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Pas de samedi sans soleil.

maillol

 

Les oiseaux, tourterelles Turques nous avaient habitués à leurs chants et roucoulements, tôt le matin ainsi que coucous, merles, pies au jardin et dans la sapinière où encore, ce matin j’ai surpris deux lapins,  les oreilles dressés comme à l’affût.

Temps mauvais, vent plus que taquin tordant les branches à tel point que les oiseaux s’étaient tu  durant trois bons jours.

Comme vous sans doute,  tous les ans ou presque, je crois  le printemps installé qui, finalement à chaque fois, nous joue des tours. Le printemps capricieux et bien fragile mais, n’est-ce pas le propre du printemps ?

Le retour de la vie au grand air va probablement modérer mon enthousiasme, pressée que je suis d’assister durablement à ce renouveau, année après année et sans se lasser. Après chaque hiver et avec le même étonnement on regarde la nature se réveiller puis exploser découvrant à tel endroit, une fleur insoupçonnée, tel rameau méconnu, ou bien une racine oubliée et que l’on avait crue, gelée.

En milieu de semaine, le figuier au fond du jardin a gelé dont les minuscules fruits étaient sortis ainsi que les feuilles du mûrier platane, toutes noires et recroquevillées, en deuil du printemps.

Au détour du chemin bien connu car près du lieu où j’ai vécu, enfant,  un arbuste oublié comme un signe à ma droite lorsque je quitte le chemin autrefois bordée de ronces puis au niveau du petit pont en repartant, la bourre des peupliers,  le duvet des fleurs de pissenlits, la neige de fleurs de marronniers m’illusionnent un instant et me bercent de leur légèreté quand à  Paris, Huguette expose au Shakirail où nous étions allées ensemble voici quelques années, à l’exposition d’un sculpteur sud-américain, Carlos R. Lieu insolite comme nous avions dit mais qui interrogeait et stimulait, ancien entrepôt SNCF.

Le collectif y est jusqu’au 14 mai. A ne pas manquer. Hélas, je ne suis pas à Paris pour l’évènement et je le regrette ainsi que pour celui à venir, fin mai à la galerie de l’Harmattan.

On ne l’arrête plus cette Huguette!

Au café du samedi,  instauré depuis quelques semaines, entre filles et aujourd’hui repliées à l’intérieur. La pluie est de retour qui arrose le causse, sec et aride. Et avec délice, il s’abreuve. A n’en pas douter.

Plic ! plac !ploc !-comme on lisait dans un livre d’enfant-, l’averse martèle les vitres embuées.

A l’intérieur, du monde avec des tablées d’hommes à gauche en rentrant, puis de femmes uniquement puis de femmes et d’hommes. Je reconnais certains visages ou plutôt il me le semble. J’ai retrouvé avec plaisir le chemin du café, lieu d’échange, comme je le faisais à Clichy. On faisait semblant parfois de croire  au monde que l’on refaisait pour se consoler de terribles nouvelles ou événements.

L’une B ; était déjà rentrée du Cambodge et du Laos quand F. revenue il y a à peine huit  jours du Brésil et de la Guyane, dorée comme un abricot mais j’aurais tendance à dire qu’ici, la vie au grand air donne bonne mine à presque tous. Elles avaient emmagasiné de la chaleur pour affronter ce printemps.

Pas la moindre évocation de l’élection de demain chacune étant sûre de sa détermination et ayant fait le choix pour la liberté, j’en suis convaincue.

En rentrant, le spectacle de cette nature foisonnante de verdure me saute au visage et m’illumine. La lumière troue enfin le ciel lourd de larmes passé midi et me rappelle qu’il y a cinquante-deux ans, nous étions ensemble, en sixième.

Qui a dit qu’il n’y avait pas de samedi sans soleil, au café ce matin ?

C’était hier. Pas vu le soleil aujourd’hui et comme m’a dit mon petit- fils, Arthur :

-Manou, il dort le soleil.

 

ELB

Image:La rivière de A.Maillol. Détail.

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Au café.

aucafe2015

A la manière de Martin Parr   –et vous trouverez quantité de ses clichés sur le web- page de gauche  vue d’un instant au café juxtaposé au monde du train, page de droite.

Assise dos à la vitrine  pour un café rapide je suis la conversation (c’était un jeudi, le 10 sept. 2014 ), conversation passionnée et entamée entre deux gars qui quelques minutes avant ne se connaissaient pas. Je ne sais quel lieu ils décrivent avec tant d’émotion et de souvenirs émus, un village que je suppose du sud ou du sud-ouest. J’ignore aussi le mot ou l’image qui a déclenché l’échange.

J’ai retrouvé du même café deux croquis avec commentaires :

https://trainsurtrainghv.com/2015/04/14/au-cafe/

https://trainsurtrainghv.com/2014/11/18/tout-un-programme/

Martin Barr photographe britannique, né en 1952, a plusieurs fois été exposé à  Paris: humour parfois , regard  d’anthropologue, dérision, réalité du monde qui nous entoure et intention de déchiffrage de l’humain . Je le connais  peu, mal, mais suis restée scotchée sur un des commentaires  qu’il a pour habitude d’accoler aux photos.GHV

Tout un programme.

toutunprogrammejpg

Ce midi Paris xème, dans un café à proximité du métro Louis Blanc. Je travaille à deux pas; j’avale en vitesse un croque-monsieur  avec  Côte du Rhône s’il vous plait

-« La religion ça devrait être interdit.Mon pauvre gars c’est ce qui divise la population. »

Je dresse une oreille attentive, je saisis mon carnet.

-« Avec Poutine ça serait vite réglé. C’est Poutine qu’il nous faut.

-Tout est beau chez Rimbaud.

-…Y’a trop de bonnes femmes en politique. Un tas de connes.(En fait c’était grosses connes.)

– Une femme qui est moche l’avenir est incertain pour elle. Pour une femme faut un peu d’intelligence et de gentillesse…

-Je pourrai pas faire l’amour à une peau de vache. »

A relire avec la voix d’un  Sylvester Stallone octogénaire, un chapeau sur la tête et un public bien acquis. GHV