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Tu pointes ou tu tires?

 

Si belles journées qu’il est dur de s’enfermer. Au stade d’Epinay sur Seine je vais m’assoir en fin d’après-midi dans l’angle des boulistes . L’une du groupe me connait et vient me saluer.Les autres m’observent. Le carnet les intimide.

Les arbres ont des allures de cathédrales. et sous les branches encore dénudées  les passants et les joueurs lancent des propos plus gais et sonores qu’à l’ordinaire: le printemps est bien là.

Plusieurs pensées notées pour des bouts de papier  pourtant  je crains de raisonner si j’évoque  l’actualité et puis la tiédeur du soir m’invite au lâcher-prise..

Pointer, agater, faire un biberon…Je n’ai pas encore remarqué si la petite troupe jargonne  en secte pétanque .Les mots ont là la saveur que leur attribue les puristes en leur domaine. . Pour les règles aussi. « T’as vu le nouveau, il sait même pas le jeu. »

Curieux comme les mots sont intégrés. Enfant- j’avais encore le regard au niveau des ourlets de cette voisine- et voilà qu’elle disait bien au-dessus de ma tête : « M . est à l’hôpital, on l’a opérée d’une descente d’organes. » Cette assertion je la rapportais à ma mère et convaincue d’avoir tout compris je lui spécifiais qu’il était bon qu’elle est eu  une culotte.De même cette autre souvenir , c’était à l’école et je n’étais guère plus vieille : tout le village bruissait de la nouvelle de la mort de S. que l’on avait retrouvée dans sa citerne. Et Francis d’affirmer que rien d’étonnant à cela  puisqu’elle travaillait du chapeau. Là  s’imposa  d’une manière assez claire ma première idée du métier de modiste mais tout de même je restais sceptique : en quoi  une si élégante activité pouvait-elle pousser au suicide?.GHV

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je croyais l’avoir perdu…

mots

 

Au milieu des cartons.

Je croyais l’avoir perdu…je l’ai retrouvé pour mon plus grand bonheur en faisant mes cartons de livres. Je vous le recommande .

Un difficile dialogue s’installe dans ce café situé on ne sait où entre une serveuse arrivée de la campagne et peut-être un intellectuel. Il raconte des histoires, elle s’ennuie. Les deux personnages s’apprivoisent. Sans le savoir, elle aussi sait faire de la prose, à sa manière. On est en pleine langue et bien au pays des mots.

On va faire ses courses sur la lune détour par les étoiles et on cherche toujours son doudou

Olivier Rolin La langue   suivi de Mal placé, déplacé (conférence) .Verdier Editions  2000

Je vous ai déjà parlé de cet auteur qui me tient tant à cœur.

Extrait:

-Oui, mais voir aussi avec les mots, les mots exacts, c’est un peu la même chose. Ca a l’air bizarre, mais tu ne vois pas seulement avec les yeux, tu vois aussi avec les mots; Si tu ne trouves pas des mots-belettes pour attraper à la gorge ce que tu as devant les yeux, tu crois le voir mais tu ne le vois pas vraiment..Les mots, ça a l’air de n’avoir pas de réalité, et pourtant c’est comme des tas de petites mains agiles quite permettent d’agripper les choses. Tu ne crois pas?

-Je ne sais pas…C’est peut-être pour ça que…Il y a beaucoup de joursoù j’ai l’impression de ne plus rien voir, ou alors avec des lunettes un peu moins sombres que celles-là, mais très très noires quand même…

ELB

 

Journée d’une femme. Un an après

guillaume1 

Croquis du train entre Paris et Epinay- Villetaneuse.

 

Repiquage de l’article paru sur le blog il y a tout juste un an:

 

La semaine passe. Les mots roulent.

Guillaume nous a dit que tout est moche: laide est la ville, laid le bahut et les classes aussi; que c’est dur, que tout le monde s’en fout. Trois semaines pour un premier boulot de prof. d’arts appliqués dans un lycée en banlieue de Creil. Travail alimentaire; il faut bien payer les loyers et financer  ses passions mais honnête , si ça ne fonctionne pas il partira. Comprenez : il n’ira pas voir son toubib. Il démissionnera; ça a surpris.

Chico a eu trente ans cette semaine; il « rêve toujours de changer le monde. »

R. écrit qu’il apprécie mes croquis et nos textes et veut les publier sur le journal qu’il a crée , Bribes.

F. par SMS: « Je souffre , je veux vivre . »

Sur le parking du Leclerc rencontre et discussion  avec Farid; il se présente aux élections.

Sur le prunier les tourterelles turques s’empiffrent de bourgeons sucrés. Mouvements hypnotiques des  branches légers balanciers sous le poids de leur corps.

JM à Evelyne qui fait du rangement: « tu devrais supprimer le plus de photos possible. »

Ch:  » As-tu remarqué? On entend les gosses… » .  Il fait très beau. GHV

Un an après : le 9/03/2016:

Un an a passé. J’ai eu une journée chargée: ma petite-fille à garder qui a elle tout juste quatorze mois . Guillaume a démissioné. Quatre numéros de Bribes ont parus et Evelyne et moi même y avons chaque fois publié   ses textes et  mes croquis . Chico écrit pour son trente et unième anniversaire qu’il doit son bonheur à son goût pour l’altruisme et la compassion. Farid a-t-il été élu.? Pluie et bourrasques et manifestations …GHV