Marcovaldo et le perce-neige.

perce-neige

Hier Evelyne (ELB) depuis sa campagne écrivait:

Bourgeons des fourrés

Perce-neige dans les travers

Perles du printemps.

J’ai filé au parc de la Chevrette, ai prélevé quelques clochettes. Ici aussi elles fleurissent, plus lourdes, plus citadines que celles sauvages et graciles des sous-bois de Padirac, entre Bagou et Matthieu. Je fais là mon Marcovaldo, le bon homme d’ Italo Calvino que je découvris parce qu’un  prof de français l’avait donné à lire à mes filles au collège Robespierre. Comme lui à chaque saison je déniche dans cette ville ce qui subsiste de sa ruralité d’autrefois, je recherche ce que m’évoque souvenirs d’enfance, plantes, arbres, oiseaux, animaux, personnes, j’évalue à l’aune de mes connaissances de provinciale l’aspect des toitures, les bâtisses, la vie du courant en bord de Seine,la lumière du jour au fil des saisons, comment évolue le paysage , les gens aussi.

Il y a des années un renard traversa sous mes yeux l’avenue vers Saint Denis. La semaine dernière j’ai surpris sur la pelouse mon premier écureuil, mais je ne m’étonne plus du cri et du vol des perruches exotiques devenues familières dans les platanes du stade; j’attends le retour du hérisson, je m’impatiente de ne pas connaître pourquoi ce gars squatte l’entrée de l’immeuble tous les soirs son portable à la main. En province tout le village en eut déjà fait une affaire urgente .

Mon bouquet s’est voulu respectueux du code des parcs d’Epinay: on ne cueille pas. rien à voir avec ceux énormes que mes mains  d’enfant tentaient de contenir .

« C’est quoi.? »m’a demandé un enfant à la poursuite de son ballon.

-« Un perce-neige, la fleur de l’hiver ».Mais il file déjà. Au -dessus du remblais passe interminablement un train chargé de voitures. J’ignore si à six cents kilomètres de là  la gare de Gramat gardera son arrêt si les manifestations qui eurent lieu en leur temps ont porté leur fruit. GHV

PS:J’ai trouvé sur un blog cet article sur Marcovaldo

http://colimasson.over-blog.com/article-marcovaldo-1963-d-italo-calvino-122168826.html

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

2 responses to “Marcovaldo et le perce-neige.”

  1. michusa says :

    Excellent « Marcovaldo » de Calvino en effet !

    Aimé par 1 personne

  2. hyacinthe46 says :

    Délicieux Italo Calvino! Après le perce-neige, il n’y a plus qu’à attendre la jonquille sauvage. Encore quelques jours à patienter.
    Les mouettes et les corneilles ne sont plus dans mon nouveaux décor mais la tourterelle Turque, oui.

    Aimé par 1 personne

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