Archive | février 2018

Marcher à Epinay

 

 

Voulez-vous venir marcher avec nous disait la petite annonce? Si oui rendez-vous sur la place de l’église à Epinay à 9h 55. Je pense qu’à dix heures la quinzaine de marcheurs était là et déjà sur le départ et nous avions un soleil magnifique. Moi la seule tête blanche ou presque et heureusement des jambes assez dérouillées par mes sorties de l’hiver en solitaire, qu’il ait plu ou neigé, parce que devant moi ça démarré d’un pied ferme et alerte.

Il y a peu que j’ai goûté aux sorties en groupe. Moi la  casanière, curieuse  des nuances d’une pâquerette, attentive à l’envol d’un moineau, au silence,  saurai-je supporter  les préoccupations d’autres amoureux de la nature? J’ai donc tâté le terrain sur mes terres, dans le Lot, causses, bois, sentiers, chemins noirs…grâce à Claudine et Evelyne.https://trainsurtrainghv.wordpress.com/2017/10/22/ce-que-je-pourrais-dire-4/   (texte écrit par ELB-Evelyne.)

Le groupe spinassien* , surtout des femmes -mais les hommes s’y complairaient surtout s’ils étaient plus nombreux- aurait enchanté nos quercynois*. La tchatche, formidablement dynamique, aussitôt enclenchée ,  ouverte sur tous les sujets semble-t-il: vie perso, expériences, enfants, éducation, considérations sur la Seine drapée de ses guenilles de plastique après la crue , que faire pour nettoyer ça? ,les pays d’origine -et ils étaient presque aussi variés que le nombre de participants- le boulot, l’école publique et la privée, les valeurs de la république…si,si , les allusions à l’investissement dans le  monde ses associations, les études des enfants, les choix de vie, la religion, tous discours qui vous laissent pantoise… Mais où trouvent-elles l’énergie?

Bref à la différence des sentiers lotois où l’on échange surtout sur les lieux, les traces du passé, où l’on désigne le travail de l’homme et où l’on surprend parfois au détour d’une haie celui des sangliers fouisseurs je n’ai pu guère m’attacher au paysage ici urbain. Partis du centre ville, après avoir traversé le pont d’Epinay en relevant nos cols, pris sur Villeneuve la Garenne et zigzagué entre les blocs de verre de la nouvelle zone de bureaux nous avons rejoints par un trajet inconnu pour moi le parc des Chanteraines que je connais si bien. Les tortues à tête rouge semblaient avoir déserté leur mare presque gelée. La ville  est comme rejetée vers l’extérieur , à peine perceptible au dessus , au delà des arbres et l’on pourrait là aussi voir, écouter, herboriser…Mais ce groupe là avançait avec une détermination farouche à s’emplir les poumons, à remplir l’heure  d’échanges, de foulées alègres, à oxygéner le corps pour évacuer et dès le lendemain repartir au boulot plus tonique encore.

En fait j’étais ravie. Je n’avais pas de carnet sur moi; qu’en aurais-je fait?! GHV

A propos de la place de l’église à Epinay sur Seine.   

*Spinasien, habitant d’Epinay. Du mot latin spina, épine. Autrefois Epinay était un vaste champ de ronces!!!

*Quercynois, du latin Quercus: chêne. Correspond à peu près à l’actuel département du Lot.46

 

 

 

 

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Ribambelle

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent guère .

Les jours se suivent et il y a tant qui s’y  répète.

Surgissent parfois des pensées , je voudrais les noter  ; le temps de trouver un crayon elles se sont évanouies.

Sur le meuble c’est le livre posé en évidence qui se rappelle à moi: Fendre l’armure de Anna Gavalda. Je dois le rendre à Nathalie. Elle me l’avait laissé il y a quelques jours avec ceux qu’elle me rapportait « Ce n’est pas son meilleur mais lis-le ,tu verras. »

Sept nouvelles, bien découpées, courtes juste ce qu’il faut, où la surprise peut dans le dénouement provenir d’un ressenti inattendu, d’une révélation ou d’un vide et en ce cas là à chacun de supputer . C’est le cas dans La maquisarde . Deux femmes abimées, l’une jeune mère, jeune veuve qui se réfugie dans l’alcool, l’autre belle engluée dans le décompte des quatre années passées avec l’amant marié ,échangent au cours d’une soirée le récit  de leur mal-être . Que croyez vous qu’il se soit passé au matin?

Mon chien va mourir ça m’a tiré des larmes . C’est solide un routier et ça sait garder le cap après la mort du fils. Enfin c’est ainsi qu’il apparaît, solide et moins seul avec son chien…Mais lorsque meurt la bête?

Le fantassin aussi  m’a émue . Pourtant nous voilà dans d’autres sphères, celles du pouvoir , des grandes familles, des amoureux de belles chaussures de luxe. Parce que chez ces gens là on vit « comme ça, comme il se doit » à travailler, à faire de l’argent la solitude y est à peine avouable et en particulier pour le narrateur . Se faire d’un voisin de pallier un ami  improbable et inconditionnel ouvre à tout; c’est la bouée de sauvetage. Mais amitié vache puisque l’homme aimé meurt sans avertir.

Un auteur féminin, que je ne connais pas, je l’ai abordé avec la peur d’être déçue .  Juste ai-je remarqué dans le style rapide et concis le compas invraisemblable dans la trousse d’un enfant de six ans et les deux cents mètres de hauteur d’un appartement situé au quarante et unième étage et rapportés ici pour vous intriguer plus encore. Merci Nathalie, je chercherai d’autres titres. GHV

Anna Gavalda. Fendre l’âme. Ed. le dilettante.

 

 

 

La petite pisseuse

J’avais vite, vite, sorti mon carnet(10/15cm ,ça tient dans la poche ) et le soir rajouté un trait ou deux juste assez ou trop pour agacer mon jugement.

Le lendemain matin tout près du massif derrière lequel j’avais vu la gosse se soulager , samedi  donc , j’ai croisé un regard , un de ceux qui vous retient et vous  engage au sourire. Jeune femme trentenaire, son portable calé à hauteur de nez …

-« Qu’est-ce qui ravit votre œil de photographe? »

_ »Les arbres . Les arbres sont très beaux ici. Je ne savais pas qu’il y en avait d’aussi beaux à Epinay.

Toutes deux le cou tendu vers l’arrière nous avons au dessus de nos têtes la trame délicate et ajourée  de la nef de tilleuls mis à nu par l’hiver dans l’allée qui relit la rue de la Chevrette au pont des Econdeaux  devant les écoles vides à cette heure  et en peu de temps nous partageons souvenirs, descriptions de parcs, idées de promenades, localisations de quelques phénomènes arborescents, considérations sur les saisons et aussi sur les aménagements et changements dans la ville…

-« Partie depuis vingt ans…C’est si beau! Oui j’irai , j’irai voir. »

 

Mardi matin  mêmes regards ravis et même soif de mettre en boite la neige blanche et poudreuse du parc des Béatus  pour trois jeunes  vietnamiens : » c’est la première fois que nous voyions la neige. » GHV