Voir Naples.Sixième jour. Vendredi.

Napolitain.Croquis.

Il a la tête de ceux à qui l’on peut demander son chemin. Le Duomo devrait apparaitre quelque part au dessus des toits mais c’est sans compter avec la hauteur des immeubles, l’entrelac des ruelles, le dénivellé des rues qui empêchent toute perception des arrières plans. Et puisque nous sommes si touristes ,si appliqués mais apparement si naifs il veut bien nous obliger à un détour, « l’indispensable », « l’intéressante », l’honorable » visite à la « rueda de la basilique de la Sainte annonciation Majeure ». après quoi il nous récite les à droite et à gauche et via et corso à retenir pour arriver à la cathédrale.

basilique de la Sainte Annonciation Majeure.Gris, jaune.

Derrière nous la basilique qui plus est Ave gracia plena et sur le côté la porte où nous découvrons quelques uns des rares enfants que nous ayons côtoyés à Naples, qui nous interpellent en anglais , en français , en espagnol et se proposent pour nous expliquer dans la langue de notre choix le fonctionnement au cours de siècles passées de la roue d’abandon – pour les français, tour d’abandon,-où les filles mères ou trop pauvres abandonnaient leurs enfants . Nous aurons droit à un l’espagnol . Et il le fait très bien. Ce furent tout de même deux milles à quatre milles abandons par an jusqu’en 1879, des nouveaux nés qui passé le petit tour dans la roue(ils ne pouvaient peser plus de trois kilos pour y être enfilés) s’ils survivaient ,et très peu le faisait , étaient élevés par l’hospice ou placés en nourrice dans les campagnes . Nous écoutons attentivement remercions avec gratitude quand une enseignante l’envoie avertir ses camarades filles de venir se mettre en place pour jouer la scénette de l’abandon. Dix à peine et l’assurance des Sofia Loren , Claudia Cardinale ou Monica Bellucci . L’une implore, l’autre conseille, la troisième déclame avec désespoir, un poupon de celluloïd serré dans contre son sein. Ecole publique, d’état, me dit l’enseignante.

Histoire d’abandons.
Page du carnet; les petites actrices.

Les signes du christianisme ne manquent pas à Naples , mêlés à la superstition . Oratoires dans chaque rue accolées aux boutiques ou l’on vend des cornes de corail ou de plastique porte-bonheur. Samir m’a bien avertie de la présence très marqué d’une communauté musulmane italienne mais rien d’évident sur place et en si peu de temps.

Oratoire
Le sellier.

L’outil du sellier.?

Le quartier dit historique est en travaux. Encore une obligation de la modernité . Les rues éventrées par les bulldozers obligent les voitures et les scooters à une circulation hachée , ponctuée de coups de klaxons incessants. Dans chaque ruelle les rideaux relevés laissent apparaitre des artisans au travail, menuisiers sur fenêtres à double-vitrage, coiffeurs, garagistes, quelques boulangers , parfois c’est une boucherie, un fleuriste , des tabacs et débordant sur les trottoirs et la chaussée les étals des poissonniers ou marchands de jeux; les vendeurs de vieilleries entravent la marche…De même dans le quartier espagnol mais en plus resserré .

Chez le sellier tout en essayant de comprendre ses commentaires sur la Sicile qu’il ne connait que par la série des Montalbano nous attendons la fabrication des cadeaux que Ch. destine aux filles. Qui sait et m’indique le nom de la lame coupe-doigts qu’il utilise?

Boutique de jouets
Trattoria et oratoire.

Demain nous laisserons Naples .

J’espère ne pas l’avoir trop décue.

Et puisque je viens de m’interroger sur mon état de touriste je n’hésite pas à publier ici cette réponse que m’adressa Evelyne.ELB, ma comparse de blog :

« En effet très intéressant, Emmanuel Ruben. Après Le cœur de l’Europe (88 p. Editions de la Contre-allée, je lis son dernier, Sur la route du Danube chez Payot.
Il pédale à côté du Danube, à contre-courant et dans le sens des migrations. C’est donc une histoire riche et complexe de l’Europe, carrefour de cultures, civilisations, langues et religions qui se mêlent.
Comme il l’écrit dans le précédent livre, ce ne sont plus que deux types d’hommes qui semblent se croiser au XXI ème siècle, l’homme-touriste et l’homme-migrant. « 

Autre livre où il est souvent question de l’Italie : Raffaele Simone Si la démocratie fait faillite. Gallimard

Voilà : je sors d’un monde de richesse et de modestie, où se perçoivent les démêlés d’un peuple très ancien avec la modernité. Je ressens tous mes manques, ma profonde ignorance. J’ai vu un peu. GHV

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

One response to “Voir Naples.Sixième jour. Vendredi.”

  1. Antonio Pavón Leal says :

    En lisant vos articles on a l’impression qu’il y a beaucoup de touristes à Naples, l’une des grandes catégories humaines du XXIe siècle. Grâce à votre reportage et à la série « Gomorrhe » il me semble que j’ai parcouru aussi les rues napolitaines. Merci de votre promenade dans le bois.

    J'aime

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