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En rire ou en pleurer?

mise-en-scene-agressionMise-en-scène-agression.

 

 

 

Un carnet, Un crayon. Elle n’aurait eu aucun problème si elle avait écrit , si elle avait crayonné.

Elle avait dessiné*.

Elle les avait dessiné, elles, eux. Dans le train, trajet Epinay sur Seine-Paris.

« Elle n’a pas le droit de faire ça ! ». « Elle les donne les dessins. » « Elle t’a faite. Et toi…, et toi aussi ! ». « Faut payer pour faire ça. »

Déjà  autour d’elle, le groupe (six, sep ?)se refermait,  on agrippait ses mains, elle sentait les ongles durs sur sa peau. La stupéfaction : le sentiment d’ignorer jusqu’où pouvait peut dériver la chose. « Tu donnes ! Tu donnes le carnet, tout. »

Et bien non là elle n’a pas envie de donner justement comme il  lui est souvent arrivé de le faire, avec bonheur et ce au cours des multiples trajets.

Concession :« Ceux que j’ai  de vous je veux bien les détruire, c’est tout. »

Aucune répartie prête dans sa tête. Si la violence adressée à d’autres l’ont parfois terrifiée elle reste ébahie simplement  surtout en découvrant le regard de l’homme qu’elle vient de croquer et qui réveillé en sursaut et pris à parti , informé par les autres , la regarde, intensément,  puis avec haine. Sans aucun mot. Et le jeune gars assis à côté de moi, étudiant se dit-elle, lui assène un « Moi aussi j’ai trouvé ça bizarre ce que vous faites. ». Puis après une hésitation : »… « Continuez tout de même. »

Ils ont réussi à arracher morceaux par morceaux les pages incriminées. Elle n’a pu sauver le dessin de la veille, l’enfant endormie dans son lit.

Bien, se dit-elle et quoi ? Quel questionnement pour elle  qui  consigne des profils, des attitudes, des histoires, des moments comme parfois des arbres, tout aussi vivants, autrement vivants ,des objets formes rêvées et au-delà des idées ? Ce petit stress pour mettre le doigt sur l’idée de justice et vie en société…

Quelle âme est la vôtre vous donc qui refusez que votre apparence soit perçue par d’autres ? Le regard que je pose sur vous m’est-il interdit ?

Et  pour moi cette trace de ce moment car c’est d’un moment qu’il s’agit, gravé sur le papier, ce moment m’appartient-il ? Voilà la question qui me taraude depuis? …

Et vous êtes –vous devenu , pour les avoir vues,  propriétaire de ces images ainsi véhiculées sur un blog, comme ici, mais parfois sur écran, sur papier glacé, affiches  et Bd qui ne sont certes pas langage, mais idée peut-être et donc à partager. ?

 

Au retour (Etre allée voir une exposition dont elle parlera demain sur le blog) elle reprend son carnet : restent  quelques pages.se prouver que l’on peut remonter à cheval  GHV

*Le contexte : une fois, une agression, un fait rare vu la densité de population, les centaines de voyages. Concevoir aussi ce défaut chez l’auteur qui perçoit plus par l’intuition que par la raison.

sceneScène d’après.

PS du 15/03/2016: écho  ou l’article du jour D’Evelyne-ELB

Marathoniennes

marathoniennesjanv16c

 

Col du manteau redressé par l’écharpe  nouée , mains aux poches et le regard délimité par la bordure de son nouveau chapeau elle remonte  les couloirs du stade d’Epinay sur Seine  à contre-courant. D’un pas lent. Haut dans le ciel ,un avion baigné d’or décolle de Roissy et pivote au-dessus d’Orgemont vers Paris .Autour d’elle les arbres dépouillés et humides de brume.

Les mouettes par dizaines sur la pelouse du central guettent  le lombric imprudent. S’envolent parfois gracieuses, suspendues en blanc et gris et criardes peut-être …

Elle les croise à chacun de leur passage. Deux femmes d’un « certain âge », Nike aux pieds, le foulard blanc et léger , la foulée généreuse.

Elles parlent sans cesse et vont d’un même pas rapide, un peu plus chaloupé pour celle  qui tient son poing appuyé sur la hanche .Si l’une parfois devance l’autre rien n’arrête leur conversation.

Ch. Sourit en voyant le dessin fait de mémoire :  » Je les connais, elles sont là tous les jours. »

 C’était hier lundi  et mardi je reprends le chemin du stade. Il peut pleuvoir à chaque instant. Je m’installe dans les tribunes . Personne hormis  plus haut sur les bancs deux gars en mode école buissonnière et qui chantent frères Jacques et « elles » que je croque sur le vif. GHV

Portugal.

vieux

12/16 cm de la cafétéria du Auchan de Villetaneuse.

Vendredi après midi. Assise à la cafétéria  j’attendais mon tour chez le coiffeur  et  me retrouvais en leur compagnie . Ils étaient là six ou sept  . Des notes d’accent portugais dans  leurs voix chevrotantes ils échangeaient boutades et saluts, gais, amicaux et souriants. « A la prochaine « se disaient-ils. Et puis un regard triste. Sur place un dessin rapide que j’ai gouaché en rentrant , puis deux autres essais de couleurs pour tenter sans y réussir une approche plus monochrome , plus simple..

Même désarrois   hier soir à La basilique St Denis assise tout près de Pascal Quignard qui faisait lecture de Mourir de penser je ne crayonnais qu’un être inconnu et figé à mille lieux de la voix , du regard et de la chair: Peut-être tout de même un article à venir. L’instant le méritait.GHV