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Traces.

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Claudine viendra arroser les plantes et je choisis sur mes étagères trois livres qu’elle trouvera sur la table avec un billet pour l’inviter à leur lecture en espérant que cela soit une découverte pour elle.

Traces de Philippe Delerm m’avait été offert par Evelyne (ELB sur ce blog) peut-être parce qu’elle y avait trouvé ce que nous nous attachons à faire sur ce blog : de notre quotidien ,tirer quelque pensée et la partager. Croquis et écriture pour nous.

Trente quatre « billets » donc, accolés aux photographies de Martine Delerm sur ce qui se voit, s’entend, se prononce, se savoure, se lit et j’en passe , fait écho et mémoire, ce qui fait lecture ou engendre une réflexion au hasard d’une promenade de citadin. Des objets, des couleurs, des détails ainsi épinglés par  l’objectif de sa femme émerge une harmonie subtile   avec les mots de cet écrivain qui nous invite à la légèreté et à la sollictude.Il est question de béguine, , de couteau qui  tchakatchaque , de bande molle de coton pour la trace de l’avion, d’échec, de rouille,de vie et de mort.

La littérature est vérité.

La littérature n’est pas vérité. Je rajouterai aussi sur la table et sur ce thème La montagne de l’âme de Gao Xingjian

Le livre existe aussi dans le Livre de poche. Peut-être l’offrirez-vous? GHV

PS. de dernière minute: https://myriamthibault.wordpress.com/2016/09/19/journal-dun-homme-heureux-de-philippe-delerm/

 

Ah! Le dimanche.

 

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Le dimanche ! On l’aime ou on le déteste mais il est là. Le dimanche reste un jour particulier . La cuisine du dimanche par exemple, elle est sophistiquée, amoureuse, gourmande ou peut  à l’inverse, être désordonnée, bohémienne et faire s’étirer le jour en traînant,  sans rien faire de suivi. C’est le jour du brunch et du goûter, du ciné et du parc, de la lecture, peut-être.

Un temps où l’on fait autre chose ou la même chose mais différemment.

Un temps suspendu, un nuage bienfaisant, en pause après le samedi courses et ménage ou activité extra professionnelle. Le bruit du dimanche est assourdi.

C’est souvent pour moi, la question : ma cuisine du dimanche, c’est quoi ?  Un vrai plaisir ou une corvée ? Les deux car le temps passé à se lécher les babines, à tester une recette particulière que l’on veut parfaite et les mines réjouies que l’on devine déjà ou déçues selon le cas.

Dimanche, rien : un ciné, une lecture, une mise à jour de l’actualité car je n’ai pas eu assez de temps en semaine pour les lire et rien ne m’agace plus que de n’avoir pas lu. Une balade au parc, un repas entre amis, un café gourmand, un apéritif dînatoire.

Rien ! Je rêvasse et promène mon regard sur la place ; elle est plutôt calme ce jour-là mais il s’y passe des choses. Je vous ai déjà dit les canards s’échappant du parc, certain dimanche.

Qui n’a vu le dimanche, un Monsieur, seul, faisant le tour d’une place ou déambulant  dans les rues passagères, à l’approche du marché ? Seul et endimanché, en costume ou pardessus, manteau selon la saison, chapeau, chaussures cirées avec chemise et parfois même une cravate.

Je me suis toujours demandée s’il voulait sauver les apparences, continuer à exister comme si le travail avait été sa seule raison de vivre, l’habillement lui permettant d’être encore ce monsieur que l’on respectait parce qu’il travaillait, avait sa place et était de la sorte, admis et reconnu  ou simplement si c’était une façon de bien se tenir et de se maintenir et ce,  jusqu’au bout . Refus de se laisser aller, volonté de donner l’image qu’il veut que l’on retienne ?

Ainsi, il en est un que je ne vois plus. Depuis plusieurs mois, ses sorties se faisaient plus rares. Il essayait, si on l’apercevait et lui disait bonjour,  d’engager la conversation mais il était difficile à comprendre. Il proposait un café : il s’ennuyait. Les derniers temps, il soliloquait un peu et avait perdu du poids. Je ne le vois plus.

Il en est un autre, étranger aussi avec une belle canne et un chapeau qui le distingue de tous. Il sourit à chacun sait le saluer, comme  en représentation. Je ne sais pourquoi, j’ai l’impression qu’il n’est pas si heureux. Je lui parlerais qu’il perdrait de sa superbe- me dis-je insolemment-,  et n’existerait plus car l’image qu’il souhaite  donner de lui le fait exister même si ce n’est que le temps de la promenade. Alors la place devient manège.

Faut-il être en activité pour exister ? Oui, pour certains sans doute mais à l’âge des personnes que j’observe ainsi, arborant la tenue comme un Espagnol se promenant sur les ramblas de sa ville –c’est de moins en moins vrai-, il est un autre temps, plus lent, plus plombé aussi qu’il faut inventer à nouveau pour  mieux l’habiter.

 

J’ai ri, au jardin avec les voisins vendredi mais je ne pleurerai pas pour autant aujourd’hui car dimanche sera musical. Jour de concert : on chante. Je crois savoir qu’Huguette fait de la confiture.

Plusieurs jours de soleil sans pluie ; un bel intervalle que ce dimanche quand l’été donne l’impression de vouloir s’installer.

 

ELB

Brocante à Montmorency

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Acheté ce matin pour dix euros de livres à la brocante de Montmorency ou nous allions Ch. et moi pour la première fois, étonnés d’avoir à faire la queue, d’y découvrir dans un lieu clos de la chine mais regroupée suivant le matériau:chiffons, meubles, vaisselle, livres, revues, lampadaires, tondeuses etc…Une organisation bon enfant mais rigoureuse, le soleil en prime ,et le tout nous dit-on au profit d’associations. Vous pouvez leur confier vos fonds de cave:ils récupèrent et vendent. Juste un peu dérangée par la présence des scouts d’Europe.Cette après midi soldes annoncées. La plupart des visiteurs est venue avec sacs et cabas.

Les déjà lus : Ouragan de Laurent Gaudé et que je  réserve pour I. (A la Nouvelle  Orléans sous les assauts du cyclone) . Aussi le Grand Maulnes parce je n’ai plus l’exemplaire qui a bercé mon adolescence. Soie de Alessandro Baricco qui sera cadeau pour quelqu’un, je ne sais qui encore.C’est un livre qu’il faut avoir lu. C’est ce que je dis en l’offrant…C’est un chant mélodieux et sensuel  et poétique sur la vie, les vies possibles.)

Que je vais découvrir: Chroniques de la citadelle d’exil d’Abdellatif Laâbi auteur marocain. Je connais peu l’auteur , plus sa réputation de poète et sait qu’un homme qui écrit de sa prison ne peut que parler avecc force. Et aussi les deux épais volumes des Communistes d’ Aragon que j’ai choisi à cause du portrait de Matisse et du plaisir anticipé de la lecture .

Je vous devine tous dehors au soleil; il fait beau partout en France et personne sur le blog. Peut-être à la brocante…GHV