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Aller-retour.

padirac

Deux journées pleines et ce dont je laisse ici une trace, des mots:

1: De longues heures de voyage le train lancé dans le paysage d’hiver de Paris à Gramat, et des lointains frileux découverts au travers des  moucharabiehs légers des sous-bois dénudés. Aller,retour .

2- Pour se reposer du panorama qui fuit derrière la vitre relecture de Trois histoires de J.M. Coetzee . J’aime tant l’évocation de la maison « aimable » dont il a fait l’acquisition en Espagne, celle de la ferme de sa famille (en Australie si je ne trompe)et son analyse sur la régression du monde rural , celle  de l’île disparue de Robinson Crusoe , trois histoires autobiographiques sur un passé révolu,tant appréciées donc  que je les apportais à Evelyne sûre qu’elle aimerait aussi et l’ écriture ciselée et les thèmes…

Le livre je l’avais eu par Nathalie d’Epinay : »un auteur à découvrir. Tu me diras ce que tu en penses « . De ma part en échange elle avait reçu Les trois chevaux d’Erri de Lucca  qui lui me venait d’Evelyne . Echange de bons procédés…

3:-Et  Evelyne chez qui je loge pour une nuit dit »je n’ai aucune imagination ». « Moi aussi » me répète mon esprit. Nous avons donc en nous ce manque qui nous oblige à ressasser sur le réel.

4:-Il y eut la visite au funérarium par la belle après midi ensoleillée du dimanche , puis le lundi tous ceux du Bastit réunis et bien plus encore  dans l’église minuscule où ils ne pouvaient contenir,  un lundi de froid et de crachin  et la descente au cimetière. Claudine avait perdu sa mère . J’éprouvais un chagrin un peu fou et un sentiment de paix qui s’accordait-mais comment vous expliquer cela,- à ce jour si maussade d’hiver. La campagne nous cernait ,  minérale, grise, presque en noir et blanc , avec quelques touches de rouille, aussi ascétique que la bure d’un moine, mais curieusement accueillante. Le retour à la terre, à la nature. J’observais Claudine. Je mesurais sa peine et songeait à cette amitié qu’elle m’avait accordée sans défaillance aucune depuis plus d’un demi siècle.

Evelyne(ELB) a reporté sur le livre d’or placé devant l’église l’ haïku qu’elle avait écrit à la mort de mon beau père et que j’aime tant:

Le souffle s’est tu

Dans le silence des nuits

Au ciel sans limite.

GHV