Ce que je pourrais vous dire.

La première image d’un trou noir. Plus d’existence théorique mais une, bien réelle.

Je m’amusais en librairie lorsque je vendais, il y a une trentaine d’années, Les trous noirs de Jean-Pierre Luminet édité en poche au Seuil  ainsi que de la poésie du même, au Cherche midi car cet astrophysicien est aussi, tout comme Hubert Reeves, poète.  Au Cherche midi., s’appeler Luminet et s’intéresser aux trous noirs; Tout avait l’air d’une farce. La voûte étoilée inspire, « ma pèlerine d’étoiles » comme l’appelait St Exupéry.

Avant-hier le film de Pierre-Emmanuel Le Goff, 16 levers de soleil. Un film documentaire retraçant l’aventure spatiale de Thomas Pesquet.

Pas vu beaucoup de levers de soleil au bout du compte mais l’image était belle et du départ de la base de Baïkonour au retour sur terre nous sommes pour presque deux heures dans le Soyouz et la station spatiale internationale. J’avoue qu’entre l’état d’apesanteur communiqué par leur évolution dans ces sortes de gros et longs tuyaux plein de technologie et ce que permettait le hublot, cela flottait pas mal. Excepté en ce qui me concerne lors de la sortie extra véhiculaire à 450 kms de la terre. Le Soyouz qui se détache de la station et l’atterrissage auquel on assiste comme si on y était secoue pas mal.

Les instructions de la NASA, les messages, beaucoup de travail 6 h à 6 h 30’en l’absence de gravité, c’est beaucoup-, par jour entre les nouvelles distillées par les différentes radios américaine, russe ou française ainsi que les liaisons avec la famille. Un fil conducteur, auquel j’ai été sensible-, la lecture de quelques courts extraits de textes de Saint Saint-Exupéry. On se retrouve avec des yeux d’enfants émerveillés. Dans le noir, j’ai vite écrit une des dernières phrases lues de Terre des hommes « …chaque fois qu’il ébauche un geste, ces mille liens qui l’attachent aux autres et le rendent lourds…impossible de me relire.

L’ingénieur et docteur en médecine Comet qui a participé à la préparation de notre astronaute Européen ainsi que des Russes était présent pour répondre aux questions après la séance. J’ai l’impression de me réveiller après la grande secousse du retour sur terre. La science et la médecine, ses retombées pour les terriens que nous sommes. Les expériences menées permettant, entre autres, à la recherche médicale de progresser et de s’interroger  toujours.

La campagne me réveille encore plus tôt que la ville sans parler de l’heure d’été qui me contrarie. Je suis donc sur pieds de bonne heure. Mais de la cuisine à peine éclairée j’observe les voiles se lever une à une pour découvrir la nature.

Les bulles du printemps ont retrouvé le pré; Le museau des tulipes enfin sort de sa gaine après que les jonquilles ont eu du mal à s’ouvrir alors que des anémones qui, je croyais avaient sauté le massif s’étant affranchies du tour en pierres. Je réalise que je ne n’en ai ni semées ni plantées. C’est encore le bec magique des oiseaux qui a voulu trouer la glèbe de touches mauves et violettes. Un peu en hauteur et peu à l’abri comparé à quelques maisons plus bas, la floraison est ici un peu plus tardive. Le nichoir dans l’arbre face à la cuisine plumes ou plutôt duvet comme boule de nuage de coton gris gonflé par le vent et tout ébouriffé et puis autre moment de grâce, le rebond dans l’herbe fraiche de toutes petites perles pendant la petite averse de grêle de mercredi. Raté la vidéo.

Dès que la matinée est bien installée, les oiseaux sont là ; en ce moment beaucoup de pies et de merles; le petit rouge-gorge semble habitué et se hasarde sur les planches de la terrasse.

Ma balade matinale passait aujourd’hui derrière le parc animalier où ce matin, le wapiti et ces congénères, taches blanchâtres derrière le grillage que la végétation commence à recouvrir, m’ont surprise par leur tranquillité puis les mouflons, les daims timides et les poneys. Personne n’était effarouché, des canards et à côté quelques gallinacées qui sortaient du poulailler sur fond de hi -han des ânes. Presque en bout de limite juste avant la fosse aux ours, les bisons rouges et massifs n’ont que peu bougé et m’ont regardée longuement mais était-ce moi qu’ils voyaient ? Au bout du chemin, les murs de pierres, bas et recouverts de mousse, souvent écroulés ou bien hauts et bien remontés, fiers et droits portant leur couronne soignée des plus belles pierres. Plus loin une sorte de lavogne comme en Aveyron, un lac de St Namphaise, maisons du Causse, petites ou grandes et bien restaurées dont la plupart attend l’arrivée des touristes et retour par un chemin déjà ombragé bien que les chênes attendent leurs feuilles tandis que les érables sont tout vert. La terre odorante, moussue et souple sous les pieds trébuchant parfois sur un caillou ou écrasant encore quelques glands oubliés. J’ai aperçu trois marronniers, un peu rares sur le causse, préparant leurs chandelles blanches ou rose : la gousse collante les dorlote encore un peu. Cela m’a rappelé que le mien est en pot depuis un an, pas plus de quinze centimètres et qu’il attendra l’automne pour être planté.

S’il trouve une petite faille fertile, il prendra et un jour, peut-être les petits-enfants joueront à tresser des couronnes à leur prince ou princesse et troqueront des marrons contre des pierres précieuses qui pour A. ne sont autres que de jolis cailloux ou galets bien polis. O, quant à lui, a de nombreux trésors de mots en bouche mais pas tout à fait incompréhensibles. L’intonation est bien là et la modulation aussi.

Nous n’allons pas tarder à converser.

 

ELB

*Doc. Wikipedia

 

 

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One response to “Ce que je pourrais vous dire.”

  1. trainsurtrainghvgalante says :

    J’étais donc dans la lune moi aussi qui n’ai pas vu prose depuis deux jours en ligne et je ne t’en ai pas parlé tout à l’heure au téléphone et pour cause…
    Le coeur dans les étoiles et le museau dans la mousse . Le printemps est bien fascinant . Ici aussi où tout se joue entre trottoirs , courettes, parcs et bords de Seine.. dans le ciel aussi . Je viens d’assister à un assaut d’une escadrille de perruches contre un pigeon qui a joué les Saint-Exupéry en reprenant l’avantage. GHV

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