émotif. Me suis amusée à lui répondre en tordant la bouche et faisant twister ma langue tout en sifflant. Sacrée contorsion.

La lumière s’est attardée. Beaucoup de jours de pluie depuis deux semaines mais le causse appréciera qui n’en a presque pas eu depuis septembre dernier. Deux jours de vrai printemps assortis d’ une belle balade avec Cl. Et ce matin, telles des pierres précieuses accrochées aux arbres mouillés et sur le fil à linge, des gouttelettes étincellent  au travers de la lumière qui, de loin en loin  tente une sortie.

 Les fourrés rosissent de bourgeons et les travers sont piqués de jonquilles; au jardin, quelques narcisses, pâquerettes, primevères ou crocus. Un vrai concert de renouveau.Le lilas proche de la cabane à bois, foisonne  de bourgeons qui déplient et lissent les premières  feuilles vert tendre. Des points timides,  taches de jaune se poussent du col sur deux arbustes, des forsythias, je pense.

Loin des bruits de la ville, me manquent parfois le cri des mouettes de bord de Seine, les corneilles sur les allées, les cheminées de manufactures délaissées ou  le déchargement sur la place,  des fûts de bière ainsi que le bruit du percolateur heurtant la caissette de bois recueillant le marc de café lorsque je m’arrêtais,  Place de Clichy pour dire bonjour à Suzanne. Qu’est-t-elle devenue, jeune et gracile avec son petit accent, partie vers Montparnasse rejoindre son ancien collègue et petit ami.

La ville s’étale, sans s’exhiber forcément, se donne à voir, criante de couleurs, d’odeurs de petites saynètes instantanées de la vie ordinaire ; la misère,  la précarité y était constante même si dans certaines villes on la pourchasse, on  la déplace dans d’autres quartiers pour ne pas heurter le touriste ou le faire culpabiliser(?). A la campagne, elle existe aussi, moins visible. La précarité n’a pas de faveur particulière et s’installe partout, loin ou proche des lieux de pouvoir qui ne savent la circonscrire mais la masque au passant pour ménager une réputation.

Je tangue encore un peu entre deux univers et cela ne vient pas de mes nouvelles lunettes à verres progressifs.Ce n’est pas pour me déplaire.  Entre Ainsi va le jour et Ce que je pourrai dire en quelque sorte.

Comme pour se protéger du  réel, du monde comme il va, qui roule sa bosse et se cabosse avec mutations et grands bouleversements, un événement chassant l’autre ou un tweet écrasant le précédent, comme déjà dit, je le tiens à distance ce monde-là . J’essaie .il y a toujours un train de retard et réagir systématiquement fatigue, lasse.

Inquiétude, incertitude ou simple rapprochement avec la nature généreuse ?

Ici, la préoccupation du moment,  c’est le projet d’une usine de méthanisation, trop grande qui malgré des avantages en énergie renouvelable  que l’on sait, va entraîner une noria de camions et l’épandage sur plus de soixante-dix communes ainsi qu’un risque de pollution des nappes phréatiques. Le Causse est un gruyère recelant des merveilles. Il est donc à protéger .

La nature m’enchante et les arbres, au jardin ou ailleurs, me renvoient souvent à des moments privilégiés de l’enfance, des petites choses observées autrefois comme ces insectes rouge et noir grimpant au tilleul en colonie prolifique-des gendarmes-,  ou la mousse indiquant le Nord.  Le rebond des voix, autrefois entendues parvient jusque dans ces moments intimes.

Au fond, la vie reprend, la perspective de l’après, un certain avenir, tout de suite, tout à l’heure, demain ou dans un mois, cet été à vivre ou à meubler .Pas de réelle urgence. Un point de vue mais c’est selon  que l’on s’ennuie ou pas. Sorte de contrepoids.

ELB

Ainsi va le jour. 35

or

 

 

Filé entre les lignes, les doigts et les pensées vagabondes, l’été.

Le ciel,  refuge du jour se contracte et la lumière d’une fin d’été malgré les derniers soubresauts de chaleur, s’amenuise.

Que se passe-t-il Berges de Seine à Clichy ? Je n’entends plus les mouettes. Trois mois sans le cri des mouettes. Pour  les entendre et les voir, j’ai dû aller jusqu’à la Seine en bas du boulevard.

Ce matin, elles survolaient les canards sur l’autre berge en allant vers le port Van Gogh. J’ai envié le petit garçon qui rentrant de l’école,  accrochait son vélo à la clôture : il regagnait le bateau où il vit avec sa famille. Un peu plus loin près du pont de Gennevilliers,  derrière les bambous poussés dans tous les sens et les buddleias, en train de faner : un abri de fortune,  vide,  une cabane mais pas de celle que l’on voudrait pour y faire des rêves d’enfant sauvage. Un refuge dont on déguerpit dès qu’il est découvert car on n’y est pas en sécurité.

J’ai aussitôt pensé à ce vers de Valéry dans le cimetière marin : « Le vent se  lève !…Il faut tenter de vivre ! »

Marcher, c’est reprendre le fil dans l’embrouillamini de la réflexion souvent interrompue ou parasitée par ce qui nous entoure. La marche aide à cet exercice, il me semble qu’elle permet de m’alléger de choses ou pensées inutiles,  encombrantes.

Certaines pourtant me résistent et me poursuivent comme celles concernant la marche du monde.L’Espagne s’enlise sans gouvernement depuis des mois. Les Mouvement ou parti qui ont parfois déchaîné l’enthousiasme,  arrivés au pouvoir butant à la réalité,  perdent leur utopie ou du moins déçoivent terriblement ceux qui les soutenaient. Ce qui est le cas pour le mouvement Cinq étoiles en Italie ; dans une moindre mesure, Podemos, en Espagne qui n’échappe pas à la lutte de pouvoir en interne.

Cahuzac ose réveiller la mémoire de Rocard  tentant de lui faire porter le chapeau de ses forfaits.

Shimon Peres l’homme des accords d’Oslo 1993, jamais respectés, est mort.

Avec l’aide de Poutine,  Bachar a continué de bombarder son peuple et ses hôpitaux, entre autres. Depuis la fin de la trêve, entachée par une bavure américaine,  120 bombes par jour tombent sur Alep. On a de la peine à imaginer qu’il reste  un mur encore debout.Après leur rapprochement les voilà à nouveau en froid à tel point qu’Obama semblerait se désintéresser  de la question Syrienne.

A l’ONU, la Russie a exercé son droit de véto à la résolution de la France à savoir, que cessent les bombardements sur Alep. Les Occidentaux et la Russie ne peuvent s’entendre.Les USA ont demandé une enquête pour crime de guerre.

Pendant ce temps le match entre H Clinton et D Trump se poursuit et le fameux Bozo, comme le nomme R de Niro continue son cirque. Tout en sachant que sa concurrente n’est pas un ange. Cela tombe bien, nous n’y croyons pas.

Relocaliser les migrants dans les différents Etats membres où le front commun devrait être la règle puisque l’on sait que le flux de migrants va durer. Ce n’est pas le dernier sauvetage à Catena qui va me démentir. La crise inquiète et des voix à la tribune de l’ONU ont parlé de solidarité : une cinquantaine d’Etats en accueillerait 360 000. Le renforcement de gardes-frontière entre la Bulgarie et la Turquie, c’est la dernière réponse de l’Union. Le vœu avancé est celui de garantir une meilleure unité entre les 27. C’est une augmentation  des contrôles aux frontières extérieures. L’Union se rêverait-elle en un quelconque empire ?

De l’incendie d’un camp sur l’île de Lesbos à la mi-septembre à la construction du mur anti-migrants à Calais financé par la GB (2, 7 millions d’euros). Les nouvelles ne sont vraiment pas bonnes.

Les réfugiés sont malmenés en Hongrie, placés en détention ou brutalisés faisant l’objet de renvois illégaux. C’est dans ce contexte qu’Orban,  attendait  avec impatience le résultat du référendum du 3 octobre qui l’a désavoué puisqu’il a été invalidé faute de participation suffisante. Qu’à cela ne tienne, il promet de modifier la constitution.

Mis bout à bout,  les nouvelles de certains Etats donnent une vision de l’Union qui ne fait pas rêver. Jouer collectif devient difficile.

Et ailleurs?  les attaques chimiques continuent au Darfour et la dernière, la vingtième a eu lieu mi-septembre. Les forces soudanaises contre l’armée de libération du Soudan.

« J’abandonne sur une  chaise le journal du matin, les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent… » Ainsi disait une chanson dans les années 90 : qui poursuivait :

« … est-ce que tout va si mal ? ».

L’identité errante qui s’enrichit de ses exils  ouvre aussi des passerelles à ceux qui les accueillent.

Ainsi en Allemagne, les clubs de cricket à l’origine des migrants Afghans, Pakistanais ou Indiens attirent les Allemands. On joue aussi beaucoup au backgammon, le trictrac ou le jacquet de nos arrières grands-mères. Le nombre d’équipes allemandes de cricket est passé de 5 à 104.

A partir d’octobre, 145 apprentis européens – dont 75 Français – pourront se former dans 12 pays européens pendant un an.

Grâce au satellite européen, Gaïa, une carte de la voie lactée, mieux, un CD en 3D.

Fin de la mission,  programmée par l’Agence spatiale européenne, pour la sonde Rosetta ;  Les données recueillies vont être déchiffrées pour encore faire progresser la science.

L’air de rien, des points positifs qui nous paraissent insignifiants- au milieu du  fatras ambiant-,  et  que l’on a du mal à dire ou à voir la plupart du temps.Ce n’est pas par pudeur mais par défaitisme. Oui, je peux être naïve.

Le froid de la nuit est arrivé qui me réveille.

 

ELB

Haïku du jour.

Mouettes sur la Seine

Des merles dans le jardin

Le joli réveil !

ELB