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Qu’as-tu fait?

charly

Dimanche de novembre à Epinay, pluvieux, du moins m’en suis-je aperçue ce soir.

Le dessin avant midi. Un peu de couleur après le repas pris dans la cuisine et quelques heures plus tard la nuit tombe déjà , je range ma table dans l’atelier.

-Et toi qu’as-tu fait?

-Rien. GHV

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Ah! Le dimanche.

 

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Le dimanche ! On l’aime ou on le déteste mais il est là. Le dimanche reste un jour particulier . La cuisine du dimanche par exemple, elle est sophistiquée, amoureuse, gourmande ou peut  à l’inverse, être désordonnée, bohémienne et faire s’étirer le jour en traînant,  sans rien faire de suivi. C’est le jour du brunch et du goûter, du ciné et du parc, de la lecture, peut-être.

Un temps où l’on fait autre chose ou la même chose mais différemment.

Un temps suspendu, un nuage bienfaisant, en pause après le samedi courses et ménage ou activité extra professionnelle. Le bruit du dimanche est assourdi.

C’est souvent pour moi, la question : ma cuisine du dimanche, c’est quoi ?  Un vrai plaisir ou une corvée ? Les deux car le temps passé à se lécher les babines, à tester une recette particulière que l’on veut parfaite et les mines réjouies que l’on devine déjà ou déçues selon le cas.

Dimanche, rien : un ciné, une lecture, une mise à jour de l’actualité car je n’ai pas eu assez de temps en semaine pour les lire et rien ne m’agace plus que de n’avoir pas lu. Une balade au parc, un repas entre amis, un café gourmand, un apéritif dînatoire.

Rien ! Je rêvasse et promène mon regard sur la place ; elle est plutôt calme ce jour-là mais il s’y passe des choses. Je vous ai déjà dit les canards s’échappant du parc, certain dimanche.

Qui n’a vu le dimanche, un Monsieur, seul, faisant le tour d’une place ou déambulant  dans les rues passagères, à l’approche du marché ? Seul et endimanché, en costume ou pardessus, manteau selon la saison, chapeau, chaussures cirées avec chemise et parfois même une cravate.

Je me suis toujours demandée s’il voulait sauver les apparences, continuer à exister comme si le travail avait été sa seule raison de vivre, l’habillement lui permettant d’être encore ce monsieur que l’on respectait parce qu’il travaillait, avait sa place et était de la sorte, admis et reconnu  ou simplement si c’était une façon de bien se tenir et de se maintenir et ce,  jusqu’au bout . Refus de se laisser aller, volonté de donner l’image qu’il veut que l’on retienne ?

Ainsi, il en est un que je ne vois plus. Depuis plusieurs mois, ses sorties se faisaient plus rares. Il essayait, si on l’apercevait et lui disait bonjour,  d’engager la conversation mais il était difficile à comprendre. Il proposait un café : il s’ennuyait. Les derniers temps, il soliloquait un peu et avait perdu du poids. Je ne le vois plus.

Il en est un autre, étranger aussi avec une belle canne et un chapeau qui le distingue de tous. Il sourit à chacun sait le saluer, comme  en représentation. Je ne sais pourquoi, j’ai l’impression qu’il n’est pas si heureux. Je lui parlerais qu’il perdrait de sa superbe- me dis-je insolemment-,  et n’existerait plus car l’image qu’il souhaite  donner de lui le fait exister même si ce n’est que le temps de la promenade. Alors la place devient manège.

Faut-il être en activité pour exister ? Oui, pour certains sans doute mais à l’âge des personnes que j’observe ainsi, arborant la tenue comme un Espagnol se promenant sur les ramblas de sa ville –c’est de moins en moins vrai-, il est un autre temps, plus lent, plus plombé aussi qu’il faut inventer à nouveau pour  mieux l’habiter.

 

J’ai ri, au jardin avec les voisins vendredi mais je ne pleurerai pas pour autant aujourd’hui car dimanche sera musical. Jour de concert : on chante. Je crois savoir qu’Huguette fait de la confiture.

Plusieurs jours de soleil sans pluie ; un bel intervalle que ce dimanche quand l’été donne l’impression de vouloir s’installer.

 

ELB

Haïku du jour

Ciel gris d’ ardoise

Cinq heures : un grand rideau d’eau

Dimanche d’été.

ELB