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Ce que je pourrais vous dire.

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Enchantement du chemin bordé de carottes sauvages, aériennes et à hauteur de taille en marchant sous le haut mur de pierres du Grand Couvent comme à l’abri des regards. Les dernières religieuses, occupées à des choses que l’on pense inutiles-, vieillies, fatiguées et chancelantes entre leur chambre et l’oratoire, attendent leur heure.

Occupées à des choses inutiles ? Croit-on… mais peut-on en juger ? Athées ou plutôt, agnostiques, cela nous laisse perplexes. Concernant les couvents abritant une congrégation comme c’est ici le cas,  voiles blancs ou gris  et guimpes ont été remisés dans les années 70; En mal de vocations autochtones, il reçoit de ses missions un peu oubliées, de jeunes nones ou prêtres Africains ou Asiatiques.

Dans les abbayes et monastères, la règle d’un ordre religieux régit l’ensemble et scande les heures du jour, chacun ayant son rôle .  On peut s’interroger alors sur ce choix de passer de l’autre côté de la clôture, au point de renoncer à la vérité du monde ou plutôt à ce qui l’anime et le fait tourner tant bien que mal. Hors de la vie, peut-on penser la vie ?

Ces lieux en retrait de la vie ordinaire de même que tout lieu de culte ne me laissent pourtant pas indifférente. J’éprouve une certaine admiration  et une émotion ou trouble peut-être parce que le mystère reste entier.  Il y a du beau dans l’inutile. Une forme d’absolu et la quête d’une certaine ascèse. Le recueillement, la prière feraient le reste ? Abandon au divin comme une facilité ou confiance totale?

A chacun sa transcendance. Mais je « digresse » et je m’égare.

Moment d’ivresse et de griserie, je disais-,  provoqué par ces ombelles flottantes à l’ombre de ce haut mur d’enceinte avec l’amie d’Angoulême. J’y retrouve les mêmes que celles de l’enfance insouciante. Emotion du printemps, à l’air qui nous étoufferait presque tant il est chargé de nouveaux effluves que nous aurait fait oublier ces temps de pluie interminable mais le souffle de fin avril avec le retour de la nature explosant de vert, nous renvoie à nos premières expériences sensuelles où l’on a appris le goût de l’herbe. Vibrante, la nouvelle lumière et il frémit, le pré émaillé de blanc et de duveteuses primevères. Tout se passe en trois jours et c’est presque chaque année le même scénario qui nous surprend, pourtant. Notre capacité d’émerveillement est là, presque intacte. C’est bon signe!

Mon petit-fils voudrait voir un grillon « … qui se frotte les pieds pour faire de la musique ». Je lui ai promis que l’on essaierait de le surprendre. Enfants, dans les prés au moment des foins, nous les titillions avec une herbe pour les faire sortir de leur trou et à posteriori, je pense que leur cri -cri  strident et crissant était à ce moment-là, celui du désespoir ou de la peur. Il nous accompagnait, ce grillon-,  les soirs d’hiver. Réfugié derrière la plaque de la cheminée, la chaleur lui redonnait de la voix. La vieille poésie à l’antienne surannée dont j’ai oublié et le titre et l’auteur ne parle pas d’une légende. Je fais partie d’une génération née et élevée à la campagne qui a entendu le grillon chanter dans la cheminée. Autant dire que pour nos enfants et petits-enfants et tout urbain, c’est du ressort du conte sortant d’un temps quasi ante diluvien. Je suis heureuse de l’avoir connu. Nostalgie heureuse ne manquant pas d’apprécier tout ce qu’a apporté et continue de le faire, la modernité et une certaine évolution des mœurs et mentalités .

En ce moment, ce sont les boutons d’or qui font luire prés et talus. Qui n’a pas vérifié, enfant, s’il aimait le beurre en plaçant une fleur sous son menton ; son reflet jaunâtre sur la peau nous rassurait : on aimait le beurre ! L’or de la fameuse petite fleur nous renverrait-t-elle à la nostalgie d’un l’âge d’or. C’est ce qu’évoque, entre autres-, l’historien Alain Corbin dans son dernier livre :

La fraîcheur de l’herbe (Histoire d’une gamme d’émotions de l’Antiquité à nos jours) chez Fayard

Visuel aussi, l’air, et de plus en plus sonore. Abeilles, guêpes et bourdons dans la partie laissée à la diversité. Glèbe bruissante d’insectes et d’herbes folles ondoyantes. L’œil amusé de voir à la pointe des herbes, une punaise, une fourmi, une guêpe ou un bourdon. Cet été ce seront les sauterelles.

L’an prochain, surprise ! Le bec ou les pattes d’un oiseau auront laissé involontairement traîner une, deux, trois graines ou davantage, de telle fleur ou tel arbuste ou encore plante ; Une touche de bleu ou de jaune, qui sait ? -, viendra ainsi exalter un coin de nature. Et voilà que certaines anciennes plantations qui périclitent, dégénèrent, s’atrophient, s’étiolent, se voient supplanter par d’autres.

Le paysage se fait, se défait et se refait ; il se modifie mais perdure. Le pré, la prairie et le bois qu’au gré du temps, les pluies et le vent sculptent, modèlent la nature.

Petits boulards rouges à peine sortis de terre, les radis, les premiers, éclairent cette plate-bande autrefois amendée par les anciens propriétaires. Comment l’abandonner à son sort. Je doute de mes capacités de jardinière mais une expérience sur une année me plaît beaucoup même si mon dos est loin d’apprécier l’exercice.

Comme la pluie n’avait pas troublé les lampions des marronniers, de même, la bourrasque du week-end dernier n’a que très peu fait rabattre de leur superbe aux iris, simplement entamé l’avenir de quelques boutons près d’éclore.

Pour bercer la fin du jour et avant de rejoindre le groupe de chant, j’ai l’image d’une terrasse entre amies où la douceur du soir faisait déjà penser à l’été dont il me semblait reconnaître l’odeur.  Je referme la journée avec ce petit livre, donné par Huguette-, publié aux Editions de l’aube retraçant une sorte d’entretien entre Leïla Slimani (Goncourt 2017) et Eric Fottorino, un des fondateurs de l’Hebdomadaire le 1 et ancien patron du monde. Il est aussi écrivain.

Que de vitalité et de simplicité chez cette jeune femme qui sait ce qu’elle veut et jusqu’où elle veut aller ! Saine, gourmande de tout et joyeuse, c’est ainsi qu’elle m’a parue au fil de ses réponses à la question : Comment écrivez-vous ?

J’ai partagé avec bonheur son plaisir de lire et relire Tchekhov et celui de ne pouvoir se balader dans les rues de Paris sans penser à Modiano.

ELB

Histoire de l’herbe  d’Alain Corbin chez Fayard 2018

Comment j’écris  de Leïla Slimani aux éditions de l’aube 2018.

 

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Ce que je pourrais dire.

érables

 

Je n’avais pas lu de prix Goncourt depuis bien longtemps et j’y ai pris du plaisir. Un récit allègre, vif, court,  acéré de pointes d’humour grinçant. Une histoire des petites affaires entre amis peu recommandables dont les noms résonnent encore dans la capitainerie de l’industrie européenne allemande au cours des deux mois très spéciaux, à savoir février et mars 1938. La genèse des atrocités à venir.

La lecture du dernier Modiano,  toujours aussi troublante avec cette réalité aux frontières du rêve ou l’inverse, perdu au milieu de ces négatifs superposés qui à la fin pourraient clarifier un peu l’affaire, ce mélange de faits vécus et l’impression de les avoir vécus ainsi que ces chemins laissés au profit d’autres quand  à l’époque,  on était sûr de n’en avoir eu qu’un seul : aucun choix puis un jour:  Stop ! Arrêt ! On entre dans la vie et on croit prendre sa destinée en main sauf que,  vingt ou quarante ans plus tard quelques papiers pelures reliés par un trombone rouillé  se rappellent à notre mémoire. Les souvenirs n’étaient qu’en sommeil. Un peu de cette réalité dont on ne sait plus tard, si elle avait été vécue ou rêvée.

Pour reprendre souffle, j’ai entrepris la lecture de Dans mes pas de Jean-Louis Etienne, médecin explorateur qui de passage non loin de sa terre d’enfance, passait à la librairie à l’occasion de manifestations.

La mort de Françoise Héritier, anthropologue dont le maître fut Claude Lévi-Strauss m’a peinée aussi . Chercher encore cette balance, cet équilibre masculin féminin . Elle a porté une grande attention aux prisons ainsi qu’à leur rattachement au Ministère de la Santé et à la condition des femmes comme Simone Veil et Germaine Tillon l’avait demandé pendant la guerre d’Algérie. Elle nous a expliqué comment symboliquement s’est construit la différence des sexes. Que des femmes au cube!

Deux balades avec Huguette pour quelques jours dans le Lot, dans la petite vallée de Meyronne une belle lumière blanche et oblique en milieu d’après-midi et d’une jolie citerne au toit de lauzes restaurée. Le chemin des vaches. La deuxième sur le causse pur, celui du triangle étoilé avec ses puits, ses cloups(dolines) et ses lacs de St Namphaise du nom de l’ermite qui au VIII -ème siècle creusa sur le sec plateau et en forêt de la Braunhie de petits puits pour abreuver les brebis. Ni côte ni pente,  terrain plat avec un horizon à 360°. Inspiration.  Des traces ténues mais réelles d’une vie ici, il y a longtemps. Peut-être, une activité de forge ; le hameau las Fargues soit les forges en occitan nous le laissent supposer. Une mine de fer vu le relief du terrain et ses excavations ou trous creusés par l’homme. Restes de soubassement de maisons.

A l’arrivée une lumière claire qui arrose les toits de Reilhac avec au premier plan un vert du même coup plus sombre, me fait remarquer Huguette.

Je ne connaissais du Quercy que les dolmens, nombreux et voilà que pour la première fois, rentrant de Figeac un panneau m’indique Le menhir de Bélinac. Au bout de la petite route, vers un chemin. Peu nombreux en tout cas et il n’en resterait qu’une vingtaine au grand maximum. La majorité d’entre eux ayant servi aux constructions des indigènes. Il est penché,  comme soucieux ; Son ombre, sous le ciel si bleu, ce jour-là, en adoucît la silhouette. Un couple d’amoureux se berçait à sa base.

Sans druide ni barde, la bourre blanche de lianes sauvages recouvrant le dessus des haies contraste avec les couleurs fauves des arbres. Des bruits de bêtes dans la haie, celui des lapins ainsi que les derniers oiseaux avant la nuit. Les mots tus sont en semailles. A présent c’est l’hiver, la nature se dénude sous la pluie. Le froid a gagné. Resserré le jour, aussi. On peut encore sentir le moelleux de la mousse sous les pieds ou la souplesse du tapis de feuilles râtelées. Pour combien de temps?

On pense toujours qu’on a tout le temps, tout son temps mais on ne peut y échapper ; on ne peut rien y faire et on le sait bien. Un temps resserré parfois sur la tristesse d’une nouvelle ou au contraire,  un moment de poésie.

Et ces jours-ci, à la faveur d’un état grippal mais pas tout à fait, la fameuse influenza hivernale, clouée sur mon canapé sous la couverture, entre tisane, miel et clémentines dans l’attente d’un rendez-vous médical, ne pouvant ni lire ni regarder un documentaire  à la TV en raison d’un mal de tête persistant voilà qu’avec le ciel aussi léthargique que paresseux, j’ai vogué dans les airs. De mon petit observatoire en position allongée, j’avais pris mon parti de cette panne de mon corps et avais donc tout loisir de profiter ce que m’offrait ces deux rectangles transparents ouverts sur le jardin.

Ils cadraient un morceau de l’un des deux tilleuls. Mes yeux traînaillaient, rêvassaient dans la vie familière de la brume froide de décembre. Un an juste que nous sommes, après 35 ans-, redevenus Lotois et ce ciel fatigué auquel je m’associais, m’offrait un spectacle hypnotique et rassurant car fait de figures géométriques que forment ces croisements de grosses et petites branches démunies . A l’instant où je le note, j’aperçois un triangle rectangle puis un isocèle que mon œil et cerveau enregistrent et j’ai l’impression que cela me fait du bien. Ce jeu d’ équilibriste dans les arbres participe à l’harmonie des formes environnantes qu’offre presque sans rien faire, la nature. C’est réjouissant, jouissif même. Il est heureux finalement qu’au moment de l’année où la lumière décroit le plus, les arbres se dépouillent pour la mieux laisser passer nous laissant entrevoir davantage de ciel et permette de redécouvrir un petit hameau niché au creux d’un val que l’on aurait oublié ou un pech embrumé.

Après de si beaux jours de froid givré qui ont sublimé le vieux plateau calcaire, l’absence totale de feuilles, un ciel plus gris que de raison nous invite à circuler au milieu de ces figures que d’invisibles acrobates semblent avoir dessinées de la pointe acérée de leurs chaussons, traces subtiles entre les ramifications de l’arbre noir en repos.

A l’occasion de l’hommage populaire rendu à Johnny Halliday, Du pain et des jeux aurait dit pour la énième fois, ma grand-mère qui n’en connaissait probablement pas l’auteur. Elle l’aurait du reste associé plutôt à Néron ou César, qu’elle exécrait-, qu’à Juvénal. Je l’ai, moi-même vérifié. Un peu trop, ne trouvez-vous pas ?  Un tel désarroi ou un tel besoin de communion autour d’une idole érigée presque en héros national.

Qu’en penser ? Voilà qu’on a plaint les fans pour avoir passé la nuit dans le froid afin d’ être aux premières loges devant l’église de la Madeleine ! Des SDF sont morts de froid et des enfants, migrants ou pas dorment dehors. Tout est égal ou serait en train de le devenir ?

Je viens de lire et de voir dans Courrier international, grâce au reportage du photographe Ecossais, Ed Jones, que le jouet le plus répandu au Bangladesh, dans les camps de réfugiés Rohingya, était le  bouchon de bouteille en plastique suivi par le pistolet en plastique signifiant que la famille est là »… depuis plus longtemps et a pu en faire l’achat ». S’ensuit toute une galerie allant du handspiner à la lame de rasoir en passant par le couteau suisse.

Dans ce monde, toujours tout se passe en ce moment et il serait toujours trop tard. Comme Lucky Luke, il faudrait tirer plus vite que son ombre. Toujours en retard d’un train. Mon état fébrile m’a au moins imposé de m’arrêter un peu.

Aujourd’hui, toute la campagne est saupoudrée de sucre glace. Nature enchantée.

ELB

Souvenirs dormants.         Gallimard     Patrick  Modiano

L’ordre du jour.                  Actes Sud       Eric Vuillard

Dans mes pas                      Paulsen          Jean-Louis Etienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi va le jour.18

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Dans le métro, sur les murs de carrelage, à l’occasion de la quinzaine des poètes du 7 au 22 mars, une petite affiche nous invite à l’insurrection poétique nous incitant à relire Maïakovski ou à le découvrir :

« …il nous faut

arracher la joie

aux jours qui filent… ». ivre de poésie, de vie, d’amour et de révolution, ce poète est à découvrir ou à relire. L’ambiance morose en prend un coup et la poésie incite à sortir, à rêver et revoir notre vision des choses. Le temps presse et il faut le vivre.

A Sète pour marquer le printemps des poètes, le 15 mars, 3 millions de poèmes sont tombés du ciel, J’en ai reçu un petit échantillon de l’amie qui vit en plein Lauragais et à deux pas du canal. Je ne peux m’empêcher de citer cet extrait qui m’a enchantée:

«  …Je n’existe pas à plein temps.

Je suis avec ce qui commence ». Marc Alyn (Avec ce qui commence).

Dans le métro, hier matin, ambiance colorée et chaude. Des grévistes venant de manifester et après leur entrevue avec le patron faisaient un débrief,  comme a dit l’un d’eux. La voix très assurée et forte. Ils étaient quatre, jeunes et plein d’espoir ce qui n’est pas si courant.Ils étaient deux à échanger.

– Je suis assez content de l’entretien.

-Ah bon ? Oui, bien sûr, mais, il n’a rien dit.

-Oui, mais il nous a entendu.

-Quand tu lui as parlé du comptable, par exemple…

-On dit le responsable aux initiatives financières.

-C’est pas un peu langue de bois ?

-Non, c’est de la dialectique. Il faut le battre sur son propre terrain et utiliser ses mots.Tu me rappelles tout à fait moi, il y a quatre ans quand je suis rentré.

Tout le wagon suivait leur discussion, amusé et semblant ne pas y croire quand d’autres trouvaient l’échange prometteur. Avaient-t-ils lu l’injonction de Maïakovski ?

J’ai enfin lu le dernier Modiano.Toujours rattrapé par son passé avec pudeur et retenue et la dose de brume qui se fond dans la musique.La perte du carnet le met sur le chemin d’un type qui va l’embarquer sur les traces de son enfance, comme toujours errante au hasard des personnes gravitant dans l’entourage familial défaillant. A la recherche d’une femme, jeune fille à l’époque bien sûr. Changement d’identité au passé trouble.Mémoires fragmentaires, souvenirs épars: un nom, une musique ou un visage croisé, autant de hasards qui finissent par reconstruire le passé. En fin de matinée, la semaine dernière à la pause, au croisement de deux rues, levant la tête je lis : rue Puget puis rue Coustou. J’étais avec le dernier Modiano et me suis mise, sans le vouloir vraiment,  à chercher l’hôtel puis le garage. Il y a toujours un hôtel et un garage dans les romans de Modiano.

Le vert de l’herbe qui n’a pas été grillée par l’hiver, l’air nouveau du matin, l’envie de balade en forêt dans les grands arbres, l’odeur de l’humus autant de perspectives d’un printemps qui est là.

L’insistance des oiseaux, passereaux principalement nous le rappelle. L’arrivée parcimonieuse de petites touches de jaune et de rose aux arbustes et de feuilles sur certains arbres, aussi ; tout est en place. Les platanes de la place ont pris leur temps et les fruits de l’an passé servent encore de pendeloques au milieu des bourgeons alors qu’à côté, dans le parc, les feuilles des marronniers, davantage gourmandes de vie  en inonde une bordure.

En train de se faire, de se lire ou de s’écrire, la vie continue de tisser sa toile avec nous ou sans nous. Quelques accrocs du temps nous en soustraient parfois ou au contraire nous y inscrivent avec insistance. Et dans ce qui fait notre humanité commune, aux uns et aux autres, comment s’y retrouver? Le massacre des étudiants au Kenya, la cyberguerre, déclarée en grande largeur nous sidèrent. On peut se réjouir peut-être des élections au Nigéria.

En rentrant, sur le trottoir : un canapé et un vieux lampadaire qui vont  sans doute fait un heureux attirent mon attention et m’ont  renvoyée à une lointaine lecture.

C’est dans Richard Brautighan, ce couple ou famille qui déménage et s’installe au bord d’un lac, disposant avec le plus grand soin, canapé, lampadaire. Je me suis sentie tout à coup, étrangère avec l’impression de violer un moment d’intimité à un monde pourtant fantomatique, réalisais-je aussitôt. Sur une barque je venais de glisser comme en attente d’une écluse pour arriver enfin chez moi.Je songeai à une maison d’éclusier:lieu de passage comme la gare, entre autre et tellement d’empreintes du temps.

L’oiseau au jardin, le déchargement des fûts de bière, l’avion dans le bleu du ciel : Le réveil, ce matin.

ELB

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