Archive | octobre 2019

Voile.

Je relis l’article précédent, celui d’ELB. La radio distille les nouvelles. L’écho en est différent sous les horizons des causses lotois et devant les tours d’Epinay sur Seine.

.Certes nous ne portons pas le voile mais nous marchons sur la tête et si peu protégées (és) que cela fait mal. Voilà bien une nouvelle forme d’autisme social qui veut que nous ne communiquions plus pour le partage , la confrontation et l’acceptation des cultures mais en faisant circuler des idées toutes faites, des opinions brumeuses qui nous figent dans la peur.

Des mères voilées j’en ai côtoyées, j’en côtoie. Certaines, je m’en souviens avec reconnaissance , ont accompagné les groupes d’enfants que je guidais au musée. J’étais alors professeur d’arts plastiques à la ville de Paris. Il y avait dans ce quartier du Xème arrondissement de Paris des parents d’origines multiples. Leur progéniture rayonnait du bonheur de les avoir avec eux.  Germaine Richier, Matisse, Frida Kalho, Hockney, Renoir, le Gilgamesh de basalte de la Perse antique proposaient  aux deux générations confondues un terrain de découverte, de questionnement sur l’art et sur la vie et pourquoi pas sur le religieux , que le mot ne soit pas tabou lorsque il s’agit de se cultiver.

Reléguer ces mères voilées à leur foyer relève d’un archaïsme que nous ne pouvons défendre ; elles font partie de notre société et leurs enfants de la génération future. Et adultes que penseront ils de notre méfiance ? Si nous ne savons pas transmettre, instruire, où irons se nicher leurs envies? Où et quand et comment trouverons nous les moyens de lutter contre l’obscurantisme ?

Et pour offusquer mes petites filles je conclurai ainsi ,qu’il serait bien et bon que certains se retirent le balai qu’ils ont dans le c.. et retrouvent leur bon sens.

GHV

Ce que je pourrais vous dire.

foret2

A la sécheresse n’ont même pas résisté les grosses mûres cultivées ; celles des chemins ont essayé de résister. Tous les fruits au jardin ont séché sur pied et souvent ne sont jamais apparu.Les figues qui habituellement s’offrent comme des malotrues, rondes, striées et luisantes sont petites et sèches peu goûteuses.

Et les jeunes branches des framboisiers et des ronciers broutés par le chevreuil. Pas de doute ; depuis peu il marque son passage de billes noires et brillantes. Il ou elle, car nous avons aperçu un tout petit-, a eu très soif. La pluie de fin juillet avait revigoré le causse mais certains arbres y ont laissé leurs feuilles et promesse de fruits. Août avait été bien trop généreux en soleil pour que la nature n’y laisse des plumes.

Entre l’océan et la méditerranée, la route des vacances est passée chez nous et égrené au hasard, des amis et enfants d’amis. De joyeux babils et histoires enfantines ont fait des interludes salutaires au milieu de morts abruptes ou parfois attendues. Sans surprise, le jour était à l’heure et la lune aussi, ronde, grasse et orangée. Au moins deux lunes que je n’ai pas écrit. Les morts de cet été nous ont plombés et les jours trop ensoleillés m’ont paru bien insolents pour ensevelir leurs corps.

Des nuages vagabonds à la merci du vent et du soleil, le peu de pluie qui a reverdit la glèbe, la nuit qui nous surprend. La lecture hachée, mainte fois interrompue que la pensée préoccupée et voyageuse va sautant d’une nouvelle à un poème. Puis un air de musique qui soudainement s‘échappe de la tête en balade.

Maintenant que l’été est bien fini et que la vie reprend son cours presque normal avec pour le rythmer, quelques contraintes ou activités que l’on s’impose comme pour se cadrer. J’aime à flâner pourtant, à prendre mon temps et ne pas le piétiner trop comme si rien n’était programmé, prévu et ainsi laisser place à l’improvisation toujours source de belles surprises.

La lumière moins crue, la douceur du soir et le vent trop doux nous ont mené jusqu’à l’automne, déjà bien installé mais le compte des couleurs n’y est pas encore ; Trop de pluies subites et fortes des deux dernières semaines sans doute. Une couleur fanée et dépassée, presque lasse des dernières fleurs résistantes. Le parfum si particulier des feuilles de tomates s’en est allée, aussi.

La lune absente d’un ciel délavé, la saison qui a pris sa place avec ses soirs précoces qui, à la campagne, s’accompagnent parfois d’aboiements de chiens ; ils inquiètent plutôt qu’ils ne rassurent. Quelques restes de cabanes en branchages pour abriter les rêves des enfants et d’autres peut-être pour abriter nos vies ou la tisser d’une autre façon.

Et puis, Huguette est passée avec ses toiles dans la tête et au bout des pinceaux avec des projets d’exposition. Je m’en réjouis.

Depuis huit jours le jardin s’est revêtu d’une herbe grasse, digne d’un printemps. La terre exulte. Les pluies refont le niveau des citernes et des puits.

Il en est d’autres moins enthousiasmantes.

Pluies d’été, Pluie d’acier ou Source de paix et autre Tempête du désert. Les chefs d’Etat de notre planète ne manquent pas d’imagination quant au nom donné à ces opérations militaires et guerres conventionnelles. Le cynisme leur fait même utiliser des images qui, si on n’en soupçonnait pas l’intention-, pourraient être qualifiées de poétique.

La dernière en date, induite par le délire du président des Etats-Unis laisse carte blanche à l’autocrate maintenant décomplexé et assumé d’Ankara. Et même si l’Allemagne et la France ont décidé de ne plus exporter d’armes, restent les USA et la Russie, gros pourvoyeurs dans la région.

Le rêve d’un Kurdistan s’éloigne et les yeux des Peshmergas et des civils sont désormais habillés de pluie.

Après les derniers touristes partis, ce matin un regain d’agitation pour la foire automobile, un peu anachronique au temps de l’internet comme le précise l’une de nous, au café du samedi matin. La pluie avait lustré la place et sous la petite halle quelques voitures de collection au-dessus desquelles, une sono crachouillait quelques notes de musique entre deux publicités.

Ce soir concert avec La voix est libre, chorale de Paris que la chorale Accroche cœur de St Céré accueille.

Aux couleurs d’automne qui arrivent et à la lune qui vient, un signe.

ELB

Haïku du soir.

 

Dahlias au jardin

Des voiles presque blanches

Humide jardin.

ELB