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Croquis du train à revoir

En roulant vers Stain

C’ est la page la plus visitée du blog. Pourtant voilà longtemps que je la délaisse. Occupée ailleurs pour quelques jours je la propose à nouveau à tous ceux qui veulent la revoir ou la découvrir…

https://trainsurtrainghv.com/croquis-du-train-2/

Ce que je pourrais dire. A suivre…

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Cartographier les vents, j’en ai rêvé, Aeolus va le faire. Qu’en aurait pensé Eole ?

Le maître des vents de la mythologie grecque qui les enfermait dans la grotte ou bien les déchaînait en prend un coup. Aeolus ne va pas les libérer ou les contraindre ou nous héberger comme Eole l’avait fait pour Ulysse avec lequel il enferma les mauvais vents dans l’outre.

Le satellite européen nous avertira un peu plus tôt des caprices venteux et nous serons mieux préparés à ces assauts violents et soudains parfois virant au cauchemar. Le Nord paraît pour le moment moins vulnérable que le Sud mais pour combien de temps ? Cette avancée technologique devrait permettre de diminuer l’ampleur d’une catastrophe dite naturelle. Hélas, il y aura toujours des phénomènes météorologiques subits et violents comme ce que viennent de connaître l’Aude et un peu plus tôt, le Var.

En cause, les cours d’eau déviés, la « bétonisation », le non entretien des berges et plus largement l’activité humaine et économique ordinaire. Comment poursuivre sans tenir compte de cela. Comme si rien ne s’était passé. Il y a déjà pas mal de temps que l’on sait que le désert avance et que le littoral est partout érodé. En Espagne, outre le désert des Bardenas depuis longtemps connu, s’en préparent d’autres notamment dans le sud-est et l’Andalousie dont certains ont servi de décor de western. Voir se rétrécir ainsi les terres et se polluer l’air devraient donner à tous nos dirigeants le courage politique de miser sur le changement radical de notre manière de penser et d’agir. La fabrication et la vente d’armes sont plus rentables. Nous aideront -elles à trouver de l’eau et des forêts pour tous ?

Nombreux d’entre nous, sur la planète, seraient concernés par une demande d’asile climatique. Aeolus pourra réduire leur nombre et c’est tant mieux mais la folie des hommes-formule consacrée-, va-t-elle s’apaiser avant. Partons flotter en Eolie où nous suivrons tranquilles, et de loin, la route des 40ème rugissants aux 50ème hurlants.

J’ai coupé le mois dernier, la contention métallique autour des troncs d’arbres qui les préservaient des chevreuils, gourmands de bourgeons et de jeunes pousses ; pour deux d’entre les chênes, il était grand temps. J’avais l’impression de leur rendre une forme de liberté, en tout cas une respiration plus normale, corsetés qu’ils étaient et meurtris même dans leur chair puisque en tirant le grillage découpé, la mousse et l’écorce de l’arbre avaient suivi. Pour d’autres, simple toilettage : libéré du lien trop serré du lierre qui fait son œuvre sautant d’un arbre à une ou plusieurs pierres menaçant la chute d’un muret en partie recouvert de mousse. Ma journée commençait en quelque sorte par une grande inspiration, thorax grand ouvert sans la moindre gêne. La glèbe allait pouvoir s’exprimer. Que vont devenir ces arbres, peut-être est-ce trop tard ; sècheresse en prime, ils ont beaucoup souffert, me dis-je.

Le vert s’était fait oublier au jardin ; il a plu et je trouve naturel à mon retour, le causse un peu reverdi. L’étonnement et non la surprise de voir quelques fleurs de safran, écloses me ravit. Le matin, étonnement de voir la lumière du jour, le soleil se lever. Ce ne peut être de la surprise, c’est le scénario quotidien mais comme une magie renouvelée. Étonnée aussi, dans un tout autre registre-, par les progrès et la prouesse de la chirurgie. Du bricolage de pointe !L’homme va bien.

La nuit m’avait semble-t-il, redonné souffle au paysage asphyxié. Le jour plus court et le soleil plus bas avec en prélude un faux-semblant de lumière automnale.  Le matin tôt flotte un air fumeux comme une brume naissante. La nuit vient plus tôt qui me surprend encore ; le jour qui finit a toujours comme un goût de fin d’été, de plaisirs partagés. On s’habitue au soir qui noircit tout.

Murmure bruissant comme une mer lointaine, le vent dans les arbres. C’est le vent d’automne. Du fond du ciel montent la rumeur de gros nuages chargés de pluie. L’heure d’hiver au cœur de l’automne très fraîche, ce matin, nous fait frissonner .

ELB

A suivre, demain.

Ci-dessous le lien du blog d’un dessinateur humoristique, G Labruyère, avec une de ses rubriques, précisément nommée Aeolus.  https://gilscow.wordpress.com/aeolus/

Le biscuit

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« Repas, banquet… »: qu’évoquent ces mots pour toi? Ch. interrogé devant sa première tasse de café répond presque spontanément : » la Cène ». Je sais, il a gardé de son passage à Milan un souvenir très fort de la fresque de Léonard de Vinci.

La même image s’était présentée à mon esprit quelques instants plus tôt alors qu’encore sous la couette, un livre de Michel Serres à picorer entre les mains, la tête en friche, je cherchais l’idée d’un repas à organiser pour six voire plus, quelque chose de symbolique et chaleureux…des réjouissances. Et voilà que je tombais sur cette page où l’auteur sur le thème des tables évoquait lui aussi la Cène, la liturgique, non l’image restituée par un peintre .

Et moi alors de me rappeler le Festin de Babette lu récemment mais je n’ai pas vu le film, la Grande bouffe de Ferreri , le Banquet de Platon (Michel Serres le cite aussi )…Aussi de mon enfance le souvenir du banquet des chasseurs, ou celui  des « anciens » , des repas de noces ou des funérailles. Dans l’ordre : le  dogme institué du partage, l’ode au Clos-Vougeot et au raffinement culinaire, la désespérance, les questions posée sur l’Amour et enfin  les rites de nos bonnes sociétés.

Pour ces agapes que je prévois il me faudrait les convives choisis, des odeurs, des saveurs,des paroles, quelques rituels et de la joie. Quoi encore?GHV.

Illustration GHV: Le biscuit ,croquis du train entre Gare du Nord et Epinay sur Seine.