Ce que je pourrais dire.

Je n’existe pas à plein temps…Marc .Alyn

Je trouve que la formule s’applique bien ou illustre la situation présente et si insolite que nous vivons.

Je me suis parfois absentée au creux des heures précieuses de ces presque trois semaines de confinement songeant à ceux qui étaient atteints par le virus, ceux qui l’avaient déjà eu, ceux qui s’en étaient sortis et qui sont les plus nombreux. Fort heureusement. Plus intériorisée, j’essayais de ne pas envisager le pire pour certains proches.

Dans le courant ou à contre-courant. Cette étrange impression qui régulièrement nous fait réaliser que décidément nous ne sommes pas acteurs d’un mauvais film ou dans une fiction mais bien dans le réel. Il n’est que d’aller une fois la semaine faire ses courses. Dans le gros bourg de 3500 personnes, tout de même capitale du Causse de Gramat et chef-lieu-, pas un enfant ne circule. Pas de rires éclatés ou en cascade, de pleurs ou de cris joyeux. Cela rajoute un peu de tristesse ou enlève de la gaieté, plutôt. Nous en faisions le constant avec une amie les côtoyant beaucoup d’ordinaire par un enseignement ludique de l’anglais. Devoir faire ses courses, est le plus désagréable. Dans les rayons, les personnes ont le visage fermé n’osant vous regarder. Se laisserait-on contaminer en se saluant et se souriant ? Dire simplement, Bonjour.

Pendant la balade quotidienne que j’essaie de varier, je n’ai jamais croisé le garde-champêtre mais me suis faite interpeller par une voisine m’intimant l’ordre de rentrer :

-Madame, c’est interdit de sortir ; vous devez rester dans votre jardin. Les gendarmes surveillent. Ça va pas durer, ça ! me dit-t-elle l’air menaçant. A coup sûr, elle est inquiète, davantage même. Je ne vois plus son mari, consigné car elle craint pour lui. Au milieu du beau jardin entretenu, il n’a pas travaillé son coin de potager, ce printemps et il ne fait plus sa petite marche. Je regrette sa gentillesse naturelle et son sourire me manque.

Les relations humaines en règle générale se sont maintenues et même resserrées. Certaines récentes, se sont étoffées. La facilité des moyens de communication aidant, on prend des nouvelles et par écrans interposés, on peut faire salon. Ainsi les comptines et histoires aux petits-enfants ou leurs dessins de bétonnière, quelle attirance pour les engins de chantier ! -, ou la maison perchée dans l’arbre de Petite poule rousse colorent avec bonheur le confinement ainsi que les clins d’œil à tout va sur la crise et les failles qu’elle révèle mais aussi les velléités et rancœurs qu’elle engendre.

Il faut tuer l’ennemi invisible. Ce n’est pas facile, il faut en créer de visibles ou comme chez Guignol appeler le gendarme qui va punir. Le bouc émissaire. Les solutions, tout quidam en aurait ; il fallait faire autrement. Oui, et alors en attendant, que fait-on, on s’organise, on se prépare à modifier nos façons de faire ?

Les dissensions de l’Union, la guerre des masques, la crainte que la mise entre parenthèses, provisoire, de l’Etat de droit ne dure, installant comme certains pays de l’ex -Europe de l’est pour ne pas aller plus loin, une autocratie.

Pendant ce temps-là, ceux qui ont toujours vécu sobrement continuent de le faire, dans la dignité. Souvent avec l’orgueil exalté par la précarité survenue ou vécue depuis toujours, inhérente à leurs origines et conditions. L’utile, l’essentiel, ils connaissent. Les choses se répéteraient à l’identique ? Nous ne changerions pas nos modes de vie, nous obéirions aux mêmes diktats. Il est à espérer fortement que non.

On s’est improvisés cuisiniers et livreurs de repas ou de courses pour des proches ou voisins ou toute autre activité, coiffeur pour son mari ou ses enfants. Aïe aïe aïe ! Fabrication de masques pour sa famille, voisins commerçants. Que de savoir-faire découvrons-nous. !

L’esprit scientifique me faisant défaut, je ne retiens pas forcément les explications concernant cette épidémie dans laquelle même les sachants avancent à tâtons et apprennent de ce virus chaque jour un peu plus. Il est redoutable et effrayant par les formes diverses de ses manifestations et selon la personne sur laquelle il jette son dévolu.

Alors, il faut lire la poésie, la prose tout ce qui enchante et pousse à l’admiration. Quel est le livre qui aurait changé notre vie ou qui l’aurait éclairé différemment. C’est souvent, les livres de l’adolescence qui nous ont marqués et en quelque sorte révélé à nous même. Regardez dans votre bibliothèque. Il y en a certainement un à relire ou un autre que nous aurions oublié. Il faut écouter de la musique, chanter.

Toutes les heures nous appartiennent et on peut les remplir, d’ennui c’est parfois nécessaire mais on a le choix entre ne rien faire ou faire quelque chose sans être absent de ces tracas du quotidien comme le petit décalage horaire qui désoriente pour nous offrir davantage de jour. Voilà le bénéfice. Un camaïeu de vert au dehors. Printemps mouillé à souhait et plus que de raison que nous avons eu début mars mais c’est sans penser à la sécheresse à venir car nous savons maintenant que nous n’aurons probablement plus les étés d’antan.

Lorsque le matin très tôt, j’ouvre les volets, je suis en joie. Instantanément. La lumière du jour est là et sans bégaiement. Elle a grandi et la voilà assortie depuis quelques semaines d’un concert d’oiseaux dans les arbres tout proches. De véritables chants printaniers, allègres et joyeux auxquels se mêle la voix des coqs. On y entend leur désir de vie qui nous ramène au nôtre. L’herbe est fleurie de pâquerettes, de fleurs de pissenlits, de mauvaises herbes et de ci de là, continuent d’affleurer les taches mauves des anémones.

Si je ne craignais d’effrayer le chevreuil, je crois bien que je jouerais à la marelle dans ma cuisine ; mais que penserait-il, lui qui se régale des derniers bourgeons des fruits rouges à venir ainsi que de l’unique rosier ; le très jeune figuier lui plaît beaucoup ainsi que la jeune pousse de la vigne vierge.

La lumière trop blanche de la lune qui a presque atteint sa rondeur maximale et qui coulait sur le jardin, hier au soir, signifiait pour moi, une veine bleutée semblant couler sur un front fatigué.

Ce matin, grand soleil frais.

Bonne santé à tous et tenez-vous fiers !

Haïku du jour.

Ça vibrionne

Sur fleurs roses du pêcher-,

L’abeille gourmande.

 

ELB

Loup y es-tu?

Loupgris.ghv. Numérisation en valeurs de gris du loup rouge.

Le petit dès son plus jeune âge a su nous reconnaitre sur l’écran . Avant de marcher il s’y donnait en spectacle sûr d »être vu ou photographié.

Dans l’atelier il a découvert les deux portraits d’Eliane .Sur l’un elle rêve appuyée à la silhouette d’un chien qu’elle ignore arrivé là sans raison. Il y avait eu tout de même l’évocation de Frantz Mark sur lequel nous avions échangé parce qu’elle en copiait le Renard, à moins que ce ne soit à cause de son tout fou de compagnon à quatre pattes …Bref , le petit me demande à chaque communication à revoir le loup.

_ »le rouge « 

_ »le bleu! »

-« le rose… »

C’est que depuis son dernier passage j’ai usé d’une petite bande de toile d’ une quinzaine de centimètres de large dont j’ai tiré quelques rectangles et sur lesquels j’ai décliné cette pose en jouant avec les couleurs qui restaient sur la palette .

Je les lui montre à l’écran , il les regarde longuement avec force mimiques;

– » Il y en aura aussi un en gris ».

Ce matin encore devant l’objectif , scénarisé par son père , d’un petit doigt potelé enduit de savon il a fait fuir sur l’assiette les grains de poivre symbolisant le méchant virus …

Le loup veille,le loup attend ,le loup guette, le loup protège . GHV

http://www.momes.net/Blog/Coronavirus-cette-enseignante-realise-une-experience-scientifique-geniale-pour-montrer-aux-enfants-l-importance-du-lavage-des-mains