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Francophonie 6/6

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La Francophonie, c’est fini et le salon du livre aussi !

Une semaine c’est trop court et trop long à la fois donc, forcément, il y a les oubliés : ceux de Nouvelle-Calédonie, les invités du Salon du Livre : les écrivains Roumains d’expression française. Mais il y a aussi des Polonais, quelques Bulgares, Albanais qui écrivent en français (l’Albanie fait partie de l’OIF à la faveur d’un passé commun et il existe en direction de pays d’Europe orientale et centrale, différents partenariats).
Bien évidemment, le français n’y est pas langue officielle mais suffit-il qu’un pays l’ait comme langue officielle ainsi que quelques pays d’Afrique pour qu’il y vive. Pour certains de ces pays, il n’est utilisé que par 10% de la population. C’est la langue de l’administration. Où est donc son avenir ?
Au Qatar ??? Savez-vous que le Qatar depuis octobre 2012 est membre de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie). On peut se demander quelles sont ses motivations .

Et s’il n’y avait qu’un livre à lire ? Tenez, pas si loin de chez nous en Suisse…

L’Usage du monde. 1963 Librairie Droz de Nicolas Bouvier, écrivain suisse qui voyageait beaucoup car je ne crois pas qu’il se soit présenté comme écrivain voyageur. Il est mort il y a une dizaine d’années. Vous le trouverez dans la petite Bibliothèque Payot .Et vous y aurez aussi les dessins de son compagnon de route, Thierry Vernet ami peintre. Sur les routes avec leur 2CV de 1953 à 1954 entre Asie, Méditerranée orientale, Balkans : Paysages et êtres humains à leur rythme comme un éloge de la lenteur.
Tout Bouvier est en poche (Payot et Folio).
Rare et précieux écrivain qui pratiquait le voyage comme « un exercice de disparition ». Une leçon de vie : « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais, bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait ».

Retournons aux expressions, volontairement absentes du dernier article bien long ; après quoi nous irons dans quelques îles de l’Océan Indien.

Expressions antillaises:
– Makak pa ka janmen twouvé ich-li lèd. Littéralement : Le macaque ne trouve jamais ses enfants laids. Équivalent du proverbe français : L’amour rend aveugle.

– Sa ki fèt, fèt. Mot à mot : Ce qui est fait est fait. Autrement dit, il faut accepter les choses telles qu’elles sont
.
-Sé grenn’ diri ka plen sak diri. Mot à mot : Ce sont les grains de riz qui remplissent les sacs de riz.
En d’autres termes, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

– Bèf douvan bwè dlo klè. Mot à mot : Le bœuf devant boit de l’eau claire. (Sous-entendu que ceux qui sont derrière boivent de l’eau sale.) Signification : Les premiers arrivés sont les mieux servis.

– Elle est maquerelle. (On a tendance à orthographier le mot comme en créole : makrèl. Il peut également être utilisé pour les hommes.) Traduction : Elle est commère. Le terme makrèl est très employé là-bas. Et pour cause, le commérage (makrélaj) anime tous les quartiers. Et c’est un Antillais qui le dit.

– J’ai pris sommeil : je me suis endormie.
-Sa pa chè : ce n’est pas cher.
-Pa ni pwoblèm : Il n’y a pas de problème.
Quelques mots :
– sirè : se dit d’une personne (notamment un enfant) turbulent, espiègle ou alors simplement embêtant, contrariant voire pénible. De manière maladroite, les enfants ont tendance à utiliser ce terme lorsqu’ils s’expriment en français :  » Tu es ‘cireur’ hein ! « , pour signifier que l’interlocuteur importune, dérange.

– zorèy : mot qui vient de la Réunion et est employé également en Nouvelle-Calédonie, désignant un étranger, un métropolitain. Le sens exact de ce terme est incertain. Il existe une version selon laquelle le métropolitain tendrait l’oreille face à une population parlant créole ; langue étrangère à celui-là.

– potomitan : désigne, de manière générale, la femme antillaise capable de supporter tous les fardeaux de la vie quotidienne. De fait, c’est la mère forte et courageuse qui, tel un pilier, soutient les fondements de son foyer pour le bien-être de sa famille.

Expressions réunionnaises:

-Quand z’enfant lè malade y faut donne un bonbon la fesse.

– Un femme pareil un bon rougail la morue, lé bon le jour meme mais le lendemain la fini gaté.

– zorèy : comme ci-dessus, désigne un étranger, un métropolitain.

L’océan indien avec la Réunion, Madagascar et Maurice.
La présence du français dans ces trois îles, est bien évidemment liée à la colonisation. Les nombreuses vagues d’immigration : européenne, indienne, asiatique, ont dessiné une mosaïque et un paysage littéraire divers.

Quelques écrivains et lectures possibles:

Michèle Rakotoson est née en 1948 quitte Madagascar en 1983 pour la France où elle vit. Sociologue et professeur de lettres malgaches, elle est aujourd’hui journaliste à la radio (RFI et France Culture) et à la télévision (RFO). En 2012, elle a reçu le grand prix de la francophonie, par l’Académie française, pour l’ensemble de son œuvre.
Fondatrice du projet Bokiko, un projet d’incitation à la lecture et de relance de l’édition à Madagascar.
Dadalé. Carthala Recueil de nouvelles 1984.
le Bain des reliques. Carthala 1988.

Lalana. L’aube 2002. L’auteur raconte le parcours vers la mer de deux jeunes artistes d’Antananarivo dont l’un, malade du sida, n’a jamais vu la mer. Tout au long de leur voyage, ils sont accompagnés par des fantômes ancestraux, non sans une certaine révolte dans l’évocation des injustices du pays et la dégradation de son environnement naturel.

Juillet au pays. Elytis 2007 Récit : L’auteur revient dans son pays natal après des années d’absence et décrit Antananarivo comme une ville sans oiseaux, où les caméléons de l’enfance ont disparu comme les arbres.
-Passeport pour Antananarivo Elytis 2011 Parcourir les rues et ruelles d’Antananarivo, rechercher l’histoire qui se cache derrière la foule qui grouille et le silence des quartiers de la Haute Ville et plus proche, sous les yeux, la plaine encaissée et les marais asséchés.

Jean-Luc Raharimanana est né en 1967 à Antananarivo, nouvelliste et romancier au style poétique et violent, hanté par la misère vertigineuse et les peurs auxquelles essaie de faire face la société malgache contemporaine .Il décrit la corruption et la pauvreté qui sévissent sur son île, avec des rappels sur la douloureuse histoire du pays dans Madagascar, 1947, 2006 en racontant notamment la répression de l’insurrection malgache par la France colonisatrice. Il a aussi écrit des contes musicaux pour enfants. Il est présenté comme un bâtisseur de mémoire
Nour. Roman Le Serpent à Plumes, 2001
¬ –Le cauchemar du gecko. Vents d’ailleurs, Théâtre 2010. Critique RFI : « Au chaos s’oppose la révolte de la parole active, aux figures du pouvoir s’opposent celles de tous ces « gens de peu » qui peuplent les immenses territoires plus ou moins exploités, plus ou moins bafoués, plus ou moins méprisés…Les dieux, les dictateurs, les corrupteurs, les déclassés, les abandonnés et même le petit gecko de Madagascar, reptile souple et rusé, qui passe partout et ne ferme jamais les yeux. Tous participent à ce cauchemar « désespéré mais pas désespérant ».

La littérature de Maurice et de la Réunion s’illustre surtout par le roman historique avec entre autres le plus connus des écrivains :

Daniel Vaxelaire Réunionnais d’adoption et vosgien d’origine, est né en 1948 et choisit de partir travailler en tant que journaliste à la Réunion où il est resté.
Chasseur de noirs.1983, inspiré d’un personnage devenu légendaire : le chasseur Mussard a bien existé. Un jeune homme de vingt-cinq ans emprisonné à l’île Bourbon en plein XVIII me siècle nous raconte une histoire, la sienne : un blanc qui après avoir traqué les noirs et réalisant qu’ils sont très injustement traités et humiliés, finit, pris de remords, par se battre pour eux.
Il a écrit de nombreux contes notamment en littérature jeunesse. Il a aussi écrit récemment une BD :
Histoire de la Réunion 1939- 1974. Orphie Doyen 2012.

Marie-Thérèse Humbert est née à Maurice en1940, Mauricienne, vit en France depuis 1968. Ses livres illustrent cette même quête identitaire dont l’exil semble être une issue incontournable.
Tout est en en LP Hachette.
À l’autre bout de moi.1979 raconte l’histoire d’Anne et Nadège, qui sont face à leur choix : partir ou rester ; Anne quitte l’île comme l’auteur après la mort tragique de sa sœur. Elle dépeint la plupart du temps les relations complexes d’une famille et d’une société pluriethnique et multiculturelle.
Une robe d’écume et de vent. Stock, 1989. Ilse est une jeune fille solitaire et secrète qui retrouve sa mère, Helga à qui elle avait été retirée enfant. Mais qui est Helga ? Ilse peut-elle renouer les fils rompus du passé et de la vie ? Elle va enfin rencontrer l’amour, le vrai…

Comme un voile d’ombres. Stock, 2000. Louise Lorgeil, la narratrice est traductrice et vit seule en banlieue parisienne. Elle manque de confiance en elle. Sa rencontre avec une nouvelle voisine, Adeline, vivant avec un mari tyrannique et avec qui elle noue une drôle de complicité va semer le trouble dans la vie de Louise. Des ombres du passé vont resurgir.
Les galants de Lydie, Une enfance outremer. Nouvelles Seuil, 2001

Édouard J. Maunick, est né à l’île Maurice en 1931, s’installe à Paris en 1960 où il publie des articles pour Présence africaine et autres revues, est successivement en poste à l’UNESCO, ambassadeur de Maurice en République d’Afrique du Sud et au Conseil de la Francophonie jusqu’en 2001. Poète métis, critique et traducteur, il fut l’ami de Sedar Senghor et Mandela.
Anthologie personnelle : poésie. Actes Sud, 1989. « Nos aïeux venaient tous de quelque part ; nous avons pour mission de continuer leur exil dans un lieu devenu pays natal. » -Mandéla mort et vif. Silex, 1987.
50 quatrains pour narguer la mort ; Contre-silence. Seghers, 2006.
Elle & île : poèmes d’une même passion. Le Cherche midi, 2002.

La présence du français dans ces trois îles, est bien évidemment liée à la colonisation. Les nombreuses vagues d’immigration : européenne, indienne, asiatique, ont dessiné une mosaïque et un paysage littéraire divers.

Comme le dit Bertrand Marquer dans n° 7 de Constellations francophones :
« Les écrivains insulaires francophones de l’Océan Indien sont donc partagés entre un désir d’être autonomes et la nécessité, pour se forger une identité cohérente, de se concevoir comme morcelés, et fondamentalement autres. C’est, semble-t-il, dans cette dialectique entre l’Ici et l’Ailleurs, l’Identité et l’altérité, qu’il faut tenter de cerner les enjeux de cette littérature francophone, pour essayer de comprendre son utilité dans la formation de cet entre-deux du métissage ».

Merci à Fabrice pour toutes ces expressions et son aide précieuse.

ELB
Sources : lectures personnelles, critiques littéraires revues diverses et variées nouvelles et anciennes (Présence africaine, Courrier de l’Unesco, Lire, Le magazine littéraire, Page..) dictionnaires et encyclopédies sur le web.

Francophonie 3/6

Francophonie 3/6

Le Québec

 

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Sans remonter au XVI siècle, la Belle Province à partir des années 1960 et de la modernisation du Québec n’a eu de cesse d’endiguer le processus d’assimilation et se sentant peut-être-car c’est le cas- éloigné des autres pays francophones (Sur 100 francophones, on compte 91 Européens, 82 Français et 7 Québécois), a besoin d’affirmer cette identité linguistique .Les différents gouvernements ont, chacun à leur tour légiféré ; la question de la langue est très sensible.
Pour une histoire détaillée de la langue française au Québec, je vous renvoie au site suivant : ww.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histfrqc_s4_modernisation.htm/
dont je vous donne quelques extraits : « …toute l’histoire de la langue française du Québec montre un incessant combat pour assurer la survie du peuple francophone de la seule province française du Canada. La langue et le peuple sont tellement imbriqués l’un dans l’autre qu’il est impossible de parler des Québécois sans parler de leur langue… »
Il y a deux français : le standard et le québécois.
…le français standard est la langue officielle du Québec. C’est celle du gouvernement québécois et du gouvernement fédéral. Tous les textes officiels sont rédigés dans ce français standard. C’est aussi ce français qui est la langue de travail des fonctionnaires, des écoles, des universités, des médias, des conférences, des débats, des maisons d’édition, des événements officiels, des autorités religieuses, des organismes culturels, des grandes entreprises, des sociétés publiques, etc. Le français standard est aussi la langue du patrimoine littéraire commun avec les autres littératures de la francophonie…
Et plus loin…dans les faits, les termes du français standards et les termes du français québécois sont en concurrence : maïs / blé d’Inde, haricot / fève, aspirateur / balayeuse, dépanneuse / towing, robinet / champlure, pneu / tire, poêle / cuisinière électrique, réfrigérateur / frigidaire, etc…. Dans certaines situations orales formelles et toujours à l’écrit, les Québécois s’identifient avant tout au français standard, mais, il faut l’avouer, pas du tout au «parler pointu» des Français. Peu de Québécois seraient prêts à sacrifier l’une des deux formes de français. Pour des raisons différentes, ils tiennent aux deux. Ils parlent tous en québécois et écrivent tous en français ».
…Comme pour tous les autres francophones du monde, ils ignorent qu’ils emploient des mots d’origine germanique, grecque, italienne, espagnole, etc. …. Quoi qu’il en soit, les Québécois ne s’exprimeront jamais comme les Français, pas plus qu’un Wallon parlera comme un Parisien ou un Sénégalais comme un Haïtien…
…. le Québec continuera inévitablement d’évoluer dans un environnement continental fortement marqué par la présence de l’anglais. Ce constat fait partie du destin du Québec et il vaut mieux apprendre à composer avec cette réalité que de la nier »

Expressions québécoises :

-En allant magasiner, j’ai beaucoup placoté et je suis tombée en amour de mon nouveau chum ; Je lui ai fait plein de becs. Chum : amoureux, bec : bisou.

-En rentrant très tard, je suis entrée chez le dépanneur pour acheter de la crème glacée au sirop d’érable. Dépanneur, c’est l’épicerie ouverte toute la nuit.

-Avoir les yeux dans l’eau : les larmes aux yeux
-Manger ses lacets de bottines : stresser
-Sirop de poteau : mauvais sirop d’érable
-Quelques jurons (relatifs à la religion):
-Tabarnake ! Vient de tabernacle
-Batinse : baptême
-Viarge : vierge

Quelques écrivains et lectures possibles :
Antonine Maillet qui eut un grand succès pour un de ses premiers romans qui eut le prix Goncourt.
Pélagie La Charrette Grasset 1979 On redécouvrait un peu ce parler écrit, imagé de la Belle Province.
Au XVIII siècle, Pélagie, esclave en Géorgie et chassée par les Anglais décide de rejoindre son Acadie natale : années de misère, errance de l’exil .La vie de Pélagie nous entraine dans l’histoire d’un peuple.

Suivirent-pour n’en citer que trois-
L’Oursiade 1991 Le temps me dure Actes Sud 2004
Fais confiance à la mer, elle te portera Essai Leméac 2010 la genèse de son écriture.

Réjean Ducharme est un écrivain, scénariste et sculpteur québécois né en 1941. Depuis plusieurs décennies, l’artiste ne fait aucune apparition publique. À peine deux photos de lui existent, et seules quelques rarissimes lettres aux quotidiens ont été publiées, au début de sa carrière.
L’avalée des avalés, Gallimard 1966 qui le consacre comme un des grands écrivains québécois de sa génération La publication de la première œuvre d’un écrivain de ce calibre par un éditeur français –Gallimard- sème la zizanie en ces temps de nationalisme québécois exacerbé.

Le nez qui voque 1967
Va savoir 1994
L’hiver de force 1985
Gros mots 2001 Tout est en folio
Il pratique énormément les jeux de mots et en invente ; il utilise aussi les jurons.
Il tresse la langue, la presse et lui fait rendre jus à tel point qu’un essai paru en 2004, en fait l’éloge :
La fabrique de la langue : de Rabelais à Réjean Ducharme Points essai.

Réjean Ducharme a écrit quelques chansons du répertoire de Robert Charlebois, tels Mon pays (ce n’est pas un pays c’est une job), Heureux en amour et Le Violent seul (chu tanné).

Nancy Huston est Canadienne, née à Calgary en 1953 dans une famille anglophone. Elle a vécu aux États-Unis (à Boston et New York), puis à Paris, pour étudier. Elle s’est attachée à la langue française et à la capitale où elle vit toujours. C’est au lycée que Huston découvre le français et quelques années plus tard, c’est cette langue qui lui servira de refuge par le biais de l’écriture. Elle l’évoque souvent dans les entretiens. Elle joue avec les sons, les tons de ses deux langues. Elle joue également de plusieurs instruments ; elle a donc l’oreille musicale ce qui ne doit pas être étranger à l’apprentissage des langues.

Elle a six ans quand sa mère part pour refaire sa vie ailleurs. Nancy Huston fait de ce traumatisme une richesse : «Le lien que j’avais, petite, avec ma mère était un lien d’absence, exclusivement nourri d’imaginaire et d’évocations à travers ses lettres, ses mots. C’est en écrivant qu’elle tente de comprendre.
La Virevolte (1994) et Prodige : polyphonie (1999 traitent de cela.

Les variations Goldberg 1981 Actes Sud, écrit directement en français. Une claveciniste, Liliane Kulainn invite trente personnes qu’elle connait et qu’elle aime, à venir l’écouter jouer les Variations Goldberg dans sa chambre. Trente personnes avec qui elle a envie de partager ce moment. Chaque personne va avoir une façon différente de le vivre entre intimité et exhibition, un chapitre par invité donnant le regard de celui-ci sur le concert et sa relation à la musicienne. Un tableau, en soi. Trente chapitres, autant que de variations de Bach (30 ou 32 ?).

Cantique des plaines Actes Sud 1993 est plusieurs fois refusé ; elle décide de le réécrire entièrement en anglais avant de le traduire elle-même. Depuis, elle utilise cette technique de double écriture. Les deux langues cohabitent. Dans la pratique, cela veut dire qu’elle écrit d’abord dans une langue et ensuite reprend le chapitre ou le texte entier et l’adapte dans l’autre langue. Elle va jusqu’à présenter les deux langues en vis-à-vis, soulignant l’importance de ce dédoublement.
Le thème de ce roman est la disparition programmée et le massacre des Indiens. C’est le temps raconté : la narratrice reçoit en héritage un manuscrit inachevé de son grand-père. C’est donc un va-et -vient entre le « je » de Paula et le « tu » absent du grand-père, Paddon .C’est l’occasion pour la narratrice petite- fille de retracer la vie de la famille sur quatre générations.
Enfant, son grand-père, outre les contes classiques lui parlait des Amérindiens du Canada et lui a transmis cette honte éprouvée au traitement qui leur avait été fait. On est de bout en bout captivé.

Lire aussi l’histoire de quatre générations, remontant jusqu’à la faille initiale, le traumatisme:
Lignes de faille Actes Sud 2006

Instrument des ténèbres 1996 (Goncourt des lycéens)
Une Américaine, écrivain, décide de retracer le parcours de jumeaux orphelins nés au XVIIIe siècle. Peu à peu, la vie de la narratrice rejoint l’histoire qu’elle a entrepris de raconter…
C’est un peu long mais il est difficile de faire moins.

Denise Bombardier, née 18 1941 à Montréal est une prestigieuse encore controversé journaliste , romancière , essayiste , productrice et personnalité médiatique qui a travaillé pour la télévision de langue française station de Radio-Canada depuis plus de 30 ans.
Elle a défendu bec et ongles la femme et pratique de la langue française. Fort tempérament, elle sait aussi utiliser un langage fleuri.
Elle est réputée pour son français standard .Elle est un défenseur de la communauté internationale Francophonie et a souvent été invité par Bernard Pivot de la situation de la langue française en France .
Elle a aussi écrit pour Dion et l’a suivie en tournée (eh oui…).

A suivre

ELB
Merci à Geneviève pour la plupart des expressions.

Francophonie 2/6

Continuons notre voyage en Francophonie.

Expressions Maliennes:

Un homme ne sait pas suivre deux chemins à la fois.

Un homme ne sait pas suivre deux chemins à la fois.

Il a perdu ses chèvres : il a perdu la tête (en pays Dogon)
Le mil a pris son ventre : l’épi de mil qui gonfle est comparé à une femme enceinte.
elle a gâté le ventre : elle a fait une fausse couche…
avoir la parole qui déborde: parler trop.
Un homme ne sait pas prendre deux chemins à la fois.
Dans la marmite d’une sotte tout le monde puise.
.-Ça arrive à tout le monde de glisser. Glisser : commettre l’adultère
-Les Dogons peuvent avoir officiellement plusieurs femmes :
La première, souvent choisie par les parents, c’est celle « pour qui on travaille » ; les autres sont les coépouses. Une amante, ou maitresse, non officielle, est appelée « la femme qui suit »…
A Bamako, c’est « le deuxième bureau »… »troisième bureau« …qui désigne la maîtresse…..
Et ta journée ? : Tu as passé une bonne journée ?
C’est loin, un peu c’est-à-dire de deux à trois kilomètres…expression utilisée aussi pour le temps et le poids.

Quelques écrivains Maliens et lectures possibles:

La littérature malienne est dominée par l’œuvre importante laissée par Amadou Hampaté Bâ, né à Bandiagara en 1900, ami entres autres de Théodore Monod, conteur et défenseur du dialogue entre les cultures.
Dans Ankoullel, l’enfant peul, 1991 le livre qui l’a fait connaître au grand public, ce sont ses mémoires qu’il raconte dans un pays où à la fois il a dû respecter la tradition et en même temps fréquenter l’école de la république française et celle du Coran.

Il existe de nombreux autres auteurs Maliens comme :

Moussa Ag Assarid Né au nord du Mali en 1975, le jeune Moussa découvre la France où il a décidé de poursuivre ses études, en 1999. Il nous fait le récit d’un jeune touareg qui vient en France pour faire ses études et découvre une société moderne face à ses contradictions. De quoi, avec humour et bon sens, nous faire part de ses réflexions imprégnées de culture Touarègue et d’art de vie dans le désert, sur notre mode de vie occidental. L’occasion pour lui comme pour nous de s’interroger sur notre choix de vie.
Y a pas d’embouteillage dans le désert ! Presses de la Renaissance 2006
Avec La caravane du cœur, son association, qui soutient la cause touareg crée des écoles dans le désert.
Enfants des sables : Une école chez les Touaregs, écrit avec Ibrahim Ag Assarid, Presses de la Renaissance, 2008.

Massa Makan Diabaté, historien et écrivain, nous révèle ses talents de conteur et témoigne de l’évolution des esprits à la veille des indépendances africaines. Né à Kita lieu traditionnel de formation des griots malinké (Mali) et mort 27 janvier 1988 à Bamako. Il est issu d’une famille de griots. Son oncle, Kélé Monson Diabaté était considéré comme un maître griot et il dit lui devoir beaucoup.
Ses premiers livres seront la traduction des épopées malinkés et des contes en français. Le gouvernement malien a baptisé deux lycées en son nom : à Kayes et à Bamako.
Le lieutenant de Kouta (1979), Le coiffeur de Kouta (1980), et Le boucher de Kouta (1982) .Avec cette trilogie, Il a inauguré une littérature nationale malienne avec trois composantes : la fraternité, l’Islam cohabitant avec les croyances ancestrales, et surtout l’humour.

Aminata Traoré quant à elle, nous donne sa vision africaine et altermondialiste de la société actuelle ; est une femme politique et écrivain née en 1947 à Bamako. Nommée ministre de la culture sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré, elle a démissionné pour retrouver sa liberté de parole. Elle coordonne les activités du Forum pour un autre Mali et était responsable de l’organisation du troisième volet à Bamako du Forum social mondial polycentrique de 2006.
L’Étau, 1999 Actes Sud, un essai dénonçant la politique des institutions de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale).
Le Viol de l’imaginaire, 2002, Fayard, dans lequel elle dénonce les mécanismes privant l’Afrique de ses ressources financière, naturelle et humain
Lettre au Président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général, 2005, Fayard, elle publie où elle analyse les crises africaines dans le « pré carré français » à la lumière de la mondialisation libérale.

Allah n’est pas obligé, 2000 Seuil Ahmadou Kourouma où il dénonce l’histoire du recrutement des enfants soldats.

Ousmane Diarra, Sirafily Diango, Alpha Mandé Diarra, Moussa Konaté et Yambo Ouologuem.
Nouvelles du Mali Editions Magellan & Cie Courrier international, mars 2008
Cinq auteurs, cinq nouvelles pour découvrir le Mali.
Alpha Mandé Diarra avait publié en 1981 Sahel, sanglante sécheresse, Présence africaine, 1981.

Pour aller plus loin avec Amadou Hampaté Bâ, le sage d’Afrique, comme il fut surnommé :
Oui, mon commandant 1994 (la suite d’Ankoullel, l’enfant peul 1991)
Petit Bodiel , Contes de la savane 1976
Il n’y a pas de petite querelle. Nouveaux contes de la savane 2000. Livres de contes traditionnels, cocasses, truculents et dont on tire bien des leçons de vie. Amadou Hampâté Bâ avait coutume de dire qu’instruire en amusant a toujours été le grand principe des maîtres africains de jadis »
Marqué par sa formation, il publie :
Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara (1957, réécrit en 1980), adapté au théâtre par Peter Brook en 2003.
Dans la collection Thésaurus, les éditions Actes Sud ont publié en 2012 Mémoires.

A suivre

ELB

Merci à Anne et à Pathé pour toutes ces expressions.