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Ne pas laisser dire.

trapéziste

Les jours s’écoulent. D’autres enfants ont vu à Villetaneuse la trapéziste, une adolescente qui  saluait son public avec un regard de petite femme.Les spectacles du cirque me laissent une impression de tristesse. Sienna  à cinq ans fut une spectatrice grave et parfois émerveillée. Les jours qui suivirent elle s’improvisa jongleuse,équilibriste et gymnaste tentant de faire tournoyer des objets sur ses pieds ou dévalant la rue perchée sur les rebords de trottoirs ou se suspendant aux agrès du parc de la Chevrette à Epinay.

C’est là que très occupée elle ignora la dispute de deux femmes. Autrefois pour un crêpage de chignons nous aurions entendu voler des mots d’oiseaux, des p…des c…. en veux-tu que voilà mais aujourd’hui  le summum était enrobé dans le seul « raciste  » qui étranglait  l’une des deux à quoi l’autre renvoyait des « vous autres » agressifs…Le ton montait et je vis un jeune père s’approcher pour leur proposer de baisser la voix puis les délaisser  avec désintérêt  . J’ai regretté les minutes qui me firent défaut et qui m’auraient permis plus d’à propos dans mes réponses. Car l’une d’elle en se rapprochant de moi me prit à témoin, et moi seulement de consentir: « Ah les voisinages…pas toujours évident. », la laissant imaginer   une connivence que je ne ressentais guère plutôt convaincue de leur incapacité commune à vivre sans porter de jugements .

_ »Voyez votre petite fille, comme cela la perturbe » et l’enfant d’éclater en larmes. mais  la grand-mère sans y prêter attention appelait son mari: « Descends , viens au parc, elle m’ encore insultée », alors qu’au bout de l’allée arrivait le deuxième mari mandé de son côté par la rivale.

Sienna , tête en bas ,cherchait à épater ceux  qui jouaient avec elle.C’était vendredi.

Hier la jugeote me fit à nouveau défaut. Sur le blog un lecteur me demande l’autorisation d’utiliser un de me dessins pour illustrer une de ses nouvelles. Le ton est agréable et j’accorde. Ce n’est qu’après que je recherche son site de textes  puis sa page Facebook où je découvre ses opinions sur , fait récent, la jungle de Calais. Il se répand en propos fatalistes sur l’indignité de ceux qui parmi les réfugiés mirent le feu aux abris. « Pauvre France  » semble-t-il nous dire. Mes convictions sont autre. J’eus pris plus de temps peut-être aurais refusé le dessin…

Réflexion faite  je suis sans illusions et  devine combien nombreux ils sont à juger ainsi . Il me faudra du temps pour lui faire réponse et trouver les mots qui me semblent juste mais je le ferai et le dessin accordé aura là  le mérite d’avoir servi de lien. GHV

Journée d’une femme. Un an après

guillaume1 

Croquis du train entre Paris et Epinay- Villetaneuse.

 

Repiquage de l’article paru sur le blog il y a tout juste un an:

 

La semaine passe. Les mots roulent.

Guillaume nous a dit que tout est moche: laide est la ville, laid le bahut et les classes aussi; que c’est dur, que tout le monde s’en fout. Trois semaines pour un premier boulot de prof. d’arts appliqués dans un lycée en banlieue de Creil. Travail alimentaire; il faut bien payer les loyers et financer  ses passions mais honnête , si ça ne fonctionne pas il partira. Comprenez : il n’ira pas voir son toubib. Il démissionnera; ça a surpris.

Chico a eu trente ans cette semaine; il « rêve toujours de changer le monde. »

R. écrit qu’il apprécie mes croquis et nos textes et veut les publier sur le journal qu’il a crée , Bribes.

F. par SMS: « Je souffre , je veux vivre . »

Sur le parking du Leclerc rencontre et discussion  avec Farid; il se présente aux élections.

Sur le prunier les tourterelles turques s’empiffrent de bourgeons sucrés. Mouvements hypnotiques des  branches légers balanciers sous le poids de leur corps.

JM à Evelyne qui fait du rangement: « tu devrais supprimer le plus de photos possible. »

Ch:  » As-tu remarqué? On entend les gosses… » .  Il fait très beau. GHV

Un an après : le 9/03/2016:

Un an a passé. J’ai eu une journée chargée: ma petite-fille à garder qui a elle tout juste quatorze mois . Guillaume a démissioné. Quatre numéros de Bribes ont parus et Evelyne et moi même y avons chaque fois publié   ses textes et  mes croquis . Chico écrit pour son trente et unième anniversaire qu’il doit son bonheur à son goût pour l’altruisme et la compassion. Farid a-t-il été élu.? Pluie et bourrasques et manifestations …GHV

 

 

 

Choses nouvelles du blog.

mouette

Choses dont on n’a aucun regret:

On peut comme Guillaume qui feuillette avec moi le carnet  moins aimer ce dessin de la mouette  mais le choisir tout de même tant l’oiseau , le cadrage , son regard symbolisent parfaitement l’élan  avec lequel j’aborde ces jours de  » jubilación »  . Etre retraitée n’ouvre pas à une nouvelle vie , elle la continue autrement.

Autre fait: la nuit tombait déjà tout à l’heure  sur Epinay à la sortie des classes du collège Robespierre . Parc de la Chevrette j’ai traversé une troupe d’adolescents assaillie par leurs cris bientôt clameurs, leurs courses et bousculades. Ils étaient au moins cinquante , certains sidérés et d’autres hargneux et excités et des rires fusaient, des appels vigoureux et les cris plus aigus des filles, l’une d’elle en s’ébrouant comme un cheval fou faisait s’envoler un nuage de farine . Il y a une dizaine de  jours le vacarme des corbeaux rassemblés dans les platanes du parc des laboratoires Eclairs m’avait arrêtée au même endroit. J’aurais pu éprouver de la crainte. Les deux fois j’ai ressenti la  force  jaillissante de ces cris sauvages.

Encore: savoir que l’on est otage, que l’on a des attaches, des habitudes, une langue, et que l’on y est bien comme dans un nid .Et que non, même pour le calme, la beauté, la sérénité on ne partirait pas vivre « pour toujours »vers des ailleurs de carte postale.

 

 

Charles

Choses que l’on aime:

Hier je découvrais les habitués de l’atelier du mercredi de l’AAP. Je découvrais assis à sa table Charles  rencontré il y a un mois. Il travaillait à un portrait de femme de Corot. Sa voix bien que  grave et chaude a quelque chose d’enfantin et donne envie de le materner.

Enfiler une ancienne paire de bottes après avoir hésité à s’en débarrasser . Sur le trottoir les talons très hauts claquent joliment sur le trottoir. La promenade sera heureuse.

Croiser Eliane D. C’est une voisine . Elle discute avec deux hommes et la conversation se continue à quatre.

 

 

conversation1

Choses qui vous émeuvent:

Retrouver sous le crayon une sensation éprouvée des années auparavant. Ressentir la permanence.

Lire ce que pense  une personne que l’on connait. C’est quelque chose de vous qui l’a touchée (des mots écrits pour elle). Redécouvrir cela et les mots d’alors vous reviennent en boomerang , plus forts.Elle a pensé avec vous.

Savoir que l’on ne prendra plus le train au quotidien et donc que les personnages assis , dessinés, saisis sur le siège en face de moi disparaitrons des carnets.

La lecture des Notes de chevet de Sei Shônagon. Dame de compagnie de la princesse Sadako au XIème siècle elle est devenue ma compagne de chevet .Cette page timidement à sa manière…

GHV