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Fuocoammare.

forme

 

Un petit garçon puis deux sur une île, un vent fort dans le grand pin tortueux, de grands cactus sorte de figuiers de Barbarie géants pris pour cible comme les oiseaux, d’ailleurs. Tirer à la fronde  semble être leur grande occupation. Un plongeur aussi, rongé par l’angoisse, un pêcheur de retour après un an de mer. Les vieux, dans le lourd silence des cuisines,  vaquent à leur quotidien. Samuele un des deux enfants doit s’habituer à la mer et pour en chasser le mal, s’entraîne au port sur le ponton car il sera,  lui aussi pêcheur .Une radio qui égrène les notes d’une vieille musique nostalgique dont une chanson célèbre dans l’île, Fuocoammare.  Elle  évoque le bombardement d’un navire  pendant la deuxième guerre mondiale.

Et puis il y a comme un autre monde. Celui des médecins, des sauveteurs militaires ou non, celui du centre d’accueil. On soigne, on réhydrate et on superpose les corps, souvent. Les vivants sont épuisés.

Les migrants continuent de faire le voyage pour la vie. La leur. Ils se risquent à la sauver et trop nombreux sont ceux qui la perdent.

-How many people? What’s your position? Demande le capitaine et la question se renouvelle.

Fuocoammare Par-delà  Lampedusa.  Un film documentaire témoignage de Gianfranco Rossi. .Au-delà des chiffres et du pathos et des images trop vues.

Une émotion intense devant cette tragédie du 3 octobre 2013- départ de ce documentaire. Une prise de conscience. L’angoisse qui serre parfois la poitrine de l’enfant ne serait-elle pas la nôtre ?

Comment l’Italie-même trop peu aidée par l’Union-,  s’implique à ce point pendant que la France qui pourrait davantage, rase les murs. Je ne parle pas de l’Allemagne dont la chancelière a pris le risque de perdre les élections .De tous nos candidats partis confondus,  lequel prendrait ce risque au lieu de courir après le FN qui comme les autres partis de droite dite dure ou d’extrême droite de l’Union sont très enclins à dresser des murs.

La France n’a pas encore accueilli ses 20 000 migrants quand l’Allemagne en a reçu plus d’un million et l’Italie 25000. En deux ans, la Belgique à elle seule,  a accueillis 70 000 réfugiés.Où en est la lutte contre les réseaux de trafiquants et de passeurs?

Le petit village de pêcheurs est toujours témoin de ce drame qui s’amplifie.

Film documentaire de Gianfranco Rossi ours d’or 2016 à Berlin.

https://trainsurtrainghv.com/2013/10/08/lampedusa-lampedusa-lampedu-lam/

 

ELB

Lampedusa, Lampedusa, Lampedu, lam…

les vagues

 

Lampedusa, une énième fois et forcément une de trop, encore.

Lampedusa, c’était devenu banal ; régulièrement les ondes au petit matin diffusaient ce nom aux consonances exotiques et douces, à priori. C’était devenu une habitude : elles s’égrenaient et pour peu qu’on y prenne garde elles nous auraient bercés. Elles auraient pu nous endormir peut-être. Cette fois-ci le naufrage est terrible parce que le nombre de morts est plus important et il nous inonde de douleur .Il nous renvoie à notre indifférence, notre indécence, notre indignité.
Est-on clandestin quand on arrive dans un pays en quittant le sien parce qu’en guerre, ou livré à la famine ou encore dévasté par un tsunami ou un cyclone ?

Mais que ferions-nous donc à leur place ?
Quel autre choix ont-ils ? Lorsque l’on n’a plus rien à perdre si ce n’est la vie, laquelle est devenue insupportable, et qu’on y croit encore, on veut essayer de la raccrocher.

La goutte d’eau que représentent ces immigrés dans l’océan européen, la corruption et l’évasion fiscale suppléeraient largement à ce que l’on voudrait nous présenter comme ce qui serait un manque pour les autres c’est-à-dire pour nous mieux lotis, pour nous, le reste de cet océan que nous sommes.
Une goutte qui nous mettrait en péril! Cette goutte suffirait donc à nous déstabiliser ?
Devenus frileux, de quoi avons-nous peur ? De nous-mêmes. Et si un jour, cela m’arrivait ? Non, ce n’est pas possible ; alors, je l’exclus de mes pensées, de ma vue même.
Est-il possible d’être devenu invisible pour l’autre, de n’avoir pas de nom, pas de visage, pas de cœur parce que sans papiers ? Est-il possible de n’être pas reconnu par son semblable parce que sans travail et sans domicile ? Qui pourrait croire que l’on quitte son pays si l’on s’y trouve bien ?
Si les pays d’où ils viennent ne permettent pas à ces candidats à l’immigration, de vivre décemment, d’être protégés, devons-nous pour autant les refuser, les tenir à distance. On a envers eux quelques devoirs ou dettes, peut-être.

Depuis que la parole s’est libérée et que tout un chacun, ou presque, a admis que l’on ne pouvait accueillir toute la misère du monde ; J’ai le sentiment que l’expression même, nous aurait décomplexés .Elle coupe désormais cours à toute discussion sur le sujet. C’est réglé : il n’y a pas de solution. Ou bien si… la gestion des flux migratoires mais peut-on gérer l’humain comme on gère du matériel ?

La petite île de pêcheurs d’anchois et d’éponges est tristement connue pour engloutir tout espoir de vie meilleure. Parmi les survivants, combien vont-être expulsés ? Les morts, le sont déjà.

ELB