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Voir Naples, troisième jour. Mardi.

Ce matin départ pour Herculanum (Ercolano) avec pull sous la veste, la matinée semble fraiche .Le train est bondé. Les touristes mêlés aux banlieusards ne prêtent aucune attention au paysage dominé par la silhouette du Vésuve. Derrière les vitres alternent jardins en jachère fleuris en rouge et jaune, coquelicots et renoncules. , débordants de graminées légères et parcelles binées riches en choux et semis en ligne, de fruitiers croulants sous les fruits, cerises, citrons, oranges . On dépasse les ruines d’usines à l’abandon, de petits immeubles et entrepôts, des fabriques où l’on s’active déjà, des chantiers où s’entassent des coques de bateaux.

Trente minutes avant d’atteindre la zone de fouilles d’herculanum. Moins importante que celle de Pompéi elle creuse le ventre de la ville moderne. Arrivés au bas du site un dénivelé cache la mer: plus d’une vingtaine de mètres de lave accumulée qu’il a fallu déblayer.

Avant de pénétrer sur le site visite d’une exposition temporaire d’objets . »Emouvant »avait affirmé D. lors de son séjour il y a peu. Riches bijoux, coffrets raffinés , statuettes, objets de toilettes pour les plus nantis, et modestes outils de bois ou de bronze des plus humbles, esclaves ou serviteurs, nous permettent d’évoquer qu’un même désarroi dut frapper chacun quel que fut son rang lors des terribles journées de l’éruption du volcan en 79 après J.C.

Nous irons un jour prochain visiter le musée d’Archéologie où est exposé une bonne partie des fouilles. Chaque fragment laissé sur place,de mosaïque, fresque ou peinture murale, chaque bronze, cerf de marbre, amphore intacte, statue, élément de pavage, linteau, poutre calcinée mais encoe en place, colonnes, fontaines tout cela fut possédé du regard par ceux qui moururent là. Et nous les rêvons,enfants se poursuivant sur les trottoirs , chevaux et chars remontant les rues pavés , hommes et femmes à leurs besognes et échanges, sous les mêmes arbres, sous le même ciel. Dans les fornices (peut-être de s remises à bateaux ) deux cents soixante dix squelettes:

Il y eut ensuite , quelque minutes après l’an 79 la traversée du marché d’Herculanum, celui de 2019, avec ses étals de poissons, de fruits, de vêtements, de sacs et babioles et où au sortir un réfugié tend sa casquette. Pour les filles du train que je croque il manque un peu d’aquarelle pour assombrir la masse de cheveux . Elles vont par deux ou trois et leur maquillage surprend Ch. qui vit encore sur le souvenir des siciliennes de sa ville d’origine, juste poudrées de soleil.

L’après midi nous arrivons au château royal musée de Capodimonte ,après une marche depuis la place Dante et en dépassant le Musée archéologique fermé le mardi. Les trottoirs défoncés de La via santa Teresa delli Scalzi nous amènent au pied d’un imposant escalier qu’il faut encore gravir. Des gens dorment là qui y ont laissé quelques hardes. L ‘effort nous a permis de découvrir de nouveaux points de vues sur la ville et d’accéder enfin dans le vacarme des voitures au parc du château. Voir le Titien, la Parabole des aveugles et le Misanthrope de Bruegel l’ancien, Le Parmegianno, et Artemisia Gentileschi.Autres femmes peintres exposées; Angelika Kauffmann et Elizabeth Vigée Lebrun. Le musée a invité Jan Fabre à dialogier avec les œuvres du passé. D’or et de papier ses travaux veulent interpeler sur la vie et la mort, les passages …Mais il faudrait bien plus de temps pour s’en imprégner.

Superbe exposition sur le Caravage avec en confrontation la flagellation du Christ de Rouen avec celle du Musée de Capodimonte.

Etude de la Flagellation du christ.caravage.ghv

Le soir c’est télé! Jeu « l’Eredita  » sur Rai 1.Nous ne le manquons pas , pour parfaire notre vocabulaire. Pinups gentiment dénudées, mutines, sourires exagérés ,caressantes et un peu trop blondes . Il s’agit du même concept que le Crésus de Vincent Lagaf ‘ mais en mieux! Les infos proposent un aperçu du cas Vincent Lambert sans floutage. Encore le cas de la petite Noémie, fauchée par les balles d’un gang mafieux. Elle semble sauvée. Evocation d’ une campagne nationnale de solidarité pour « les enfants de la guerre ». L’italien voudrait-il compenser la fâcheuse réputation que l’émigration lui apporte? L’imminence de l’ Eurovision. Quelques minutes accordées à.Marine le Pen . Des commentaires et les visages de Salvini et de Di Maio . Le soir enfin Pain et chocolat en version originale, le rire et la tristesse conjoints. (Pane e cioccolata de Franco Brusati).GHV

Crue de la Seine à Epinay

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Pour Evelyne installée à la campagne, de retour   » au pays », même besoin de sentir l’air du temps. Ici  ciel tout pareil ,il semble couvrir la France entière.

L’hiver humide à souhait, Epinay imbibée , avec des variations musicales, coups de vents, grésil au carreau, giboulées tonitruantes, calmes de bruines et crachins et tiaulés des moineaux qu’égaient le moindre rayon de soleil .

Avec des nuances de gris, de pâles lambeaux de bleu, des jaunes de souffre accrochés aux nuages, des crépuscules en version trichrome qu’affichent sur Facebook les automobilistes bloqués sur le pont d’Epinay …

Souvent  le ciel en aplat  gris impeccablement tendu. J’aime alors me sentir isolée dans ce monde à soi.

Chaque jour je vais voir la Seine. A baissé, a monté? Aujourd’hui lourde, majestueuse. Une mer quelque part au loin invisible en tire à elle  la soie lourde et fuyante. GHV

Illustration: depuis le pont d’Epinay, bras de la Seine. Reprise d’un croquis fait sur place . En réalité plus large! Sur Facebook Claude Muyl  suit elle la Seine à PARIS

Piem pas voleur.

hghomme100

C’est dimanche. J’ai entrepris quelques rangements. Les photos d’abord. Puis ces minuscules carnets Moleskine dans lesquels il m’arrive de noter au vol une idée pour le blog, un souvenir,une note de lecture. Dans l’un d’eux qu’un mot relu sauve de la poubelle je découvre une anecdote totalement oubliée …

Me revient en mémoire cette conversation qui s’engageât avec ma voisine  de table dans un café du Xème à Paris, rue Louis Blanc . C’était la fille de Piem. Je le sais parce qu’elle s’est présentée comme telle non pour s’en faire « valoir » mais parce  qu’elle avait voulu s’expliquer  sur cette sensibilité à l’art du dessin qui lui venait de l’atmosphère dans laquelle elle avait grandi  . Elle s’indignait de  ma manière de croquer les gars accoudés au bar à ses yeux en catimini, en violant les règles de bienséance, d’intimité et  donc, je l’ai supposé , rien de ce qu’elle avait appris de son père dessinateur gentiment caricaturiste et  chroniqueur de son temps.

J’ai choisi parmi les miens un  croquis peut-être celui que je faisais lorsqu’elle m’a interpellée.

J’ai facilement retrouvé   sur Internet  dessins et vidéos de son père en particulier de ses dessins en live pour l’émission de Jacques Martin en 1975 : Le petit rapporteur.

https://www.youtube.com/watch?v=GGXBDwisYEk

GHV