Voyager…

 

deux.ghv

Posée sur un siège devant un écran ou une table de travail ou un chevalet, ou encore devant sa fenêtre ouverte, retenue par des tâches et des habitudes je ne bouge guère mais me plait à aimer l’idée du voyage.  Citadine. Même si le paysage de la ville, les murs dressés, la nature encerclée, le poids  et la grisaille des  matériaux, la saleté au pied des tours de verre, l’incongruité de certaines couleurs attachées aux images placardées, le trop plein de visages, ce cadre ne m’ est pas somme toute si désagréable ce n’est pas lui qui m’oblige à fuir vers des ailleurs.

Cette ville qui n’en semble pas une dès qu’elle s’étire le long des rails entre Gare du Nord et Epinay sur Seine par exemple et qui est le creuset où s’est forgé ce blog : un passager sur un si court trajet n’est que transporté et relie ainsi bout à bout deux vies, celle du lieu où il vit, et celui du lieu où il va. C’est pour donner plus de sens à cet acheminement que m’est venu la manie du carnet et des voyageurs croqués (voir sur ce blog Croquis du train).

Comment aimons nous voyager, un peu, beaucoup ,passionnément, pas du tout?

En ce moment un couple d’amis voyage  au Népal et je suis leur pérégrination sur le web en attendant leur retour. Parfois les images inodores d’un reportage télé.  Demain je m’en irai marcher avec ce groupe que j’ai découvert en ville: quelques kilomètres autour des immeubles pour émerger , se sentir bien, avoir un ciel à partager. La balade c’est le minimum requis pour se sentir bouger .

Me reviennent en mémoire mes passages de frontière, en train pour la plupart , en avion bouffeur de kérosène parfois, mes virées en province- mais la majeure partie de la France me reste à découvrir- , mes balades dans les bois , les bien aimées. Des grands voyages je préfère la lecture,  ceux relatés de Stendal, ,de Mérimée aussi , de Melville sur les mers du XXème ,pas grand chose à voir hors la mer quand on est à la poursuite d’une baleine mais que de personnages forts sur un seul navire, ,de  Segalen, Nicolas Bouvier(L’usage du monde), du jeune Sylvain Tesson, je dis jeune parce qu’il espère trouver le bonheur dans Les forets de Sibérie ou sur Les Chemins noirs . Simone de Beauvoir nous a raconté ses vacances à bicyclette, ou à pied en solitaire. Là encore me reviennent en souvenir mes traversées de l’Espagne (1974, j’avais dix-huit ans) seule, en stop. Oserais-je le faire aujourd’hui?

Fabienne Verdier , peintre, m’a tout autant transportée , en Chine cette fois, Passagère du silence, dans les années 80  chez les calligraphes rescapés de la grande purge maoïste , dans les paysages des estampes et auprès  de populations encore intactes , pour quelques années seulement, et des étudiants brimés , embrigadés, bosseurs jusqu’à l’épuisement.

Comment arrêter de telles listes?

En équilibre, oui j’aime les voyages, les miens et ceux des autres aussi à cause de ce que l’on y découvre . et là encore il faudrait entreprendre une liste …GHV

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

6 responses to “Voyager…”

  1. Antonio Pavón Leal says :

    Vous pourriez écrire un post en nous racontant vos impressions de votre voyage en l’Espagne des années 70, laquelle a beaucoup changé depuis cette date, pas forcément pour le mieux.
    Vous aviez 18 ans et vous avez parcouru le pays en stop, vraiment vous étiez une voyageuse intrépide.
    Le plus proche que j’ai fait à cette prouesse a été le chemin de Saint Jacques, tout le temps à pied et en demandant du logement, c’est-à-dire, en pérégrination, ou en pèlerinage ? Voilà, je n’en suis pas sûr. Bonne journée.

    Aimé par 1 personne

    • trainsurtrainghv says :

      Bonsoir et avec retard car je n’avais pas vu votre commentaire…Pourquoi pas ? Ce sont de souvenirs qui m’étonnent chaque fois que je les évoque, fort rarement d’ailleurs, et de telles escapades paraissent improbables ou incongrues de nos jours. Je pense aux dangers que peuvent présenter ces périples…Inconscience et découvertes. Je m’imaginais invulnérable… L’Espagne je l’ai beaucoup aimée. Cordialement. GHV

      Aimé par 1 personne

  2. hyacinthe46 says :

    A propos de Fabienne Verdier à lire, si ce n’est déjà fait, Entretien avec Fabienne Verdier de Charles Juliet.

    Aimé par 1 personne

  3. Esther Luette says :

    Fabienne Verdier ! Grand souvenir de lecture 🙂 Je trouve par ailleurs ses calligraphies magnifiques.

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