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Journée des associations à Epinay sur Seine.

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Quelle ville n’organise pas sa journée des associations?

A Epinay c’était à l’espace Lumière et au gymnase.

Force est de reconnaître que peindre ou dessiner ou modeler attire autant adultes qu’enfants. Une association avait proposé à sa nouvelle professeure de travailler en situation et c’était là une manière idéale d’attirer l’attention ,d’inviter à un regard respectueux, de suciter des envies . Parce que de l’association j’étais ravie de capter l’instant du bout de mon crayon dans l’esprit de l’arroseur arrosé.

On a aussi répondu aux curieux , expliqué les horaires ,et autour de notre stand entendu des notes, vu des prouesses plus sportives, posé des questions, ,observé la foule,les notables, bu un coup et mangé une crêpe ; c’était le jeu.

Et l’on  s’est aperçu que l’on connaissait pas mal de monde. Emilie plus en verve encore  qu’avant les vacances,( est-ce donc possible?), Yolande dans ses projets et qui posa sans faiblir pour Asunta, Françoise et ce carnet que je rêve de voler, Richard et son regard tranquille, Mr Le Q. à la recherche du club de philatélie, Eliane en recherche d’activités, et surprise…des abonnés du blog qui viennent saluer. GHV

La beauté sauvera le monde.

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Quelques jours dans les Vosges, et un voyage en train façon escargot,  humides journées entrelardées d’éclaircies pour commencer une tranche de vie nouvelle.

La beauté sauvera le monde.

Mais qui a bien pu dire cela ? Comme moi,  sans doute, vous le savez ou l’avez su parce que lu ou entendu et puis  oublié ; à cela s’ajoute l’indolence et la flemme de chercher.

Et c’est en lisant La légèreté que j’ai enfin réappris qu’il s’agissait de Dostoïevski,  dans L’idiot.

Je viens de relire le récit de la descente aux enfers puis de la renaissance  de Catherine Meurisse auteur de dessins à Charlie ; elle me l’a rappelé.

La beauté l’a sauvée. Entendre par beauté, l’art dans son ensemble : peinture,  littérature,  cinéma, musique et théâtre. Pendant ces mois, elle n’a pas cessé de dessiner mais son trait était sec,  dit-elle.

Rescapée, comment survivre ? Comment ne plus être prisonnière de sa souffrance ? Il faut y travailler et être entourée. La sidération lui a fait perdre la mémoire. Le massacre l’a plombée et le discernement s’est envolé. Alors, le vent du large, l’océan puis les livres, la peinture et son séjour à la Villa Médicis la remettront debout. L’Italie pour le syndrome de Stendhal qu’elle appelait de ses vœux et qu’elle trouve lent à se manifester, a opéré.

Elle raconte ce chaos mental au travers d’un dessin épuré et léger presque flottant. Il traduit ce mal  provoqué par le choc, la déflagration de l’attentat du 7 janvier 2015 auquel elle a échappé de justesse. La petite bonne femme du dessin se bat avec ses démons et parvient à sortir la tête de l’eau et comment ! Elle  parle toujours à ses amis dessinateurs.

Délicat et très beau.

ELB 

La légèreté   Editions Dargaud

 

 

 

…je n’ai pas le cœur à le dire

 

comme s’égrenait  la chanson.

Le choc passé, dans un autre monde et un autre temps, baroque par le chant et après avoir pris des nouvelles d’Huguette* et après décantation, je réagis et aurais tendance à voir notre monde, tel une ruche sans organisation,  « alvéolé »,  comme autant de petits mondes côte à côte et cloisonnés.

Bêtise, ignorance, haine, pauvreté, misère, errance ou déshérence : quel mobile pousse à bout pour en arriver à ce geste de violence.

Un monde où dessiner serait un acte d’agression et être dessiné se sentir violé ? Je n’en veux pas et vous non plus.

Comme dit Huguette, que de questions. Mais alors que faire, que penser et que dire.

Et même si nous parvenions à ce que chacun ait droit à son rayon de miel, le monde irait-il mieux ? Sans doute mais il faudrait aussi décloisonner et faire circuler les idées, les cultures avec leur histoire et leur langue ou leur chant.

Comme nous sommes encore dans la quinzaine du Printemps des poètes  -et aussi en pleine semaine de la francophonie-,  en souvenir d’un poète Kosovar rencontré au Festival de poésie de Sète l’an passé, Agim Vinca, grand admirateur de Valéry, un poème qui garde toujours, pour moi, tout son mystère et sa musique: Les pas .

De qui ou de quoi s’agit-il? Un être mystérieux, le rêve, la personne aimée,  l’inspiration, la pensée en chemin ou la création elle-même ou ce qui la précède, arrivant à pas menus ?

Sans doute beaucoup le connaisse mais je ne peux m’empêcher de le partager à nouveau :

 

Les pas.

 

Tes pas, enfants de mon silence,

Saintement, lentement placés,

Vers le lit de ma vigilance,

Procèdent muets et glacés.

 

Personne pure, ombre divine ;

Qu’ils sont doux tes pas retenus,

Dieux !… Tous les dons que je devine

Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,

Tu prépares pour l’apaiser

A l’habitant de mes pensées

La nourriture d’un baiser,

 

Ne hâte pas cet acte tendre,

Douceur d’être et de n’être pas,

Car j’ai vécu de vous attendre

Et mon cœur n’était que vos pas.

 

                                    Charmes, 1922

 

Le  mystère donc nous encourage à ouvrir des portes et à solliciter la pensée. Le percerons-nous jamais ?

ELB