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Testament.

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Pour ce qui est des livres cela me pose quelques soucis. D’autant plus que j’en achèterai bien d’autres. Peut-être en garderez-vous quelques uns ?. Pour le reste , parce que je viens de terminer ce titre de Toni Morrison Délivrances et bien donnez-le à la bibliothèque d’une prison. Je suis sûre que vous me comprenez même si vous ne l’avez pas lu.

Fait à Epinay sur Seine le vingt neuf avril deux mille dix huit. GHV

 

croquis: Mme V. ,maison de retraite d’Epinay.

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Enfances croisées.

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Je leur ai amené le poupon. Pour que Giusepina voit son arrière petit-fils mais aussi pour leur sourire à toutes.

A six mois il sait très bien y faire avec les dames, leur laissant même croire qu’il les reconnait depuis sa dernière visite. Les récriminations ont cessé. De l’une à l’autre, il allume les regards, adoucit les visages, redresse les nuques , électrise les mains et motive les exclamations…

Madame L. , aveugle: « où il est le poupon? Ah le voilà,. qu’il est beau. »

Et les questions: « Il est à vous? C’est le mien? Ah non ce n’est pas le mien. il est gentil.  »

Sûr qu’il est gentil. Pas de froncements de sourcils comme lorsque je le prends dans les bras, » mamie tu m’agaces un peu » , mais ses petites mains accrochées à leurs joues, son front appuyé contre le leur et sa petite bouille d’ange juste pour chacune.

Giusepina me voit un peu déconcertée le passer de fauteuil en fauteuil, puis se rassure lorsqu’elle le tient sur son giron , nos quatre mains pour le maintenir.

Elle ferme les yeux et somnole.

Le soir l’infirmier a appelé. On l’emmène à l’hôpital pour sa jambe trop chaude, trop enflée, inquiétante. GHV

Illust: Madame. P. GHV

 

Mères.

ma mère

Il y eu ce matin sur mobiles un chassé croisé de commentaires sous la photo du petit Roméo appuyé à son portique. A six mois on trône avec conviction.

-« Compétiteur? Haltérophile c’est mieux » dit la tante.

-« Témoin à la barre » pour la mère

-« Futur ministre, non…président ! »pour la grand-mère que je suis et j’ajoutais: « c’est que je lis La promesse de l’aube de Romain Gary ».

Je l’avais laissé sur la table de la cuisine et retrouvé après deux semaines au grand air.

C’ est le genre de livre que l’on se doit d’avoir lu . Il en a même été tiré deux  films que je n’ai pas vu. Livre refermé  un peu déçue par le ton gamin du récit, à la page 206, chapitre XXII , juste après avoir vu descendre M.Zaremba  de son taxi  et  appris qu’il resterai un an dans l’hôtel tenu à Nice par la mère de Romain Gary.  Encore un récit de mémoire sur l’enfance  et l’ adolescence  m’étais-je dit.

Au retour je n’ai pas lâché le livre . C’est au delà du portrait d’une mère bête à pleurer, excessive, prête à tous les sacrifices, enfin presque, ridicule souvent et affublée de la beauté que les enfants reconnaissent à leur génitrice un hommage à sa détermination, une explication au destin de Romain  Gary . Car toute sa vie elle lui martela: « tu seras, diplomate, homme à femmes, Victor Hugo, héros… ». Ce qu’il fut évidemment. Elle avait sans cesse œuvré pour cela.

M. Zaremba , peintre que j’ai imaginé de fleurs ou de chevaux, n’eut pas assez d’une année pour la convaincre de l’adopter , de lui céder ne serait-ce qu’une miette de cet amour inconditionnel.

Histoire rocambolesque. L’humour qu’il manie fait tout passer et empêche l’auteur de pleurer, lui permet à travers les dizaines d’anecdotes  de révéler sans forfanterie , avec dérision , le héros qu’il fut vraiment, le travailleur acharné, l’écrivain  de renom, le compétiteur  viril, l’heureux jouet de la vie, amené à réaliser ce que mère avait voulu.

Surtout ne rien révéler de la fin . Le livre allégé des évènements si chaleureusement racontés aurait tout aussi bien fait une nouvelle à la chute épatante et émouvante.

Bon , me dis-je encore un livre d’homme , mais quel extraordinaire portrait de femme. Qu’aurait-t-elle voulu comme destin pour une fille? GHV

La promesse de l’Aube. Romain Gary. Ed.folio poche