Petit voyage en train.

eveillee

J’avais raté le train et le prochain était bien loin mais qu’à cela ne tienne, je serai tard le soir dans cet ancien triangle d’or des Pasteliers, à deux pas du Canal du Midi.

La petite Toscane française m’attendait et Gh,  aussi. Le soir tard, accueillie par le concert presque habituel des grenouilles, je pensai tout à coup que la nuit rendrait ses contours aux choses,que le ciel au matin, perdrait peu à peu ses étoiles, je devinerais les arbres puis le jour ne tarderait pas à se lever.

Non, le lendemain a été plutôt maussade avec quelques éclairs de lumière sur le colza. Peu importe ; Nous avions des choses à nous raconter et à  reprendre le fil  où nous l’avions laissé  la dernière fois.

Fin de journée sous une pluie battante vers le petit village de Couffoulens où Le théâtre dans les vignes et sa troupe constituée d’amateurs des villages à l’entour, Juin 88,  jouait

Je t’écris de Carcassonne dans la bonne humeur et la fête ; un texte de Claude Marti, poète et ancien chanteur occitan.

C’était en français, mâtiné par endroits de quelques mots d’occitan et plus nombreux en Espagnol pour colorer l’histoire d’une période en partie heureuse au travers de celle d’une famille dans laquelle-comme chez tout un chacun-, l’on naît, grandit, meurt et affronte les vicissitudes de la vie et de l’histoire à naître ou en train de s’écrire, soit les années de l’entre- deux guerres 1919 -1936. Autant événements comme la montée du nazisme, le Front populaire la guerre civile en Espagne, tout aussi bien que l’arrivée du jazz que de la première machine à laver et du réfrigérateur ou encore du tandem pour les congés payés. La musique du petit orchestre accompagnait l’air du temps ou en  amplifiait le rythme. Ce théâtre dans les vignes  y attire aussi un public scolaire à tel point qu’il a fallu  élargir la petite route et refaire les parapets du pont afin que le car conduisant les élèves aux représentations puisse passer. La programmation est  ambitieuse et de qualité. Prochaine pièce : Macbeth (The notes) d’après Macbeth de Shakespeare par la Cie des Petites Heures.Voilà comment le petit pays revit et se retrouve à la cantine pour boire  un ballon de rouge, un café ou un jus de pomme aini que des crêpes ; le tout servi bien évidemment par  ceux qui encadrent cette initiative. Mais l’expérience qui dure depuis deux ans serait menacée par l’arrêt de subvention, à la saison prochaine.

Aucun élu n’était dans l’ancien chai servant de théâtre. Serions-nous en campagne ? Ce jour-là, elle ne se faisait pas au théâtre. La culture serait-elle l’absente du débat.

J’y ai,  avec bonheur,  retrouvé plusieurs habitués de la librairie d’autrefois.

Hier, le retour en train- après une heure de car au départ de Castelnaudary-, me réservait une surprise. Le Ter de Toulouse à Gourdon, certes vilainement barbouillé et visiblement en bout de course égrenait telles des perles tombées d’un collier, des noms savoureux que je n’avais pas retenus ou jamais entendus ; je ne sais. Oubliés, je ne suis pas sûre ; ces noms de gare m’auraient donc échappés ou les trains pris auparavant ne s’y étaient jamais arrêtés ? Probable aussi, mon attention avait été retenue ailleurs. Mais quel plaisir d’ainsi entendre égrapper:  St Jory, je connaissais, enfin une tante y avait été institutrice; Grisolles chante à l’oreille et la même tante en avait parlé aussi avec beaucoup de tendresse dans la voix ; un des siens devait y habiter, peut-être, Castelnau d’ Estretefond tout à fait occitan qui serait : Château neuf de l’étroite fontaine (bien qu’il y ait un d au lieu d’un t). En tout cas, L’accès devait y être difficile.

Dieupantel me laisse plus perplexe et m’intrigue ; j’avais entendu Dieu et Tantale mais le panneau derrière la vitre fuyante m’enlève tout scénario possible et je me demanderai longtemps ce que cela peut bien vouloir dire. Je chercherai plus tard.

Et alors Montauban –Ville-Bourbon, c’est tout de suite plus exotique. Je crois bien que je ne l’avais jamais entendu .L’Intercité ne nous donne pas autant d’occasion de s’émerveiller ou de s’interroger de la sorte . Le Ter nous incite à nous intéresser à la toponymie quand l’Intercité est là pour ne pas nous faire perdre trop de temps.

Si seulement nous pouvions conserver toutes les petites lignes qui permettent à « notre territoire » -comme se plaisent à dire et à redire nos politiques-, de continuer à se déplacer donc à vivre et à s’ouvrir à l’autre, aussi.

A l’arrivée aux Biastres, je remarque que les gros bourgeons marron glacé et collants du marronnier avaient éclaté. Ils avaient bien commencé à se dégrafer pour laisser les petites feuilles se déplisser avec soin mais aujourd’hui j’y vois les futurs lampions déjà bien avancés.

A propos, les Biastres, quelle  en est l’origine ? C’est ce que je me suis promis de chercher dès que je l’ai lu et pffft, je ne l’ai toujours pas fait.

ELB

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2 responses to “Petit voyage en train.”

  1. trainsurtrainghv says :

    J’ai voyagé avec toi puis choisi un carré découpé dans les Croquis du train. Un temps d’hésitation entre une Endormie,vraiment trop détachée du paysage et une Eveillée…GHV

    J'aime

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