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Journée des associations à Epinay sur Seine.

asunta

Quelle ville n’organise pas sa journée des associations?

A Epinay c’était à l’espace Lumière et au gymnase.

Force est de reconnaître que peindre ou dessiner ou modeler attire autant adultes qu’enfants. Une association avait proposé à sa nouvelle professeure de travailler en situation et c’était là une manière idéale d’attirer l’attention ,d’inviter à un regard respectueux, de suciter des envies . Parce que de l’association j’étais ravie de capter l’instant du bout de mon crayon dans l’esprit de l’arroseur arrosé.

On a aussi répondu aux curieux , expliqué les horaires ,et autour de notre stand entendu des notes, vu des prouesses plus sportives, posé des questions, ,observé la foule,les notables, bu un coup et mangé une crêpe ; c’était le jeu.

Et l’on  s’est aperçu que l’on connaissait pas mal de monde. Emilie plus en verve encore  qu’avant les vacances,( est-ce donc possible?), Yolande dans ses projets et qui posa sans faiblir pour Asunta, Françoise et ce carnet que je rêve de voler, Richard et son regard tranquille, Mr Le Q. à la recherche du club de philatélie, Eliane en recherche d’activités, et surprise…des abonnés du blog qui viennent saluer. GHV

LA VIEILLE DAME

charlesCharles dessinant à l’atelier de l’AAP à Epinay sur Seine.

 

Elle a ouvert ses volets, très tôt. Le bruit de la rue la rassure, le bus à l’arrêt, le garage encore fermé.

S’habiller, faire sa toilette et chauffer le lait. Un premier appel au téléphone: « oui ,non,… la nuit a été mauvaise,les douleurs, les pensées… ».

La journée vide, la télé allumée. Elle pousse les chaises, lisse le napperon. Livraison du repas, à peine un bonjour.Parfois elle va dans la salle d’eau et coiffe ses cheveux . Il lui arrive de dresser un mur de chaises devant la fenêtre de la chambre, »sa chambre » pour que les démons ne vienne pas « le « chercher.

Descendre les marches pour vérifier le courrier. Les envellopes provoquent un vent de panique.Les logos peuvent être ceux d’une banque, ou suggérer un appel à paiement. Elle tente de déchiffrer les mots. L’argent comme une obsession.

La sonnerie du téléphone à nouveau. Elle a appris un peu: que pleurer et hurler peut provoquer une réaction de rejet et qu’elle se retrouve seule à nouveau après le clic de fin. Elle parle: du manque,  du silence, de ses sacrifices, de la mère qu’elle a gardé jusqu’à la fin, du mari du jour au lendemain valide puis malade,  puis parti , de la vie qui est dure, »je sais pour les autres aussi », …des enfants qui ont trop de travail… Si elle oublie peu à peu ses maisons au pays envahies par les souris , en demande de travaux et qui furent un temps son unique préoccupation,  elle évoque les rues du village sous le soleil de  Sicile , la misère qu’il fallait bien fuir, mais les chaises tirées sur le trottoir, les soirées sans fin, les rires, les voisins…

Le fils entre. L’ainé. Il est seul aujourd’hui. Il laisse passer le flux des mots. Peu à peu lui aussi a appris à acquiéscer,à moins gourmander. Il sait, il comprend, il n’est pas encore assez patient.Les enfants ne reconnaissent pas leur mère. Leur peine est comme une pierre qui les rend lourds et mécontents.

Il est reparti. La peur s’installe. Elle tire les persiennes La nuit tombe et l’écran boucule sur les photos du buffet des flash de couleurs et déverse les malheurs du monde ; alors lui revient un élan de compassion pour ces mères qui ont perdu leurs enfants. GHV