Archive | août 2017

Lettre à Agathe du 30/08/17 et son PS.

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Bonjour Agathe.

Toi aussi tu as quitté Padirac , repris la route vers le Nord ,un peu plus encore que pour moi rentrée un jour avant sur Epinay.

Ce dessin  de toi c’était donc  dans mon jardin lorsque avec un bout de fusain que je t’avais confié tu croquais  « ta » maison .Celle de la Sicile .Cette si jolie maison que tes parents ont acheté voilà déjà deux ans.

C’est là au soleil de ce beau mois d’août que je t’ai raconté son histoire ou le peu que j’en savais. Pas de numéro pour la désigner: à la campagne toutes les maisons ont un nom ,celui du lieu-dit et aussi celui de ses habitants pour la différencier de celle des voisins. L’on dit « la maison de la Sicile » ou plutôt c’est ce que j’ai cru et retenu pendant des années alors qu’il s’agissait d’une Cécile! D’elle je ne connais rien et je songe soudain que seule Yvonne du haut de ses quatre-vingt dix ans peut nous éclairer.

J’y faisais parfois des intrusions inquiètes ,manière d’observer les nichées de chauves-souris accrochées aux poutres , et craintive  je me penchais sur le rebord de la margelle de la citerne toujours emplie . Il m’est arrivé de rechercher sur le montant de la cheminée sous la couche de poussière  le vieux fusil  de chasse aux chiens et au canon rouillés.

Les propriétaires reprenaient de temps en temps la toiture et ainsi a-t-elle pu garder ses murs hauts perchés  bien au sec et les poutres que ton père a patiemment poncées.

Je sais que tu l’aimes beaucoup. Elle te le rendra bien dès que vous aurez dégagé les rochers du terrain , mis au propre les terrasses, relevé les murets de pierre blanche et planté les vignes dont rêve ta mère pour que une fois installés leurs verts feuillages contrent l’étourdissante lumière d’août sur l’herbe grillée .

Sienna , ma petite fille l’a déjà rebaptisée »la maison des voisins ». Laisse -lui encore un an et elle dira ‘la maison d’Agathe » ou « la maison de Baptiste ». Et moi bien sûr je reprendrai  « La maison d’Alexandre…le grand » puisque c’est ainsi que j’appelle ton frère.

Après tant de chaleur, de soirées sous la voûte étoilée (une des plus pures) ,de jeux à l’ombre je te souhaite une bonne reprise et espère te revoir bientôt là-bas.

GHV.

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PS. du 30 août 2017 :  Sienna dit encore « la maison des voisins »  ou  » Puis-je aller chez les voisins? ». Elle a pour toi et ton frère déjà presque adolescents les yeux de Chimène . Nous plaisantons avec tes parents: « Quand l’adoptez-vous? ». Le pays avait cette année des allures de campagne anglaise ,le soleil nous y a gâtés . Votre maison et la citerne se sont parés de volets en bois clair , le toit est bien repris et le terrain a perdu ses ronces. J’avais retrouvée pour vous aider à reconstruire l’escalier des photos des années 44 ou 45. Des réfugiés juifs occupaient alors la maison et ma tante(sur la photo) leur rendait visite .Depuis elle n’avait plus été occupée. GHV.

 

 

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Cabinet du docteur Ansanelli à Alvignac.

cabinet du docteur Ansanelli

L’été fut beau, le mal de nuque lancinant. Les pulsations derrière l’oreille me tenaient éveillée .J’ai tenu trois semaines et me suis retrouvée en salle d’attente du nouveau docteur (enfin presque nouveau puisque le voilà au village depuis deux ou trois ans maintenant après avoir bourlingué sur les mers comme médecin dans la marine  que j’ai je ne sais pourquoi imaginé de croisière). « Ouvrez la bouche « me dit-il  avant de me prescrire des anti-inflammatoires. Deux jours après l’été était aussi beau et le mal de tête envolé.

De retour sur ma banlieue j’appelle.

M. nous a attendu vaillamment . A quatre vingt-dix ans elle vit seule mais reconnait enfin avoir besoin de plus d’aide.

M. est encore sur la côte normande. Un temps de chien sauf depuis deux jours. Elle prolonge.

F. découvre qu’à nos âges décoller les vieux papiers, poncer, peindre fatigue mais elle y met semble-t-il toute son énergie.  Prête à abandonner son si joli jardin , son nid sous les toits pour un nouveau cadre de vie ?

E. vit un drame. Au début du mois après huit jours d’un coma soudain , inattendu , elle a perdu son mari, tout juste retraité.

S. a sonné vers 18h . Il venait s’assurer de  si nous étions satisfaits de l’entretien des plantes. La cuisine s’était transformée en forêt tropicale . GHV

 

Haïku du jour.

Le gris d’un ciel lourd

Le jaune des feuilles au jardin

La fin d’un été?

 

ELB