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Ecole d’aujourd’hui et de jadis.

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Ce matin j’ai retrouvé Nathalie sur le trottoir qui nous guide vers la gare d’Epinay Villetaneuse .

Nous bavardons. « Et toi, L’école de ton enfance ? »

– « Oh pour moi, l’école du village, la classe unique. Trente-huit élèves pour deux classes à mon arrivée,  onze pour une seule maitresse à mon départ en sixième…

-« Et quel souvenir en as-tu gardé ?

Rire : « …que du bonheur. Un rayon de soleil et la maitresse annonçait : dépêchez-vous de terminer et nous irons nous promener. Nous travaillions toujours très vite ! Elle nous enseignait les ficaires, les renoncules, l’épeire et  le nid du chardonneret.

Un jour le maitre (et mari, c’était un couple d’enseignants, paix à leur âme)) entre dans notre classe de petits.   « Tous aux fenêtres, regardez : un milan ! Un milan royal. »

Au-delà du jardin , au-dessus de la prairie et  des chênes centenaires il tournoyait  lentement appelant sa compagne d’un « piii-oooo »  suraigu.

Les grands avaient suivi. Cristian G., bientôt treize ans et à nos yeux presque un homme, fut chargé de monter à l’appartement pour prendre le fusil . Pour le maitre chasseur un seul coup suffit et voilà Christian parti à toutes jambes récupérer  la bête dont les derniers soubresauts indiquaient le point de chute. Nous apprîmes le mot envergure. Nous mesurâmes les un mètre quatre-vingt des ailes déployées qui transformaient Christian en un Icare glorieux. ..»

C’était il y a cinquante-six ans à l’école communale du village de Padirac , aujourd’hui désaffectée..GHV .

Mot d’excuse.

escargot

Madame, veuillez excuser  l’absence de ma fille demain à l’école: son escargot est mort aujourd’hui. »

Par mail du 26 sept.2013 à la maitresse de l’intéressée.. GHV

Ainsi va le jour.2

hgrevelignes

Depuis deux semaines, mon trajet est dévié vers Monsieur Pôle emploi et c’est l’occasion de découvrir un autre quartier que j’arpente beaucoup moins.

Je passe , entre autres, devant une vitrine derrière laquelle trône la maquette d’un vaisseau dit Le Superbe, du XVIII ème siècle ayant fait partie de de la flotte royale de Louis XVI comme le Téméraire, le Fougueux ou l’Intrépide. Il s’est naufragé en 1784 au large de Pornichet avec sept cents hommes d’équipage à bord ; On imagine le drame et je ne veux y voir aucun signe même si l’agence dont je sors est particulièrement fréquentée.
Cette maquette m’attire à tel point que j’ai oublié de m’intéresser à l’activité exercée par cette société. Elle porte le nom plein d’espoir de
Lignes d’horizons avec un s- c’est dire s’il y a le choix et je poursuis jusqu’à la petite presse de ce même quartier au nom de Le monde allant vers. Il ne vous aura pas échappé que l’ambiguïté laisse libre cours à l’imagination.
Et comme lorsque j’étais jeune et que je n’avais jamais vu écrit le Vendée Globe car je ne m’y intéressais pas et ne regardais pas encore Thalassa comme les parents de Vincent Delerme… j’entendais : Le vent des globes et c’était magique Cela décuplait le monde et son potentiel. Vive la radio qui m’a fait rêver, enfant au moment de la météo marine alors que je n’avais pas encore vu la mer.

De retour à la maison, je prends possession de mon nouveau lave-linge installé dans un temps record et quelle surprise ! C’est une lavante qu’il faut dire et elle demande qu’on la nourrisse de produits lessiviels ! Tout un programme et elle en a. Je vais me contenter d’une lessive, je crois.

Une carte d’anniversaire collage pour Mathilde et je file à la poste où je croise une jeune fille aux cheveux vert et rose sur leur dernière course jusqu’aux reins. Je me suis demandé si cela lui donnait des ailes pour rêver en couleurs ou si elle avait l’impression, peut-être, d’appartenir à un type de mutants. Elle m’a en tout cas rappelé les fées aux cheveux verts de Nuit rhénane d’Apollinaire « …qui incantent l’été ».

Puis dans le XIX ème arrondissement, avenue de Flandres du côté de Crimée où je me baladais cet après-midi, j’ai trouvé un livre jeunesse dont l’illustration m’a subjuguée. C’est un monsieur, qui dans la rue sur son étal vendait des livres déclassés ou destinés au pilon, je ne sais. Belles affaires en tout cas parmi les livres de photos, les livres jeunesse, de cuisine ou de romans. Et l’accueil était vraiment chaleureux. Il m’a dit :
« Madame, je lis beaucoup vous savez et j’aime la langue de Molière ; c’est mami qui me racontait les histoires ». Il parlait de sa grand-mère en l’appelant ainsi et avec une admiration dans les yeux pour cette femme grâce à laquelle il avait pu aller à l’école à onze ans passés.
« En troisième, on était plus de quatre-vingt -poursuit-il- et j’ai eu mon bac à la fin, en 1986 » (ou 89, je ne sais plus). Il n’était né ni à Dakar ni à ST Louis mais dans la brousse où l’accès à l’école est difficile.

Une pluie fine m’a chassée, je suis rentrée savourant derrière la vitre du bus, le spectacle de la rue, laissant défiler les quartiers.

Le jour s’était un peu rétréci, il me semble.

ELB