Archive | avril 2018

Haïku du jour.

Fragile tableau

Tremblantes bulles sur le pré-,

Fleurs de pissenlit.

 

ELB

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Haïku du jour.

Sur fleurs de pêcher

Ranimée par le soleil-,

Une grosse abeille.

 

ELB

Ce que je pourrais dire

 

 

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Bon, eh ben, bon dimanche ! On va trépigner un peu pour faire passer la journée et c’est pas le changement d’heure qui nous fera plus beaux ce soir !

Je venais de garer la voiture et remontai la rue pentue qui conduit à la halle quand deux vieux et malicieux messieurs de part et d’autre d’un portillon se saluaient ainsi. C’était il y a presque un mois.

Depuis, le printemps a commencé à déployer ses charmes. Manger le sucre des coucous que je n’avais pas vu par le passé aussi gros ; seraient-ils transgéniques ? Et ces muscaris, si hauts et vigoureux, je n’ai pas le souvenir d’en avoir vus de si grands, en revanche, je me souviens du goût sucré, de petites fleurs qu’avec celles des coucous, le soir en remontant de l’école, nous sucions buvant avec délectation, feinte parfois, un élixir que nous semblions avoir attendu tout l’hiver. C’est à ce moment précis que le printemps me paraissait couler dans les veines. Et comme bon nombre, je continue à me doper ; la potion est demeurée magique Mais nos sens nous abusent parfois, n’est-ce pas ?

Quant aux violettes, elles ont ombré la glèbe et le jardin de taches lumineuses, couleur lavande, mauve. Ce que l’on cultivait autrefois, se serait affranchi des règles. Un peu rogue et l’œil torve, la lune s’est traînée bien des jours dans un ciel délavé ; Sol détrempé et terre trop froide pour semer ou planter quoique ce soit. Puis, enfin les premiers bourgeons de pêchers et d’abricotier explosent. A Toulouse, la Garonne gorgone de cet hiver s’est apaisée et a presque retrouvé sa couleur. Des arbustes sans doute incontrôlables poussent en sauvage sur ses berges.

J’ai bien repéré sur le causse des arbustes et autres chèvrefeuilles sauvages à l’abri de chênes au pied desquels des rochers ou plutôt quelques pierres plates pourraient servir de table improvisée ou de sièges nomades.

La pluie incessante et le ciel lourd nous ont empêché d’apprécier la couleur des tulipes tandis que le printemps encore embrumé manquant de lumière, nous collait des chaussures lourdes de terre détrempée à qui aurait été trop pressé de semer pour hâter sa venue. Il a ses caprices et on le sait ; on ne peut le brusquer et chaque année, on l’attend comme un nouveau départ et un nouvel enthousiasme dans le cerceau des saisons. Il semble à présent bien là et nous réveille avec bonheur, concert d’oiseaux en prime.

Et dans deux à trois mois, nous nous plaindrons du trop de chaleur et de l’herbe grillée du causse asséché, me dit une petite voix de vieille cousine.

Des mots qui font rêver qui appellent ou rappellent, des mots qui parlent et tissent le fil de nos jours et de nos rencontres fortuites ou prévisibles.

Un moment à privilégier, en tout cas. Des petits coups de pinceaux dans le paysage : en bordure de l’Alzou, de fines frondaisons masquent un bout de toit ou un haut de porte ou encore un coin de contrevent grisé ; le jaune des forsythias ou le rouge des cognassiers émaillent le premier plan qui retient les oiseaux et leur chant semblant nous dire comme ce rondeau de Charles d’Orléans :

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderie

De soleil luisant clair et beau.

Après giboulées, de vent de pluie ou de grêle, la nature a pris la mesure et s’épanouit étalant ses couleurs. La lumière est aux aguets dans les moindres interstices, se faufile et furète. Le lilas ne va pas tarder à déployer ses grappes, les chèvrefeuilles, eux, se sont poussé du col et leur tiges souples et reverdies vont masquer le compost.

Turbulent et bouillonnant printemps.

Le coup de semonce à Bachar dont la danse dure depuis longtemps, qu’en restera-t-il ? Le pays mobilisé sur bien des fronts, les remous et l’envie de vivre autrement vont-ils l’emporter. Où est le raisonnable ? D’ailleurs, est-il souhaitable? Oui, aux yeux des anciens mais les générations nouvelles rêvent peut-être d’autres horizons élargis. On ne sait. De plus en plus difficile de se situer dans un monde chaotique et à la fois, pour certains, avec un avenir tout tracé. Pas la vision de la moindre poussière dans les rouages ; cela peut continuer ainsi, pensent-t-il, sans doute.

Et il faut être très équilibré ou avoir de fortes convictions et une vision ou jugement avisé afin de trouver sa place sans empiéter sur celle de l’autre. A moins de jouer l’individualisme et tracer, comme on dit.

Est-t-il encore possible de penser que l’on peut tracer. Sans l’autre. Comme un nouveau jeu de société, anti-social :  sauver sa peau, défendre son beefsteak-de plus en plus cher-, comme on disait.

Pour certains, pas le choix : se nourrir et trouver un toit, parfois l’un sans l’autre ou l’autre sans l’un lorsque certains se demandent si la France va, comme l’Allemagne, la Norvège, les Pays-bas ou la Belgique suspendre sa vente d’armes à l’Arabie Saoudite. Qu’en penser après la visite du prince héritier MBS ?

La poésie comme consolation à ce désordre. Une part de nuages qui file entre les doigts et les idées, décousues dans la tête en voyage.

 

ELB