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Vanité.

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Cinq jours depuis le départ des « petites » . Le bonhomme éphémère  attendra-t-il  leur retour sur  l’étagère de la cuisine? Elles n’ont pas vu les matériaux se transformer , les couleurs lentement changer de nuance et les formes se crisper en se desséchant . Magie. Michel Blazy en a fait sa manière  par exemple en  empilant des zestes de citron pour nous offrir le spectacle de  leur  décomposition, leur vie encore et encore …Une manière aussi peut-être de remettre au goût du jour la vanité.

Vanité: ce qui est vide et illusoire nous dit le dictionnaire de l’esthétique.

« Mignonne allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose… »

Tout est périssable.Victor Segalen* le résumait ainsi: « Point de révolte: honorons tous les âges dans leur chutes successives et le temps dans sa voracité. » GHV

*J’ai retrouvé Victor Segalen le poète au hasard d’une lecture Sur les traces de Paul Gauguin de Coatelem  (Merci Evelyne)  pour le découvrir  voyageur et amoureux de l’art du peintre qu’il découvre lors d’un séjour aux iles Marquises juste après la mort de Gauguin . La citation est tirée du poème Aux dix milles années. GHV

Pour voir des œuvres de Blazy

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Enfance du nouvel an.

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La plu-i-e en perles sur le fil à linge lotois  d’Evelyne (ELB) et la pluie qui gifle par à-coups mes carreaux à Epinay …Dimanche gris.

La radio distille une émission que je voudrais suivre plus attentivement : Stéphane Floccari sur Europe interviewé par Eindhoven . A paru de cet auteur que je ne connais pas un titre : nietzsche et le nouvel an..

L’enseignement de la philosophie doit commencer dès la toute petite enfance avec l’éducation au sens des mots.

-« Dis  petit,  sais -tu  ce que  signifie toujours? »

Pour un jour comprendre et discourir et penser éternel et sempiternel comme viennent de le faire sur une expiration et en trois phrases nos deux philosophes. GHV

Ed.Encre marine- nietzsche et le nouvel an de Stéphane Floccari.

 

 

Le fils

« On ne peut tout réussir » lui ai-je dit pour apaiser mon propre désarroi. « Je sais » m’a-t-il répondu. Nous venions de vivre une crise alors que Giusepina depuis quelques jours déjà partageait notre chez nous . Elle semblait y trouver ses repères, chassait un peu les démons ,souriait plus souvent et bavardait  au rythme des visites , des repas, des soins et des repos dans le fauteuil. D’une voix adoucie il lui arrivait d’évoquer la « fin « . « Tout a passé si vite »

Ce soir là elle avait refusé d’aller dormir et nous fatigués, vannés nous n’avions pas su trouver les mots…Sa colère me touchait moins , préservée par le recul que me donnait le statut de belle fille.

C. lui prenait en ce cas là encore et comme chaque fois tout à cœur, tenant pour argent comptant  les paroles proférées.

Voilà quatre ans qu’elle luttait chez elle, attachée à ses meubles, à ses biens, évoquant pour tromper la solitude la présence de son Giuseppe, de sa mère, chauffant d’innombrables casseroles de lait pour les « petits », dissimulant les manques de la mémoire en prétextant des vols, soupçonnant l’infirmière, les personnes de passage, même les plus proches. Toute son énergie elle l’utilisait à donner le change, à garder la main mise sur son quotidien. Seules ses colères donnaient une idée de son impuissance.

Souffrance de la fratrie. Il y avait ,il y a encore,les visites quotidiennes. Certains prétendaient ne pas reconnaître leur mère. Un autre souffrait d’être méprisé.  Un autre remarquait qu’ à soigner les siens avec tant d’abnégation elle s’était épuisée et éprouvait un sentiment d’injustice et d’abandon.C. expliquait que n’ayant jamais vécu seule elle étouffait de peur. Et moi pour les conforter: »Elle a de la chance de vous avoir. »

Trop brusquement il y a eu cette chambre libérée à la maison de retraite et son entrée précipitée. Sourires et propos respectueux lors d’une visite lui avaient donné une image rassurante du lieu mais cette deuxième fois le transport en ambulance fut  sans retour alors qu’elle espérait rentrer chez nous. Pendant des années cela avait été sa hantise: être dans une maison avec des vieux sans les siens.

Il s’est fait un grand silence.

Il reste à C. à trouver comment entendre ce qu’elle cache si bien . Comment les aider ? GHV