Archive | Carnets RSS for this section

Eau-de-Café

Bambouler: « …et les pieds du lit bamboulèrent. »

La craintitude: « ...qui mettait parfois Marraine dans un état de craintitude débornée. »

Ah, la truculence des mots dans ce livre où la parlure peut être dite « saisonnière »,où le causer se fait en boissonant…Chaque personnage, puisque il s’agit d’une histoire, à l’abri de l’océan méchant, à Grand-Anse (en 1962 il me semble), en terre de Martinique se campe avec ses actes et avec sa déblatérance et nous entraine du présent au passé et vice-versa La craintitude, l’ émerveillation, la pucilité des fillles,,l’amicalité, la claireté du jour,l’illusioneté de la vie,la couillontise ,tous mots qui font s’affoler sur l’écran en ondulés rouges le correcteur de ma page mais pénètrent sans façon mon imagination…Truculance de la langue.

Mais que ou qui sont le chrysocale qui n’est pas or,les ravets d’église,le parler couli?

Voilà que ma langue, le français, s’est inventé ici une régénérescence, une vivacité un entrain dont on se demande si ce ne pourrait être le seul intérêt du livre.

Qu’ai-je compris au déversement , au déferlement de propos, de récits?

L’auteur-narrateur Raphael Confiant lance une recherche dans cet écheveau embrouillé : trouver les deux bouts du fil qui résoudrait le mystère d’Antilia la trop belle négresse noyée. Or il s’avère que les fils sont multiples, les noeuds inextricables et que fouiller dans l’énigme de ses propres origines ,dans les méandres de son identité devient une épreuve initiatique.

La quête vouée à l’échec de ce jeune insulaire revenu au pays aboutit à un récit picaresque, mystérieux , comique parfois. Comment trouver une explication rationnelle au mystère que fut Antalia, « la fille de plusieurs pères »,la trop belle négresse qu’éleva sa « ‘marraine » lorsque beaucoup sur elle se taisent, d’autres délirent, ou encore transforment .

Du carnet nov.2011,repris en sept.2012.Croquis du train aquarelle.

Chaque province française a ses auteurs. Je les lis peu. Même ceux de mon Lot natal dont certains se sont taillés une belle popularité en puisant en amont, ne m’attirent guère. Peut-être est-ce parce que je n’en connais-je aucun qui situe le récit dans notre présent. ELB ou d’autres sauront peut-être nous en conseiller de plus actuels. GHV

Rideau d’Epinay.

Saisir ce que le front appuyé à la vitre je viens de ressentir, ce qu’aucune photographie ne saurait atteindre. Sur un carton avec les restes de la palette de l’après midi. Saisir le rideau tendu suspendu entre deux immeubles . Que cache-t-il?.GHV

Voile.

Je relis l’article précédent, celui d’ELB. La radio distille les nouvelles. L’écho en est différent sous les horizons des causses lotois et devant les tours d’Epinay sur Seine.

.Certes nous ne portons pas le voile mais nous marchons sur la tête et si peu protégées (és) que cela fait mal. Voilà bien une nouvelle forme d’autisme social qui veut que nous ne communiquions plus pour le partage , la confrontation et l’acceptation des cultures mais en faisant circuler des idées toutes faites, des opinions brumeuses qui nous figent dans la peur.

Des mères voilées j’en ai côtoyées, j’en côtoie. Certaines, je m’en souviens avec reconnaissance , ont accompagné les groupes d’enfants que je guidais au musée. J’étais alors professeur d’arts plastiques à la ville de Paris. Il y avait dans ce quartier du Xème arrondissement de Paris des parents d’origines multiples. Leur progéniture rayonnait du bonheur de les avoir avec eux.  Germaine Richier, Matisse, Frida Kalho, Hockney, Renoir, le Gilgamesh de basalte de la Perse antique proposaient  aux deux générations confondues un terrain de découverte, de questionnement sur l’art et sur la vie et pourquoi pas sur le religieux , que le mot ne soit pas tabou lorsque il s’agit de se cultiver.

Reléguer ces mères voilées à leur foyer relève d’un archaïsme que nous ne pouvons défendre ; elles font partie de notre société et leurs enfants de la génération future. Et adultes que penseront ils de notre méfiance ? Si nous ne savons pas transmettre, instruire, où irons se nicher leurs envies? Où et quand et comment trouverons nous les moyens de lutter contre l’obscurantisme ?

Et pour offusquer mes petites filles je conclurai ainsi ,qu’il serait bien et bon que certains se retirent le balai qu’ils ont dans le c.. et retrouvent leur bon sens.

GHV