Archive | janvier 2020

Oui bonne année!

Pensées du jour pour toi Evelyne alors que je viens de relire ton dernier billet pour lequel j’avais épinglé une carte du Lot d’où tu écris alors que je te réponds de Seine-Saint-Denis.

Apéritif mercredi soir chez madame C. au troisième étage, escalier 5. Quatre vingt cinq ans, la délicatesse d’un oiseau, la coquetterie parisienne, son bagage(je te cite) de plus en plus léger…Son jardin de la Nièvre lui manque. Certes l’hiver est plus confortable en ville.

-« Comment passez vous vos journées? »

-« Je m’ennuie! Il est vrai je me refuse le club du troisième âge, je n’irai pas au repas des vieux. Avec la seule amie qui me reste nous allons chaque après midi nous promener Mais elle ne peut m’accorder ni son mercredi ni son dimanche…Alors se lever tard rend les journées plus courtes »

Comment imaginer le futur lorsque vos yeux sont atteints par le glaucome, que conduire deviendra impossible , que les lunettes ne permettent plus la lecture, encore un peu la télévision ?

Elle glisse vite vers des sujets plus gais et se montre intarissable sur La Cuisse de Bergère, petit vin rosé d’Anjou. »Léger, léger… »avec le ton du professeur Tournesol pour une célèbre marque d’huile.

Il y a quelques années, croquis du train…GHV

L’âge vous amène à moduler votre discours. De même avec Régis Debray que l’on connut batailleur, engagé, qui souffrit la torture en Amérique du sud et revint en son pays pour y faire oeuvre diplomatique et philosophique …et qui dans un opuscule , Tracts Gallimard ,janvier 202l , Le siècle vert.Un changement de civilisation, 4,90 euros, s’interroge lui aussi sur les temps à venir après un rapide condensé de ce qu’il constate: en fait une émergence? la main mise sur tout de » l’homme de la nature ».Comment les idées de son siècle rouge perdureront elles? Seront elles transmises vers le siècle des verts sans que celui ci ne devienne celui des kmers verts? Le ton inquiet se veut toutefois optimiste: confiance à la jeunesse. Son témoignage reste une lutte.

Ma fille me parle de son amie de lycée qui va monter sa propre boite. « D’économie circulaire ». Je file sur internet- ne pas mourir idiote- et je lis le programme du gouvernement en ce domaine. GHV

Nouvel An.

 

Il est courant pour bon nombre d’entre nous que chaque début d’année devrait inciter, induire résolutions, bonnes ou mauvaises et autres projets ou envies reportés ou déclinés. Rythme ou cadre de vie, contraintes diverses ou objectifs abandonnés tel que retrouver une camarade de classe que les différents déménagements ont fini par éloigner érodant le fil qui nous reliait.

La vie secrètement brouille les pistes si on ne les entretient pas.

IL nous semble à distance que l’an passé, c’était un peu pareil mais on recommence s’intimant secrètement l’ordre ou plutôt se choisissant tel ou tel défi ou réalisation comme une lecture essentielle ou la découverte de tel lieu laissé de côté ou encore une visite à quelque ami qu’il faudrait plus régulière comme celle faite à une vieille tante ou oncle dont le mince bagage toujours se réduit davantage et avec qui, les adieux et discussions se font de plus en plus brefs. Tout en économie, présage d’une fin se rapprochant.

La liste de nos envies est longue et c’est bon signe. Dans un cas, du temps à rattraper et au mieux un désir, un instinct de vie ou survie chez certains malheureusement. Quoiqu’il en soit, la lumière est là qui pousse de son aiguillon le jour, très petitement certes, mais la vie devant soi à poursuivre et à tisser avec les autres est bien là.

Le rangement de fin d’année quand chacun a eu son compte de douceur, tendresse, cadeaux minuscules, petits ou grands, attention à l’autre, en famille ou entre amis et que l’on a retrouvé ses pénates pour se détendre à nouveau sur le plus confortable de ses fauteuils ou canapé ou encore que l’on soit allé renifler l’air de la montagne ou de la mer pour prendre force, est toujours, au moins en ce qui me concerne, plein de surprises. Grâce à une boîte malencontreusement renversée, il m’est tombé des mains un tout objet insolite de couleur verte ; j’ai pensé à un de ces trésors amassés par mon petit-fils qui va du bout de bois au lisse caillou ou galet, en passant par la bille irisée.

A y regarder de plus près, c’est un petit morceau d’une bague perdue ou oubliée et pourtant à laquelle j’étais fortement attachée car reliée à un moment de retrouvailles et de pause proche des calanques de Cassis, il y a un peu plus d’une vingtaine d’années. C’était un petit pavé rectangulaire de malachite frappé de minuscules marcassites qui brillait sans ostentation. Chaque année nous ramène quelque surprise ou trésor oublié.

Je n’ai pas lu toutes les BD de Catherine Meurisse, Les grands espaces ou Delacroix, son dernier mais j’ai en tête toujours présent, celui paru, à quelques mois près, un an après l’attentat de Charlie Hebdo où elle travaillait et la préconisation est toujours de mise :

La légèreté.  A quoi chacun ajoutera la douceur, la bienveillance qui parfois agace, le mot plus que la chose-, car comme tout mot trop dit, répété, entendu, se galvaude. De la curiosité et du discernement dans un monde que l’on essaie toujours de comprendre et dont les réactions et fonctionnements nous échappent souvent.

Je pense qu’il en est de même pour vous ; les grands incendies partis pour durer en Australie nous font plus que jamais penser entre autres-, à la disparition des dinosaures selon une des hypothèses scientifiques et forcément à la nôtre. Donc, plus que jamais :  Carpe diem, en conscience, évidemment.

Ici, le Causse tout blanc de givre nous invite à la contemplation.

 

ELB

 

Haïku du jour.

La clarté bleuit

L’An neuf échappe à la nuit-,

Pointe du jour.

 

ELB