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Le temps rempli…

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File le temps. Le blog en pause.Laissé passer quelques envies qui m’étaient venues. Par exemple celle provoquée par cette rencontre au parc avec l’un de mes modèles du train, le genre de type cassé par la vie dont on garde en mémoire la silhouette, son sourire très doux ,son histoire imaginée. Pourquoi  ne  pas  écrire un billet sur tous les inconnus de mes carnets  me dis-je? Et puis quelques occupations m’ont distraite…

Evelyne(ELB) est venue du Lot pour quelques jours sur Paris, venue pour téter l’air de la capitale avec la liste de expositions qu’elle pourrait voir tout en faisant le tour des amis.

Elle m’a entraînée à Beaubourg. Après les prix Duchamp (Beaucoup de vidéos cette année dont le film de Marie Voignier que nous avons pris le temps de regarder : 90 mm sur l ‘Afrique. Paysages et éléments de la nature envahissent l’écran comme un rideau de scène animé ; à la puissance qui s’en dégage les comportements humains opposent leur singulière présence. Il y a peu pour comprendre tant tout est énigmatique.Cela ressemble à un constat de notre ignorance mêle à celle de de la perception fragilisée que les autochtones ont de leur propre territoire  Beaucoup aimé.) nous avons trainé à l’exposition  de l’architecte Tadao Ando. J’y reviendrai.

Vu aussi et un peu trop rapidement car l’exposition touchait à sa fin mais il existe des livres, les photographies de Denise Weiss dont les photographies des années 50  font ressurgir ce monde qui n’existe plus, de « petites » gens  , d’enfants dépenaillées au regard gouailleur ou curieux, où ombre et soleil , noir et blanc, tissent des scènes qui n’existent pas  dans le monde des photographes  couleur. Coincidence  combien heureuse  Denise Weiss signait   à la librairie Gallimard du centre. C’est ce qu’un visiteur fan me glissat à l’oreille. Le temps de trouver sur un présentoir une reproduction  à lui proposer pour son paraphe et  quelques instants pour qu’elle se prêtât volontiers à la pose et j’avais d’elle un croquis qui me rappellera la gentillesse et la spontanéité  qu’elle dégage…Merci à Evelyne qui ne voulait pas la manquer. GHV

 

denise.weiss 001PS: c’est ce portrait que je lui donnais à signer et qu’elle découvrit là avec surprise peut-être parce qu’il ne correspondait pas à la période exposée. Elle se rappela avoir saisi le minois entre deux sièges d’avion.

La petite pisseuse

J’avais vite, vite, sorti mon carnet(10/15cm ,ça tient dans la poche ) et le soir rajouté un trait ou deux juste assez ou trop pour agacer mon jugement.

Le lendemain matin tout près du massif derrière lequel j’avais vu la gosse se soulager , samedi  donc , j’ai croisé un regard , un de ceux qui vous retient et vous  engage au sourire. Jeune femme trentenaire, son portable calé à hauteur de nez …

-« Qu’est-ce qui ravit votre œil de photographe? »

_ »Les arbres . Les arbres sont très beaux ici. Je ne savais pas qu’il y en avait d’aussi beaux à Epinay.

Toutes deux le cou tendu vers l’arrière nous avons au dessus de nos têtes la trame délicate et ajourée  de la nef de tilleuls mis à nu par l’hiver dans l’allée qui relit la rue de la Chevrette au pont des Econdeaux  devant les écoles vides à cette heure  et en peu de temps nous partageons souvenirs, descriptions de parcs, idées de promenades, localisations de quelques phénomènes arborescents, considérations sur les saisons et aussi sur les aménagements et changements dans la ville…

-« Partie depuis vingt ans…C’est si beau! Oui j’irai , j’irai voir. »

 

Mardi matin  mêmes regards ravis et même soif de mettre en boite la neige blanche et poudreuse du parc des Béatus  pour trois jeunes  vietnamiens : » c’est la première fois que nous voyions la neige. » GHV

 

Répétez après lecture: »désubstantialisation »….

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Le mot est ardu et c’est celui qui m’est venu à l’esprit lorsque je me suis refusé à photographier la Tête sur tige de Giacometti montrée lors de l’exposition à l’Hôtel Salé (Musée Picasso).  Je ne sais si comme moi vous pensez qu’il y a  » désubstantialisation »  dans les images de l’art photographié , perte de ce qu’autorise la présence à l’objet. Il est bon même si nous aimons consulter les livres, les catalogues d’aller se frotter à l’oeuvre . On le contourne, on le soupèse du regard, on en respire la matière ,on imagine les mains sur le plâtre.

J’ai préféré montrer  cette photo  d’Irène qui m’accompagnait: l’ombre comme image décalée. Je ne sais si Giacometti prêtait attention aux ombres portées de son travail. Les musées si qui travaillent leur éclairage et offrent ainsi une autre  vision du réel  ,le réel étant ici oeuvre d’art .

-« Celui qui tire la langue remarque  Irène . J ‘ai pris son ombre. »

-« Non ,une bouche ouverte » lui dis-je et de la convaincre en la ramenant devant le bronze. GHV