Mères.

ma mère

Il y eu ce matin sur mobiles un chassé croisé de commentaires sous la photo du petit Roméo appuyé à son portique. A six mois on trône avec conviction.

-« Compétiteur? Haltérophile c’est mieux » dit la tante.

-« Témoin à la barre » pour la mère

-« Futur ministre, non…président ! »pour la grand-mère que je suis et j’ajoutais: « c’est que je lis La promesse de l’aube de Romain Gary ».

Je l’avais laissé sur la table de la cuisine et retrouvé après deux semaines au grand air.

C’ est le genre de livre que l’on se doit d’avoir lu . Il en a même été tiré deux  films que je n’ai pas vu. Livre refermé  un peu déçue par le ton gamin du récit, à la page 206, chapitre XXII , juste après avoir vu descendre M.Zaremba  de son taxi  et  appris qu’il resterai un an dans l’hôtel tenu à Nice par la mère de Romain Gary.  Encore un récit de mémoire sur l’enfance  et l’ adolescence  m’étais-je dit.

Au retour je n’ai pas lâché le livre . C’est au delà du portrait d’une mère bête à pleurer, excessive, prête à tous les sacrifices, enfin presque, ridicule souvent et affublée de la beauté que les enfants reconnaissent à leur génitrice un hommage à sa détermination, une explication au destin de Romain  Gary . Car toute sa vie elle lui martela: « tu seras, diplomate, homme à femmes, Victor Hugo, héros… ». Ce qu’il fut évidemment. Elle avait sans cesse œuvré pour cela.

M. Zaremba , peintre que j’ai imaginé de fleurs ou de chevaux, n’eut pas assez d’une année pour la convaincre de l’adopter , de lui céder ne serait-ce qu’une miette de cet amour inconditionnel.

Histoire rocambolesque. L’humour qu’il manie fait tout passer et empêche l’auteur de pleurer, lui permet à travers les dizaines d’anecdotes  de révéler sans forfanterie , avec dérision , le héros qu’il fut vraiment, le travailleur acharné, l’écrivain  de renom, le compétiteur  viril, l’heureux jouet de la vie, amené à réaliser ce que mère avait voulu.

Surtout ne rien révéler de la fin . Le livre allégé des évènements si chaleureusement racontés aurait tout aussi bien fait une nouvelle à la chute épatante et émouvante.

Bon , me dis-je encore un livre d’homme , mais quel extraordinaire portrait de femme. Qu’aurait-t-elle voulu comme destin pour une fille? GHV

La promesse de l’Aube. Romain Gary. Ed.folio poche

 

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

2 responses to “Mères.”

  1. Antonio Pavón Leal says :

    Une petite question linguistique à propos de votre commentaire sur mon blog: GHV, qu’est-ce que cela veut dire ? Mon français se rouille de plus en plus… Merci de vos « j’aime » et bonne journée.

    J'aime

    • trainsurtrainghv says :

      G pour Galante, H pour Huguette,V pour le nom de mon père, »nom de jeune fille »disons nous en français, ce qui ‘m’a toujours amusée); Phonétiquement:  » GHV=j’ai achevé » ce qui équivaut à dire j’ai fini, je signe. ! Je signe ainsi mes travaux de peintre et ai découvert la même signature d’un peintre contemporain espagnol sur lequel ou laquelle je n’en sais pas plus…

      Aimé par 1 personne

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