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Ainsi va le jour. 34

noisettes

 

 

Je marche en lambinant. Même au cœur de la ville, je peux adopter ce rythme. Je le fais et réalise le bonheur de disposer de mon temps et même de le laisser filer, ce temps. Sans bousculade.

Une halte à la presse et  ce matin voulant surprendre Nelly avec un café, je la trouve avec déjà le plateau en mains allant rejoindre ses journaux. Manière de reprendre nos conversations d’avant l’été, d’avant les vacances. Restées en suspens, l’anecdote et la conversation légère et bienveillante que l’on avait interrompues.

L’anecdote dans nos vies, c’est important ; elle fait en quelque sorte partie de l’historique. Dans l’expression- « c’est anecdotique »-,  on entend surtout : c’est anodin, insignifiant donc sans importance. Parler d’une anecdote à propos  d’un événement,  c’est une manière de le tenir à distance, de minimiser l’influence qu’il a eu sur notre vie. Sorte de palissade pour contenir le tsunami de l’émotion, peut-être.

 

Au marché Saint Pierre, la semaine dernière, je cherche ce tissu gaufré plus lourd que le tissu nid d’abeille, entraperçu  sur plusieurs photos de Seydou KEITA à l’exposition du grand Palais,  avec Huguette juste avant les vacances. KEITA avait su  percer  au milieu du noir et du blanc,  les couleurs de l’Afrique. Je n’ai pas pu revoir tout à fait le même.

Il m’avait  rappelé aussitôt une robe d’été de ma mère. Sur la photo, noir et blanc, elle n’avait pas tout à fait trente ans et des pommettes hautes et rieuses,  sur les remparts du château de Rocamadour. C’était à la mode dans les années soixante et le foulard qui retenait les cheveux, aussi, enserrant le cou dans un petit drapé délicat qui se terminait par un nœud sur la nuque.

 

Et puis les JO sont arrivés. Que nous ayons été, les uns et les autres,  tour à tour agréablement surpris ou déçus ou indifférents,  cela,  sans doute amenés  certains à s’interroger sur l’esprit des jeux .Etait-il là, d’ailleurs qu’est-ce –que l’esprit sportif ? Être fair -play comme un anglais ?   Jouer franc jeu comme un Français : Le respect des règles, d’abord  donc dans l’esprit de tous, l’honnêteté vis-à-vis de soi –même et des autres comme par exemple ne pas se doper. Sachant qu’il y  eu tellement  de moyens pour augmenter  ses capacités physiques qu’avec les avancées scientifiques, ce qui était illicite il y a quelques années,  serait désormais toléré ou encadré. Cela ferait partie du volet de dopage maîtrisé donc autorisé. Les athlètes qui concourent sont, en principe, tous des amateurs.

Participer était érigé en principe : c’était même l’essentiel. Mais participer à tout prix jusqu’à martyriser son corps et mettre en péril son intégrité comme le marcheur à pied du 50 km, m’a mise mal à l’aise. Que veut dire aller au bout de soi et se dépasser ? Les jeux paralympiques vont peut-être nous le dire.

 

On pensait avoir avec la pause de l’été, oublié la politique mais l’année où l’on fête les 70 ans du bikini, l’instrumentalisation politique de l’affaire du premier « burkini » dans un lieu privatisé fait la Une. Ensuite tout s’emballe, deux, puis trois cas, cette fois-ci sur la plage,  un peu trop de zèle et les politiques  se crispent focalisant sur la sécurité. Le Conseil d’Etat a rendu son verdict. L’apaisement,  entrevu il y a peu, est bousculé par des candidats à l’élection présidentielle dont les velléités et prurits ont été inflammatoires et disproportionnés sur la question identitaire.

 

Besoin de fraîcheur après quelques jours  caniculaires,  besoin de marcher, aussi. Tôt le matin vers St Ouen dont je découvre en allant vers la Seine le jardin Grand Parc, du type du parc urbain de Clichy, les Impressionnistes : quelques carrés abandonnés à la nature pour la laisser s’exprimer et voilà que la diversité botanique et sauvage renait. En rentrant, je vais découvrir le vieux St Ouen ou ce qu’il en reste. Au-dessus de la route en aplomb de la Seine, je suis surprise par la vigne aux grosses grappes presque mûres. En fond et dans la brume, les tours de la Défense.

En redescendant, tout près de Grand Parc, je passe devant l’école primaire Pef et juste à côté, la rue ne pouvait s’appeler autrement : rue Le Prince de Motordu. Comment ne pas se passionner pour les mots en les découvrant de cette façon-là. Heureux écoliers de chez Pef, qui vont  pouvoir faire leur, cette langue inventée en espérant que la princesse Dézécolle saura les enchanter.

Et une planète de plus pour Le petit Prince : Proxima B pas si proche mais la planète tout juste découverte, est  la plus ressemblante à la Terre bien qu’étrangère à notre système solaire.

 

Au festival international de photojournalisme Visa pour l’image, beaucoup de photos de migrants ont été primées qui nous renvoient à notre impuissance ou notre renoncement ou encore notre lâcheté.

C’est au choix. On vient d’incendier en France,  un futur centre d’accueil de migrants. En Grande-Bretagne, après le Brexit, les Polonais qui représentent la population d’étrangers la plus nombreuse-,  doivent faire face à la xénophobie ambiante.  En attendant, le populisme de tout bord continue de tirer parti de la situation en concentrant et alimentant la peur et la colère . Rien de nouveau  mais on ne peut s’en réjouir.

Et pendant les  intervalles heureux ou douloureux de nos vies, la mer et le vent ont continué de sculpter le paysage.

Les marronniers autour du kiosque à musique portent fièrement leurs bogues épineuses, d’un vert printemps décalé. Eh bien Huguette, pour être princesse en Quercy, comme toi, il me suffisait de faire une couronne avec des feuilles de marronniers et d’y piquer de petites fleurs blanches trouvées dans la haie. Notre grand-mère nous avait appris aussi à faire une poupée éphémère d’une fleur de coquelicot ou pavot du jardin, les pétales formant la jupe ; on fabriquait aussi des animaux ou petits bonhommes avec des allumettes et des marrons.

Je ne me souviens pas m’être ennuyée, non plus.

Autour de la place le vent un peu trop chaud depuis hier, a cousu un ourlé de feuilles mortes, anticipant un air d’automne. Un jeu  de fin d’été.

 

 

ELB

NB: tous les articles du même nom dans la page Ainsi va le jour

Ainsi va le jour. 32

carreb

Apprivoiser la nouvelle tranche de vie, c’est ce que je fais assez naturellement et la trouve plutôt agréable.

Mais en ce qui concerne le monde qui nous entoure, l’insouciance est passagère et mesurée ; nous apprenons une sorte de désinvolture consciente et l’air de rien, aux aguets, comme une agilité mentale -celle qu’impose ce siècle qui s’emballe-, une nouvelle élégance à porter en bandoulière. Le sentiment d’incertitude est bien intégré.

Une gradation dans l’horreur. Tuerie homophobe à Orlando USA et le surlendemain, le loup solitaire Français qui,  lui aussi fait allégeance à DAECH, assassine un couple de policiers devant son fils.

Daesh éclate ses recrues  et dissémine la terreur et la haine. A peu près n’importe où dans le monde, et à n’importe quel moment, un terroriste peut  en électron libre, frapper puis lui faire allégeance.

Attentats suicides en Arabie Saoudite dans trois villes dont Médine dans les derniers jours du Ramadan. La légitimité des Saoud est contestée et la lutte entre Chiites et sunnites se poursuit.

Au Bengladesh et  à Ankara la série continue avec des kamikazes d’Asie centrale. Israël et la Turquie  reprennent leurs relations diplomatiques ;  il faut bien encadrer l’Iran. Erdogan essaie de reprendre la main dans la région mais encore une fois en monnayant quelques dollars.

L’euro de football s’emballe à Marseille où le chef des hooligans russes compterait parmi les connaissances de Poutine mais les supporters Irlandais et Islandais ont donné de belles leçons d’esprit sportif.

To be or not to be in the European Union? Après le résultat du référendum, Le Royaume Uni est désuni. L’argument premier avancé : les émigrés. C’était le thème phare et qui a fait recette même si ceux qui le promouvaient avec à la clef beaucoup de mensonges, ont démissionné abandonnant lâchement leurs électeurs. Le populisme a gagné les esprits et leurré les citoyens ; Certaines décisions sont parfois lourdes de conséquences. Frontières,  protectionnisme et repli sur soi quand le monde est un gros village, ne peuvent être la réponse. L’asphyxie nous guette.

Et nous sommes  choqués par l’assassinat  de la députée travailliste Jo Cox, morte peut-être pour l’Union. Ce peut être l’acte d’un déséquilibré ou l’expression d’un nationalisme  exacerbé   alors que les régionalismes indépendantistes Européens comme  IRA, ETA, FLNC ont déposé les armes. Qu’en penser ?

Brexit auquel on n’osait  croire et David Cameron pris à son propre piège qui avait promis un référendum pour  se faire élire. Mais la Grande Bretagne était-elle dans l’Union tant elle avait  obtenu de dérogations. L’adolescente qu’est l’U E au regard de l’Histoire-comme disent certains-,  avancerait par crise. Peut-être verrons-nous d’ici une décennie une harmonisation sociale et fiscale ainsi qu’une politique commune avec une défense devenir réalité. Et soyons fous, en prime,  des élections  transnationales pour se sentir davantage Européens comme certains le souhaitent.

En Espagne, en Italie, désabusés par la politique, les citoyens se sont tournés vers des formations nouvelles et populistes; ainsi de jeunes femmes sont devenues maires de villes emblématiques : Barcelone, Rome et Turin  écornant les partis de pouvoir.

Et toujours la même difficulté pour les migrants. Quelles images s’archivent dans leur mémoire qui pourraient les aider à survivre ? Dixième sauvetage de migrants venant d’Afrique subsaharienne, par le navire humanitaire Aquarius.

 Au milieu de tous  ces bruits du monde, Cherbourg  sans parapluie au ciel presque bleu cobalt  nous  a réjouis .nous sommes surpris par la végétation méditerranéenne en montant au Fort du Roule avec de nombreux pins puis fougères et digitales émaillant les  talus de rochers m’ont donné l’illusion d’être en petite montagne. Revenus en ville,  je me suis laissé attendrir  par le charme désuet, vieillot du muséum dans le jardin remarquable Emmanuel Liais avec palmiers et eucalyptus et Jacques Demy -le réalisateur des  Parapluies de Cherbourg nous fait un clin d’œil .

Le lendemain c’est le crachin.  Par le sentier sableux où quelques casemates semblent jouer les vigies, nous arrivons à la plage de Querqueville où Léo le protagoniste du roman,  L’Illétré   que j’ai déjà évoqué ici il y a quelque temps-, accompagnait sa grand-mère .

Au musée Thomas Henry avec un fond important de peintures et dessins de Millet natif de la région Au milieu de plus de 300 tableaux couvrant la période du XV au  XIX siècle,  une petite sculpture en bronze de Camille Claudel Giganti dit aussi Homme de peine ou brigand.

Dernièrement, une après-midi insouciante et curieuse à l’exposition La Beat generation  à Beaubourg avec Huguette et Monique. D’emblée nous sommes jetées sur la route avec Kerouac et son Cassady et à tout vitesse. Burrough du Festin nu est de la partie. Beaucoup de photos, de films, de collages et d’entretiens. Un vrai régal mais mon chouchou, c’est Ginsberg.

Rebelles, anti conformistes, illuminés, voyants et grands consommateurs de LSD entre autres, largement  influencés par Artaud, Genet et Rimbaud, la langue populaire de la rue, celle de Céline a fait le reste. Le mouvement littéraire et artistique exprime  tout cela sans oublier l’obscénité qui a permis à cette époque d’ouvrir la voie  à la libération sexuelle. Tous à des degrés divers, sont attirés par la méditation et adeptes de spiritualités orientales. Ginsberg préconise le Flower Power avec le Be-In plutôt que le Sit- In : manifester pacifiquement contre la guerre du Vietnam avec fleurs, sourires, récitant de la poésie sur le rythme apaisant du mantra désamorçant ainsi la violence. Woodstock n’était pas très loin.

Pour finir et vous encourager à lire  Ginsberg ( mais les autres, aussi) Il a été très admiratif  et marqué par la poésie de Whitman (Feuilles d’herbe) ainsi que par la prose de David Thoreau (La désobéissance civile, Dans les forêts du Maine) prônant une vie proche de la nature, authentique et remettant en cause la civilisation moderne.

Justement la nature ! Le printemps fainéant et l’été qui nous fait des farces au rythme de ses sautes d’humeur a peut-être fini par s’installer. Il était grand temps.

A l’ile St Denis au moment ou un tueur barbouillait sauvagement  de rouge  Dallas, nous étions entre amis sur le vert du grand pré ou  la lumière jouait entre les feuilles sur des rythmes Africains.

 

Un bel été à vous,  en poésie,  voyage ou simple balades.

ELB

Howl et autres poèmes  de  Allen Ginsberg chez Bourgois

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi va le jour. 31

averse

Depuis presque deux mois, je n’entends plus les mouettes ; Au jardin, rossignol et mésanges, les ont supplantés et le joli pia pia nous réveille. Le vert des arbres plus insistant ; la bourre de certains fait croire au mirage et l’air devient tout à coup  hypnotique.

De l’eau, de l’eau et encore de l’eau. Excepté le week-end de l’ascension au ciel d’un bleu intense, nous n’avons que très peu vu le soleil. Pas de dînette au petit parc à la pause de 13 heures.

Averses, vent et petites bourrasques, nous n’avons pas quitté les imperméables et le froufrou des parapluies nous a accompagnés pendant  de trop nombreux jours.

La fameuse crue centennale serait annoncée ; la Seine a monté et avant-hier jeudi 1erjuin, je suis allée comme beaucoup de touristes et de parisiens mesurer des yeux au pont de l’Alma, la hauteur de l’eau. Mais le zouave en question a été rehaussé depuis la crue de 1910 et ce serait au pont de la Tournelle qu’on prendrait la mesure de la situation.

Berges de Seine, à Clichy, le petit chemin en contrebas est inondé et du fleuve émerge la pointe des arbres. Toute barge, péniche ou bateau est à l’arrêt. Une mouette qui le mois dernier se posait sur le mât métallique bleu dominait la Seine de deux mètres;  celle qui s’y hasarde ce soir, mouille son derrière.

Malgré ce satané printemps,  comment rester muette, aveugle ou sourde à la marche du monde tout en sachant que je n’y changerai rien.

Aquarius, le premier bateau citoyen a sauvé plus de 900   migrants, le 17 mai. Une Europe unie, humaniste et démocratique ? On devrait finir par reconsidérer notre position et être moins méfiants. Les mineurs isolés représentent un tiers des migrants. Une aubaine ces migrants selon bien des économistes ; cela devrait fonctionner comme un programme de relance de l’économie pour l’état qui les accueille. L’Autriche a restreint le droit d’asile et rétabli la frontière. Le sursaut citoyen qui lui a évité de passer à l’extrême droite ne doit pas nous  faire baisser la garde; depuis plusieurs années et dans toute l’Union, l’extrême droite progresse.

Pendant ce temps-là, les deux grandes puissances se toisent et jouent à se faire peur : Les USA ont installé des missiles en Roumanie, comme précédemment  en Pologne tandis que la Russie fait des manœuvres dans la Mer Noire. En Mer Baltique aussi, plane un air de  soupçon. Le poids de la paix et du  désarmement ? Toutes ces bases pour protéger l’Europe de l’Est et les pays Baltes sur lesquels Poutine a toujours des vues.

A souligner qu’Obama qui avait reconnu la responsabilité de son pays, est allé à Hiroshima où les Hibakusha – irradiés survivants-, demandent l’interdiction des armes nucléaires. Qu’elle reste dissuasive est le souhait de la plupart ; quant au monde sans arme nucléaire, on n’ose y croire encore.

L’opéra bouffe du nationaliste Trump  qui amusait la galerie ou l’agaçait se retrouve à la veille de pouvoir présider aux commandes de 56 états.

En contrepartie de l’accueil des migrants de Syrie débarqués en Grèce avant de les rapatrier vers les pays d’accueil européens, la Turquie a réclamé en plus d’une aide financière de plusieurs milliards d’euros, une exemption des visas de courte durée pour les Turcs voulant visiter l’Europe, elle doit pour cela satisfaire aux très nombreux critères qui lui sont exigés. Et cela passe mal à Ankara que l’on soupçonne fortement de réprimer l’opposition Kurde. D’où une grande inquiétude à son refus de coopérer et surtout après qu’il a renvoyé son premier ministre. Autre sujet de « fâcherie » : le génocide Arménien   reconnu  par le parlement Allemand  n’est pas du goût du président Turc.

Un peu plus de vingt pays reconnaissent le massacre des Arméniens de 1915 par l’empire Ottoman. Accepter la vérité historique prend du temps mais de plus en plus d’historiens Turcs avancent sur cette voie malgré les manifestations après l’assassinat du journaliste d’origine Arménienne, Hrant Dink il y a quelques années.  « Il se peut que j’en paie le prix mais la démocratie turque y gagnera, je l’espère. » avait-il dit.

En France chez ELV les Verts, la couleur du printemps est ternie par le harcèlement sexuel qui s’y pratique et qui vient d’être dénoncé. Dommage, c’est le seul parti où la parité existait. L’Assemblée  nationale qui l’a votée ne la met toujours pas en pratique.Dans tous les milieux, la discrimination sexiste existe et il faut répondre à cet abus de pouvoir des mots, des gestes déplacés.

Nuit debout  s’était internationalisée mais reléguée au second plan avec les grandes manifestations à l’appel de la CGT sur la loi Travail et voilà que le temps météo s’en mêle.

Sacré mois de mai ! On a donné une belle estafilade à la démocratie, dénoncée par tous les journaux. Le Syndicat CGT demandait à la presse de publier une entretien de son secrétaire général qui s’apparentait à un tract. Tous les  journaux de droite comme de gauche,  ont refusé d’y céder soulignant une pression inadmissible, sauf l’Humanité. Le retour à la propagande ? Décidément partout ou presque il y a des velléités d’autoritarisme.

Je lance une  injonction au printemps qui se fait attendre malgré les dizaines  de pieds chaussés de basket orange ou bleu fluo donnant de la couleur au bitume des rues. Pitié ! Un peu de soleil. On veut jouer à la marelle.

Cannes utile ou futile ? Ai-je lu ou entendu. Dans un tel contexte, je suis tentée de dire : utile pour le rêve, pour l’art en général et la petite bulle de légèreté malgré la superficialité et les calculs sans doute en coulisse.

Il y a deux semaines, un samedi doux et sans averses, j’ai passé un après-midi hors du temps et de l’agitation dans le jardin bohème du Musée de la Vie Romantique. Ce lieu est un repli de calme étonnant à deux pas de la place de Clichy .C’était en attendant de prendre la clef des champs pour me donner un goût de campagne, peut-être.

Depuis quelques jours, je savoure la liberté des jours et des heures en ne travaillant plus. Je ne sais pourquoi, mais le mot retraite ne me plaît pas beaucoup. J’ai un mal fou à le prononcer et à l’écrire, aussi.

Ce matin, la Seine à Clichy a baissée d’un cran sous un ciel gris blanc lourd de larmes contenues. Heureusement, sur ma fenêtre se préparent les capucines.

 

ELB

 

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