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Ce que je pourrais dire.

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Au fond de mon jardin blanchi par le givre,  le soleil se levait derrière les arbres. Ces jours-derniers, les herbes prisonnières dans leur tulle de glace, recouvrant le sol,  geignaient encore sous les pas, derrière la maison où l’ombre persiste jusqu’en milieu d’après-midi.

Mais les jours où le soleil traînaille et a du mal à s’extirper des nuages, et il y en a aussi-, la lumière même blafarde finit  par percer un peu ce plafond de brume. Ces jours-là, ce sont ceux qui font des soirs sans étoiles ou presque. Et tout d’un coup l’on devient capricieux se souvenant de ces ciels boursouflés d’étoiles à tel point qu’on avait eu l’impression qu’en tendant simplement le bras, on pouvait en attraper une belle poignée.

Un peu à l’écart mais pas trop, juste ce qu’il faut de nature et proche du bourg.
Tout autour la nature : le Causse réveille le passé même si le mien s’est plutôt joué dans le Limargue, plus arboré. Tout ou presque fait écho et je redécouvre ou découvre  des ruelles arides aux hauts murs de pierres dévalant vers le cimetière avec leur portillon surmonté, la plupart du temps,  d’une pierre plate. Les points de vue différent d’un lieu à l’autre et c’est devenu un sorte de jeu. La petite balade vers le lac gelé près du Viaduc enjambant l’Alzou a refait surgir le souvenir de quelques promenades obligatoires et ennuyeuses de l’internat, surtout au printemps et à l’automne. Les travers étaient alors troués d’éclats jaune ou violet des jonquilles ou des colchiques. Il n’y en a pas. Instants, moments fugaces de l’enfance et de l’adolescence, prisonniers du paysage, comme otages de mes souvenirs et sensations ou sentiments propres à ce moment-là. Le paysage a été modifié par la pousse d’autres arbres et la perte de certains, aussi. Tel autre chemin à l’issue duquel une trouée ouvrant sur un plateau  découvre un panorama à 180 degrés piqué de panaches de fumée. Il accompagne nos pas de vieux lichens et de lierre qui enlace plus qu’amoureusement le tronc de certains arbres. Les couronnes de gui qui en décorent d’autres m’attristent davantage. Ce n’est pas bon signe car leur santé se dégrade. Ils ont comme moi, commencé à vieillir.

Ici, les oiseaux, l’observation du ciel, le jour qui progresse depuis un mois, la bise de la  semaine dernière. Dès les premiers jours de notre arrivée,  on les entendait, les oiseaux ; Les rouges-gorges et les mésanges ont déjà piaillé il y a un mois mais elles se font plus insistantes. Presque tout le monde a une mangeoire pour les oiseaux et va se munir de graines et de boules de graisse. J’en ai trouvé une, petite et légère, « nordique » disait l’étiquette.Il a fallu se munir de chaussures plastique, type sabots, pour aller au jardin

Une vie naturelle dans son déroulement, son rythme, sans travailler et loin de l’agitation de la ville. Quand on a tout son temps, on finit par apprendre la lenteur et l’on sent mieux  passer et s’écouler, ce temps. En tout cas, il me semble que je le mesure mieux. Pourtant, Le jour rempli, je me demande parfois ce que j’en ai fait, ce que j’ai bien pu en faire. Mille petites choses, des gestes les plus naturels c’est-à-dire les plus simples qui soient comme prendre du bois dans la petite cabane et en fin de journée, allumer le feu qui parfume le salon et puis régulièrement,  aller vider le cendrier au pied des arbres, comme une offrande. Aller à pied chercher le pain en évitant la route et arriver sur la place familière,  étendre le linge. A ce sujet, j’ai redécouvert qu’au soleil, l’hiver, il fumait. Un véritable enchantement. Fermer les volets sur la nuit et se calfeutrer pensant à la surprise que le ciel nous réservera demain.

Une nouvelle chorale où  le registre est plus éclectique. Une nouvelle façon de faire et de dire mais le même enthousiasme et la même gaieté. Retrouvé amis et connaissances ainsi qu’une partie de famille. Cependant je ne suis pas encore chez moi, enfin, pas tout à fait.

Je ne me désintéresse pas de la marche du monde mais je le regarde différemment et le tiens un peu à distance. Pourquoi ? Est-ce la présence de la nature ? L’actualité nationale ou internationale n’a plus l’emprise qu’elle avait sur moi. Peut-être pourrais-je dire un jour, que la ville est plus tonique, a  plus d’énergie, sollicite davantage et recèle des excitations pour l’esprit. Ce n’est pas sûr. Je suis ici, moins dans la spirale qui m’embarquait dans son tourbillon. Celui de la vie accélérée, passée à la moulinette.

Dans ce chamboulement de vie- on ne travaille plus et on est à la campagne-, je me rassasie de ces images de vie plus tranquille, plus lente. Je continue à prendre des photos alors que je n’ai plus à arracher au temps ces moments de vie, essentielle,  puisque je suis là.

La lumière, ce matin était moins accessible et surprenait pourtant préfigurant un printemps prochain malgré la fine pluie de la nuit qui avait fait plier le vent d’Autan. Deux heures après, un soleil d’hiver à la lumière blanche.

ELB

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Haïku du jour.

 

A l’abri du mur

Elle a glissé sur le toit-,

La lumière  d’août.

 

ELB

Haïku du jour.

 

 

Eclats de rire

Dans l’entrechoc des boules

Lumière en éclairs.

 

ELB