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La petite pisseuse

J’avais vite, vite, sorti mon carnet(10/15cm ,ça tient dans la poche ) et le soir rajouté un trait ou deux juste assez ou trop pour agacer mon jugement.

Le lendemain matin tout près du massif derrière lequel j’avais vu la gosse se soulager , samedi  donc , j’ai croisé un regard , un de ceux qui vous retient et vous  engage au sourire. Jeune femme trentenaire, son portable calé à hauteur de nez …

-« Qu’est-ce qui ravit votre œil de photographe? »

_ »Les arbres . Les arbres sont très beaux ici. Je ne savais pas qu’il y en avait d’aussi beaux à Epinay.

Toutes deux le cou tendu vers l’arrière nous avons au dessus de nos têtes la trame délicate et ajourée  de la nef de tilleuls mis à nu par l’hiver dans l’allée qui relit la rue de la Chevrette au pont des Econdeaux  devant les écoles vides à cette heure  et en peu de temps nous partageons souvenirs, descriptions de parcs, idées de promenades, localisations de quelques phénomènes arborescents, considérations sur les saisons et aussi sur les aménagements et changements dans la ville…

-« Partie depuis vingt ans…C’est si beau! Oui j’irai , j’irai voir. »

 

Mardi matin  mêmes regards ravis et même soif de mettre en boite la neige blanche et poudreuse du parc des Béatus  pour trois jeunes  vietnamiens : » c’est la première fois que nous voyions la neige. » GHV

 

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Haïku du jour.

 

Coups de sécateurs

Des voix derrière les arbres

Le temps immobile.

 

ELB

La vie au grand air.

arbresghv

Avec Huguette, dans le Lot la semaine dernière autour d’un plat italien ou plutôt sicilien, de polpettes:

– J-Marie, mets-toi au bout de la table que je m’assoie à côté de ma sœur pour en profiter encore un peu, dit G, le grand frère.

Rejoint par l’autre frère R, à la fin du repas, pour partager café et dessert, émus, ils évoquent la naissance de cette petite sœur à qui ils ont donné ce prénom : Huguette. Bienveillance et fierté à peine voilées deux grands gaillards ont subitement surgis de l’enfance.

Ils nous abandonnent pour faire un billard dans l’ancien four tout à côté. Avec Huguette, nous partons en filles nous balader reniflant l’air presqu’estival et passant par La treille. Trois haltes où nous saluons et retrouvons pour moi, une personne autrefois connue et plusieurs membres d’une famille me disant leur lien de parenté avec la mienne. Mais le temps a passé et les anciens,  eux aussi qui, trop nombreux et occupés par leur vie n’ont entretenu le lien.

Nous avons admiré les grands arbres,  comme des ancêtres  porteurs de mémoire. Ils ont dû voir H passer, allant chez sa grand-mère. De si beaux arbres, majestueux.

Avril, un des mois les plus beaux par l’explosion de couleurs et de senteurs. Vert tendre et délicat, avril ; C‘est encore le printemps fragile et hier,  voilà les arbres après des jours presque chauds, malmenés, rabroués par le vent. Mais aujourd’hui, à nouveau la lumière du printemps !

Ainsi va le jour *, depuis que j’ai aménagé  à la campagne, s’est un peu estompé, effacé au profit de quelques textes du style ce que je pourrais dire  autrement dit, entre les lignes et autres textes motivés par l’envie impérieuse,  ou une réaction à un évènement, une rencontre ou un livre sans oublier les haïkus qui scandent régulièrement mes incursions ou effractions dans ce blog à quatre mains de Huguette.

Tout déménagement ou aménagement apporte sa nouveauté par une adaptation qui se fait au fil des jours et pour ma part, sans contrarier trop ma perception de la vie en général. La campagne avec sa nature m’appelle au dehors davantage sans m’éloigner pour autant des préoccupations majeures de tout être pensant.

Éclaircissement apporté, il y aura sans doute davantage de nature, de poésie que de commentaires  mais parfois nos sens se jouent de nous. Sans être dans la trop grande intimité et ennuyer son monde.

La nature me distrait de la lecture et de l’agitation et j’espère qu’une fois l’ivresse de la redécouverte de cette campagne et les camaraderies d’autrefois renouées ou pas ainsi que le pays, retrouvé, je reprendrai le cours normal qui m’attachait volontairement et sans trop d’effort à ma table.

Mon panorama, aujourd’hui : la pointe vert tendre des pommes du pin parasol, les lampions blancs accrochés aux marronniers, la souplesse des branches que le vent balade sans se soucier des cerises en devenir et au loin, les fleurs passées des pissenlits qui peuplent de bulles fragiles les prés. Les grumes, tour à tour chargées d’humidité puis lourdes de soleil emmagasiné. A leur place, elles sont et la couleur un peu modifiée à chaque passage ou c’est moi qui me le figure. Ce tas de bois ainsi que des billes et planches débités scandent une portion de ce chemin passant sous la voie de chemin de fer non loin de la maison.

Voilà, à quelques promenades près, la vue de ma fenêtre et à l’entour qu’ont pu apprécier les deux parisiennes,  A. et V. en visite.

ELB

*Le lien renvoie à l’article Ainsi va le jour 36. La page Ainsi va le jour regroupe la totalité des articles éponymes.