Archive | décembre 2018

Ce que je pourrais dire.

 

Du jaune dans le paysage sous un ciel plutôt gris, jaune le soleil, jaune le pissenlit, jaune le bouton d’or, Jaune les revendications, verte la rage, noire la colère.

Une signification réelle et profonde du mouvement quand, à première vue, on croyait à un épisode anecdotique. Cependant, il ne faudrait pas s’habituer à la série noire du samedi.  La vie difficile pour les uns, la survie pour d’autres leur dicte parfois de renverser le raisonnable.

Nous ne réveillerons pas le soldat inconnu qui aurait pu nous dévoiler son identité. Et si c’était un tirailleur Sénégalais ou un spahi Marocain ou Algérien ? Pour remettre les choses à leur place dans les replis de la mémoire avec ses oublis, ses manques et ses dénis. Le mystère du lien humain : ce qui nous unit ou nous sépare.

Plus d’égalité demande toujours légitimement le peuple. La vie ! Les mots rudes pour la décrire comme un sol raclé par le vent trop chaud d’un l’été qui s’est bien trop attardé.

Heureusement, la musique du vent d’automne, avec ce caractère hypnotique,  continue de bercer toute pensée vagabonde. Les fronces de la falaise emprisonnent et captent la lumière de saison. Autant de sensations de repos qu’en même temps celle de faire presque corps et esprit avec cet environnement. La fraîcheur du soir et du matin qui nous surprend d’autant plus qu’un air presque doux bouscule les mois. Les bulbes ont sérieusement poussé du col. Verrons-nous hélas, un jour,  une année scandée par deux saisons, uniquement.

Dernières petites plantations au jardin et quelques feuilles à rassembler d’autres tournant dans l’air ou le vent du soir pour profiter encore de cette apesanteur. La lumière d’automne filtre dans l’interstice entourant les volets. Certains matins, le blanc soleil d’hiver qui n’est pas encore là,  oscille derrière les arbres.

Après les heures claires et sonores du matin orchestrées par les oiseaux, la pluie avait gagné et gribouillé l’horizon, les nuages y perdant leurs formes ces derniers jours. Le ciel s’éclaire, ce matin.  A coup sûr, ce soir, il ne renoncera pas aux étoiles.

Lectures des poilus ou chants populaires de la période, commémorations, autant d’occasions propices pour se replonger et retrouver,  grâce aux archives numérisées, l’histoire courte, retracée sommairement par le registre matricule. Craonne, morne plaine .De jeunes sépultures perdues ou noyées dans la nécropole nationale de La Target dans le Pas-de-Calais.

Et j’observe, n’étant pas la seule bien évidemment, que je fais partie de la dernière génération qui aura connu des témoins et acteurs de cette grande boucherie. La suivante retiendra peut-être le récit que nous lui en aurons fait, de ces hommes blessés ou morts, nos grands-pères ou grands-oncles-, sinon, il ne lui restera que les livres d’histoire et le cinéma. Ce qui n’est déjà pas si mal. La malheureuse Itinérance mémorielle par son libellé même, Voyage pour la mémoire comme l’ont suggéré certains, aurait été plus simple et y invitait le citoyen lambda-, m’aura permis de revenir sur les traces effacés de deux cousins de ma grand-mère, jamais revenus du front.

Je me réjouis et suis émue de voir qu’Oskar, à peine plus d’un an et couché sur le dos, goûte le bruit, le son ou la musique du tapis de feuilles mortes, au jardin. Qui peut envisager la sensation  qui le traverse à cet instant-là ?

 

ELB

 

 

Malade

Rien à dire.GHV