Archive | avril 2017

Mot d’enfant 1

femme

Aux élèves de Maud C. je racontais  :

… » Gilgamesh vivait il y a plus de 5000 ans. Trop fort, trop méchant, trop autoritaire : les dieux décidèrent de lui envoyer Enkidu pour le calmer un peu. Gilgamesh apprenant la présence de cet Enkidu chevelu, mal lavé mais terrrrrrrrriblement musclé décida de lui tendre un piège et lui envoya…. »

Samir qui ne tient plus: « un texto!!!! »

Moi:  » Et non Samir… Une femme… »

C’était il ya deux, trois ans? Passe le temps. Je n’ai plus délèves.

Le petit Samir fonctionne comme beaucoup d’adultes que nous sommes, attentif au monde dès qu’on l’y invite mais exclusif et exagéré il ne peut contenir son désir d’intervenir, il anticipe. Nous rions… Mais nous rions moins lorsqu’on l’on découvre sur les médias, journaux, émissions en tous genres, internet mais aussi dans la rue les commentaires exclusifs , exagérés et exigeants et déconnectés de tous ceux qui sur l’actualité en savent plus et mieux que le dernier à avoir pris la parole .

Sur ma table du petit  déjeuner traîne une carte postale de La rivière D’Aristide Maillol, quelque chose de frais, printanier et je crayonne, crayonne…et parfois je lève les yeux vers les tours d’Epinay au delà des arbres- GHV

 

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La vie au grand air.

arbresghv

Avec Huguette, dans le Lot la semaine dernière autour d’un plat italien ou plutôt sicilien, de polpettes:

– J-Marie, mets-toi au bout de la table que je m’assoie à côté de ma sœur pour en profiter encore un peu, dit G, le grand frère.

Rejoint par l’autre frère R, à la fin du repas, pour partager café et dessert, émus, ils évoquent la naissance de cette petite sœur à qui ils ont donné ce prénom : Huguette. Bienveillance et fierté à peine voilées deux grands gaillards ont subitement surgis de l’enfance.

Ils nous abandonnent pour faire un billard dans l’ancien four tout à côté. Avec Huguette, nous partons en filles nous balader reniflant l’air presqu’estival et passant par La treille. Trois haltes où nous saluons et retrouvons pour moi, une personne autrefois connue et plusieurs membres d’une famille me disant leur lien de parenté avec la mienne. Mais le temps a passé et les anciens,  eux aussi qui, trop nombreux et occupés par leur vie n’ont entretenu le lien.

Nous avons admiré les grands arbres,  comme des ancêtres  porteurs de mémoire. Ils ont dû voir H passer, allant chez sa grand-mère. De si beaux arbres, majestueux.

Avril, un des mois les plus beaux par l’explosion de couleurs et de senteurs. Vert tendre et délicat, avril ; C‘est encore le printemps fragile et hier,  voilà les arbres après des jours presque chauds, malmenés, rabroués par le vent. Mais aujourd’hui, à nouveau la lumière du printemps !

Ainsi va le jour *, depuis que j’ai aménagé  à la campagne, s’est un peu estompé, effacé au profit de quelques textes du style ce que je pourrais dire  autrement dit, entre les lignes et autres textes motivés par l’envie impérieuse,  ou une réaction à un évènement, une rencontre ou un livre sans oublier les haïkus qui scandent régulièrement mes incursions ou effractions dans ce blog à quatre mains de Huguette.

Tout déménagement ou aménagement apporte sa nouveauté par une adaptation qui se fait au fil des jours et pour ma part, sans contrarier trop ma perception de la vie en général. La campagne avec sa nature m’appelle au dehors davantage sans m’éloigner pour autant des préoccupations majeures de tout être pensant.

Éclaircissement apporté, il y aura sans doute davantage de nature, de poésie que de commentaires  mais parfois nos sens se jouent de nous. Sans être dans la trop grande intimité et ennuyer son monde.

La nature me distrait de la lecture et de l’agitation et j’espère qu’une fois l’ivresse de la redécouverte de cette campagne et les camaraderies d’autrefois renouées ou pas ainsi que le pays, retrouvé, je reprendrai le cours normal qui m’attachait volontairement et sans trop d’effort à ma table.

Mon panorama, aujourd’hui : la pointe vert tendre des pommes du pin parasol, les lampions blancs accrochés aux marronniers, la souplesse des branches que le vent balade sans se soucier des cerises en devenir et au loin, les fleurs passées des pissenlits qui peuplent de bulles fragiles les prés. Les grumes, tour à tour chargées d’humidité puis lourdes de soleil emmagasiné. A leur place, elles sont et la couleur un peu modifiée à chaque passage ou c’est moi qui me le figure. Ce tas de bois ainsi que des billes et planches débités scandent une portion de ce chemin passant sous la voie de chemin de fer non loin de la maison.

Voilà, à quelques promenades près, la vue de ma fenêtre et à l’entour qu’ont pu apprécier les deux parisiennes,  A. et V. en visite.

ELB

*Le lien renvoie à l’article Ainsi va le jour 36. La page Ainsi va le jour regroupe la totalité des articles éponymes.

Arbres si beaux.

bords de seine-epinay (6)

Le printemps passe trop vite. C’est ce que me dit Françoise alors que nous suivons le chemin de halage le long de la Seine à Epinay . Nous nous arrêtons devant le saule dont je sais avoir photographié le corps insolant de santé vigoureux et nu  il y a trois semaines  à peine. Aujourd’hui le squelette massif est comme enchâssé dans un écrin de verdure.

arbresibeau

 

Il y a quelques jours  Evelyne (ELB pour les habitués du blog) m’accompagnait sur un de ces chemins lotois  qu’aucun guide de chemins de randonnées ne mentionne,entre Miers et Padirac, blanche castine et haies tendres ,soleil , bleu  bleu le ciel. Trop bleu: Robert Doisneau séjournant chez son ami Jean Lurçat  aux tours de St Laurent désespérait de le saisir en couleur.

Dans ce petit val un ruisseau murmure que les herbes déjà hautes dissimulent au regard. Les prés ne seront plus jamais aussi verts qu’en ces derniers jours d’avril ni aussi délicatement fleuris. Les arbres à l’assaut des roches taillées dans les derniers mamelons du limargue leur font une ombre encore légère. Je songe à ce livre dont nous parlions peu avant : Sur les chemins noirs de Syvain Tesson.

 

 

françoisedessinant

Promenade spinassienne terminée au Bistrot de Paris rue de Paris face à la médiathèque .D’ordinaire  la clientèle est surtout masculine mais nous nous attablons à côté d’ un trio de vieilles dames que Françoise croque et je croque Françoise. En silence ou presque après avoir évoqué les plantes, oiseaux, amis, nos vies aussi, le travail entrepris à l’atelier.Nous n’avons pas évoqué les élections. GHV