Archive | février 2017

Les deux Irlande.

 

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Dublin ou Belfast. Rien de tout cela en sport et surtout pas au Rugby.

Tournoi des six  nations. Aujourd’hui, la France face à l’Irlande,  le XV du trèfle, une des meilleures sélections nationales au monde.

Sur le terrain, les joueurs de l’Irlande du Nord et de la République irlandaise sont réunis, le trèfle sur le cœur et un seul hymne, le Irland’s Call.

Le sport et la politique pas de barrière ? Qu’en sera-t-il de ces deux pays après le Brexit et ses négociations. L’Irlande  est le pays le plus sensible et le plus touché du Royaume Uni.

L’Irlande du Nord (l’Ulster) quittant l’Union, et comme prévu par l’OMC, le droit de douane à la frontière irlandaise (République Irlandaise) serait rétabli : 50% sur les produits laitiers et 40% sur le bœuf  qui entraînerait un vrai problème économique

Autant d’obstacles aux échanges entre les deux Irlande. 20 % de ses exportations vers le Royaume Uni pourraient lui faire défaut ; le secteur agroalimentaire y étant très développé, plusieurs fermes sont en faillite. Les subventions et les fonds structurels européens dispensés à ces régions pauvres dont l’Irlande du Nord fait partie ont cessé.  La frontière remettrait aussi en cause les accords qui avaient mis fin en 1998 au conflit Nord Irlandais ; l’Union s’était beaucoup investie dans le processus de paix. Aussi, pas de frontière, c’est ce qui a été annoncé par l’Union européenne.L’avenir le dira.

Quitter le Royaume Uni pour rester dans l’Union, guère possible. Les négociations entre l’Union  et le Royaume Uni s’annoncent  délicates et seront pesées pour préserver une continuité sans trop menacer l’équilibre économique et social.

Passe difficile. Mais en Ovalie, tout est possible. Et concernant le match qui débute dans moins de deux heures, que le meilleur gagne !

Il m’est difficile de ne pas penser à Samuel Beckett, Dublinois qui a vécu 50 ans à Paris ainsi qu’Oscar Wilde et bien d’autres comme Joyce dont je dois essayer de reprendre la lecture abandonnée,  il y a si longtemps.

En attendant, un poème de Yeats, prix Nobel, lui aussi.

ELB

The Old Men Admiring Themselves in the Water

I heard the old, old men say

‘Everything alters,

And one by one we drop away.’

They had hands like claws, and their knees

Were twisted like the old thorn trees

By the waters.

I heard the old, old men say

‘All that’s beautiful drifts away

Like the waters.’

Vieux admirant leurs reflets sur les flots

J’écoute les vieux, les anciens, dire

« Toute chose s’altère

Et un par un au loin on se perd. »

Leurs mains : comme des crabes, et leurs genoux

Noueux comme de vieux épiniers

Face aux flots.

J’écoute les vieux, les anciens, dire

« Toute beauté au loin se perd

Comme les flots. »

 

 

 

Marcovaldo et le perce-neige.

perce-neige

Hier Evelyne (ELB) depuis sa campagne écrivait:

Bourgeons des fourrés

Perce-neige dans les travers

Perles du printemps.

J’ai filé au parc de la Chevrette, ai prélevé quelques clochettes. Ici aussi elles fleurissent, plus lourdes, plus citadines que celles sauvages et graciles des sous-bois de Padirac, entre Bagou et Matthieu. Je fais là mon Marcovaldo, le bon homme d’ Italo Calvino que je découvris parce qu’un  prof de français l’avait donné à lire à mes filles au collège Robespierre. Comme lui à chaque saison je déniche dans cette ville ce qui subsiste de sa ruralité d’autrefois, je recherche ce que m’évoque souvenirs d’enfance, plantes, arbres, oiseaux, animaux, personnes, j’évalue à l’aune de mes connaissances de provinciale l’aspect des toitures, les bâtisses, la vie du courant en bord de Seine,la lumière du jour au fil des saisons, comment évolue le paysage , les gens aussi.

Il y a des années un renard traversa sous mes yeux l’avenue vers Saint Denis. La semaine dernière j’ai surpris sur la pelouse mon premier écureuil, mais je ne m’étonne plus du cri et du vol des perruches exotiques devenues familières dans les platanes du stade; j’attends le retour du hérisson, je m’impatiente de ne pas connaître pourquoi ce gars squatte l’entrée de l’immeuble tous les soirs son portable à la main. En province tout le village en eut déjà fait une affaire urgente .

Mon bouquet s’est voulu respectueux du code des parcs d’Epinay: on ne cueille pas. rien à voir avec ceux énormes que mes mains  d’enfant tentaient de contenir .

« C’est quoi.? »m’a demandé un enfant à la poursuite de son ballon.

-« Un perce-neige, la fleur de l’hiver ».Mais il file déjà. Au -dessus du remblais passe interminablement un train chargé de voitures. J’ignore si à six cents kilomètres de là  la gare de Gramat gardera son arrêt si les manifestations qui eurent lieu en leur temps ont porté leur fruit. GHV

PS:J’ai trouvé sur un blog cet article sur Marcovaldo

http://colimasson.over-blog.com/article-marcovaldo-1963-d-italo-calvino-122168826.html

Haïku du jour.

Bourgeons des fourrés

Perce-neige dans les travers

Perles du printemps.

 

ELB