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Au pas de l’éléphant: trois livres.

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1995: je calligraphiais des éléphants. Le verbe calligraphier parce que avec acrylique et encre  que je lavais après avoir respecté un court temps de séchage restaient sur le papier des lettres animales . L’éléphant qui marche sur l’eau….verbiage superflu  de peintre qui se cherche….

J’ai lu à l’automne dernier Le voyage de l’éléphant de José Saramago, prix Nobel 1998 de littérature, mort en 2010. Nous devions avec Claudine retrouver notre amie d’enfance Dalia au Portugal, à Lisbonne exactement.Je recherchais à l’époque quels auteurs portugais je ne connaissais pas ou trop peu.Je découvris donc le Portugal au pas de l’éléphant que  le roi Joao III en 1551 envoya  depuis Belem à l’archiduc Maximilien d’Autriche. Il s’appelait soliman et devait mourir en 1553.

Je retrouvais son nom dans L’architecte du sultan  de Elif Shafak, qu’Irène me confia pour le voyage en train qui en début de semaine me ramenait sur Paris. L’auteure turque mais de langue anglaise nous fait découvrir les peuples, les splendeurs , cruautés, merveilles et misères de l’Istamboul de Solimam le magnifique et de ses héritiers. L’ ambassadeur autrichien curieux des trésors de la ménagerie du sultan signale à Jahan (le cornak-architecte qui veille sur Shota l’éléphant blanc) la présence de son congénère soliman à Vienne celui de notre livre précédent. Récit de femme grouillant d’anecdotes et d’informations en particulier sur l’architecture et les liens homme-animal.

C’est encore dans le train de retour du Lot le mois dernier que j’avais découvert Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. de Mathias Enard.  Eveline(ELB, co-auteur de ce blog) me l’avait confié. Toujours au XVI  siècle, mais au tout début, Michel-Ange abandonne Rome et ses obligations auprès de Jules II et  travaille à Constantinople aux plans d’un pont enjambant le Bosphore. Ce voyage est pure imagination mais j’ai retrouvé l’évocation des dessins bien réels de Michel-Ange Buonarotti  pour ce projet  dans l’ouvrage d’Eliuf Shafak. Elle met même en scène une rencontre à Rome de son héros avec le maitre vieillissant . Les deux livres mettent en évidence les liens et affrontements culturels des deux mondes, celui des chrétiens et celui des musulmans. Dans les deux les liens amoureux : ceux impossibles  que Jahan l’architecte ne peut lier  avec  la fille du sultan et qui servent de trame au passage du temps. Plus forts et émouvants semblent les sentiments que Mesihi le compagnon frustré éprouve pour Michel-Ange.

Trois livres qu’il vous plaira peut-être de lire. Mais j’attends vos suggestions pour d’autres auteurs ou thèmes . GHV

PS: Constantinople , officiel depuis 1930 , et Istanbul sont les deux noms d’une même ville, Stamboul désignant exactement la vieille ville , l’enceinte aux sept collines, et le nom de la ville reconquise par les ottomans.

 

José Saramago. Le voyage de l’éléphant.Points .Poche.

Elif Shafak. L’architecte du sultan.J’ai lu. Poche.

Mathias Enard. Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Babel.Poche.

 

 

Lilia au Louvre

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Finie la semaine. Le croquis est du mercredi. J’avais accompagné Lilia au Louvre.

Lilia est ma petite nièce. Un choc pour moi chaque fois que nous nous voyions: elle pousse mode champignon et prend déjà des allures d’adolescente. Et puis une enfant qui réclame le Louvre ça laisse présager d’une belle ouverture d’esprit. Ce fut un moment de bonheur et de paix malgré la foule et le bruit.

Retour dans le métro; j’avais l’esprit distrait , je croquais bien sûr, j’entendais  sans y prêter attention les propos avinés, assommants certainement, d’un homme qui harcelait une jeune femme et son enfant.Tout est allé très vite: deux gars n’en pouvant plus lui ont intimé l’ordre de se taire. Mais goguenard , englué dans sa sottise il les nargua. L’un des deux bandait déjà ses muscles:

« T’arrête , tu la laisses sinon je t’écrase.  »

Il l’aurait fait. Il l’a peut-être amoché après l’avoir poussé hors du wagon  et projeté sur le quai. C ‘était Rambo en fureur contre la sottise et la misère. Pendant quelques instant j’avais posé ma main sur son bras  nu -bronze noir, marbre- naïvement persuadée que ce contact le détendrait, le rappellerait à la réalité. D’autres aussi essayaient de le retenir. Impossible de croiser son regard. Alors que je m’éloignais l’algarade continuait . Violence.

En débarquant du train au dessus de l’avenue Jean Jaurès à Epinay sur Seine le ciel était noir et menaçait d’orage. . Une bourrasque en quelques minutes a dispersé les nuages. Il n’a plu qu’une heure plus tard. GHV

 

 

Mot d’enfant.