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Stéfany Mulet-Avella cruciverbiste

 

Hier soir jeudi 14 vernissage de l’exposition de AA263 à la galerie AAB. Des A en pagaille.Nous y exposions toutes deux. Et toi avec une installation vidéo autour d’une grille de mots croisés

Ha ha ha…

Cruciverbiste toi? Stéfany je t’ai demandé si je pouvais parler de ton travail sur le blog. Quelques mots t’ont suffi pour m’expliquer le pourquoi du choix d’une grille de mots croisés -en l’occurrence de Philippe Dupuis , cruciverbiste du Monde – pour en faire une lecture modulée , incarnée, déclamée, quelque chose de la voix de Jeanne Moreau. C’est que cruciverbiste tu ne l’es pas du tout, vraiment pas , un monde hermétique à tes yeux . mais pas pour ton esprit .Tu t’es voulue sensible à la poésie distillée par la succession des définitions . Cela t’a paru évident ainsi que lui donner une dimension théâtrale en projetant le fruit et le bruit  de ta bouche sur l’écran Véléda où chacun pouvait inscrire ses réponses. Cette bouche je la connaissais déjà à cause des baisers rouges imprimés en essaim sur un ciel blanc de papier, mutique mais si léger. Le reste est anecdote. Une œuvre doit se suffire à elle-même et que j’ai perçu d’emblée tes intentions en prouve l’efficacité. Je te laisse le soin en faisant réponse à cette article de les exprimer plus personnellement.

Ha ha ha….

Dans un angle trainait un autre audio casque : vos deux rires entremêlés pour deux minutes et plus, celui de Denis Garcher et le tien. Les rires peuvent faire conversation.

Ps: l’exposition court jusqu’au dimanche 17 avec neuf exposants .Pour ma part trois toiles inspirées du Carnet de Maud. . 

A dimanche Stéfany?  Je passe à partir de seize heures. GHV

PS: Si vous avez loupé le son

 

 

 

Ce que je pourrais dire.

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La couronne de pommes de pin en entourant le pied de l’arbre, laissée par les petits parisiens, un chouchou oublié, des livres dispersés, un fond de bouteille, un dessin sur la table sous le tilleul,  des mouches  terminant le goûter, le ballon en mousse coincé sous la petite table et dans les sapins, le bleu du hamac qui ne bouge plus. Fin de partie ou de récréation avant les prochains congés. On envoie des photos ; c’est promis puis on donnera davantage de nouvelles et on se voit bientôt.

Nous sommes, comme revenus chez nous, en possession de notre vie qui reprend son cours normal, au rythme de la saison qui vient. Le vide et le silence parfois qui suivent le départ d’amis ou de familiers chers, c’est un peu le retour de l’existence ordinaire. Rythme plus lent comme apaisé après l’été désordonné et haletant des températures.

La lumière est plus courte et le soir vient plus tôt. La nuit estompe les contours ou souligne quelques reliefs dès que les premières étoiles envoient de leur lueur mais la pluie les a chassées un temps du ciel.

Il m’avait semblé que l’automne était loin bien qu’un ourlet de feuilles jaunies sous les tilleuls était déjà là avant mon départ pour quelques jours dans les Vosges. Je ne sais si c’est sa ligne bleu ou vert qui avait tout balayé de mon esprit mais de retour sur le plateau calcaire le jaune et le roux me sautent aux yeux et je dois admettre que malgré la certitude de beaux jours à venir-car l’arrière-saison y est presque toujours belle et lumineuse, le temps, la lumière ont commencé leur œuvre.

La lumière chaude du pays de Cocagne qui,  le soir venu grâce à la lueur de la lune semblait bleuir les collines et les coteaux ainsi que les reflets du soleil, tard le soir, sur le canal royal à Sète paraissent bien loin.

Pour se réconforter la confiture des derniers abricots et celle des figues. Je n’ai pas définitivement rangé mes espadrilles car, ne plus sentir la corde sous le pied signifie que l’été a passé;  l’espadrille est  pour moi presque synonyme de temps suspendu, allant avec une certaine légèreté de la démarche à moins que l’on choisisse de traîner les pieds comme pour mieux éprouver cette nonchalance du corps plus offert à la lumière de l’été et à une certaine chaleur.

Beaucoup plus d’oiseaux ces jours-ci picorant dans les arbres et sur l’herbe comme si la pluie et la fraîcheur les ramenaient vers la maison. Les hirondelles sont parties, dirait- on. Les noix commencent à tomber et les pommes de terre ramassées l’on sait que l’automne arrive tandis que le maïs a lui aussi jauni le paysage.

Le retour des activités et les retrouvailles des amitiés associatives nous font entrer dans la vie, la vraie, dans le temps que l’on fait sien en partie et c’est alors la vie de certains qui fait une pause chaque semaine.

Précaires, démunis, comme si en venant s’interroger sur le désordre du monde, de ses affaires entrelacées, en feuilletant le journal ou quelques livres, ils tentaient de démêler une sorte de nœud autorisant ainsi  leur esprit, à ’être plus léger comme délesté des ennuis du quotidien, de la paperasse. Un peu absents à eux-mêmes comme en repos bien mérité après le combat discret des jours difficiles.

Le discours désordonné parfois difficile à décrypter de quelques-uns ainsi qu’une joyeuse agitation en habitant d’autres en  retrouvant  un camarade d’infortune. On sait bien que chacun a avec soi-même les arrangements qu’il peut. La pelote dans sa tête est tout en embrouillamini et forcément il y a un fil à tirer mais celui qui le relierait à lui-même et donc aux autres, n’est pas toujours accessible.

La voix rauque, grave, presque celle d’un homme, s’accélère et parfois le regard se fige. Hagard, interrogateur, je ne sais dire. On dirait qu’elle cherche quelque chose, mais quoi ? Le sait-t-elle d’ailleurs ? Est-il utile que je le sache ? Non. Elle est là, vivante qui joue avec les mots.

Les cheveux grisonnants qui se recourbent sur l’épaule et adoucissent ce visage à large bouche qu’un rire soudain agrandit encore feraient presque croire à celui d’une jeune fille. Comme quelque chose de naturel presqu’originel même dans la voix qui refuserait l’écho ; juchée sur sa mobylette, elle mord le vent et le jaune des champs bleu à la lueur de la lune.

Retrouve-t-elle,  peut-être, l’ivresse de ses 5 ans lorsqu’elle dévalait la glèbe à toute vitesse.

Me revient alors en mémoire un vers de Marc Alyn :

 « Je n’existe pas à plein temps, je suis avec ce qui commence.»

 

ELB

Arbres si beaux.

bords de seine-epinay (6)

Le printemps passe trop vite. C’est ce que me dit Françoise alors que nous suivons le chemin de halage le long de la Seine à Epinay . Nous nous arrêtons devant le saule dont je sais avoir photographié le corps insolant de santé vigoureux et nu  il y a trois semaines  à peine. Aujourd’hui le squelette massif est comme enchâssé dans un écrin de verdure.

arbresibeau

 

Il y a quelques jours  Evelyne (ELB pour les habitués du blog) m’accompagnait sur un de ces chemins lotois  qu’aucun guide de chemins de randonnées ne mentionne,entre Miers et Padirac, blanche castine et haies tendres ,soleil , bleu  bleu le ciel. Trop bleu: Robert Doisneau séjournant chez son ami Jean Lurçat  aux tours de St Laurent désespérait de le saisir en couleur.

Dans ce petit val un ruisseau murmure que les herbes déjà hautes dissimulent au regard. Les prés ne seront plus jamais aussi verts qu’en ces derniers jours d’avril ni aussi délicatement fleuris. Les arbres à l’assaut des roches taillées dans les derniers mamelons du limargue leur font une ombre encore légère. Je songe à ce livre dont nous parlions peu avant : Sur les chemins noirs de Syvain Tesson.

 

 

françoisedessinant

Promenade spinassienne terminée au Bistrot de Paris rue de Paris face à la médiathèque .D’ordinaire  la clientèle est surtout masculine mais nous nous attablons à côté d’ un trio de vieilles dames que Françoise croque et je croque Françoise. En silence ou presque après avoir évoqué les plantes, oiseaux, amis, nos vies aussi, le travail entrepris à l’atelier.Nous n’avons pas évoqué les élections. GHV