Archive | décembre 2016

Je vais lire Taos Amrouche.

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Samir dans la lune  planté devant moi sur le palier puis qui s’échappe et revient deux livres dans les mains qu’il dépose dans les miennes: « Tiens tu verras, je ne te dis rien, tu dois comprendre toute seule ».

Taos Amrouche, Solitude ma mère chez Joelle  Losfeld et Fadhma Aït Mansour Amrouche, Histoire de ma vie avec une préface de Kateb Yacine, chez Librairie François Maspéro. J’ai donc entrepris la lecture du premier mais avant d’aller plus avant suis parti sur Internet à la recherche de ses deux personnages, la fille , chanteuse, écrivaine et la mère »une grande dame kabyle »qui après la pauvreté et l’adversité, sut collecter et écrire en plus du récit de sa vie les chants traditionnels de son territoire.

Me reviennent  aussi en mémoire  ces paroles collectées par Nedjima Plantade ethnologue résidente d’Epinay sur Seine d’une femme kabyle dont elle sut ainsi  nous faire revivre le destin et l’errance depuis ses montagnes stériles jusqu’aux banlieues françaises.

La voix de Taos première femme auteur d’Algérie, soeur de Jean lui aussi écrivain,amie de Giono ne laisse pas indifférent: forte, intense,convaincante.

https://youtu.be/NEkSqGEobEo la vidéo.

GHV

 

Dernier carton.

 coeur

Celui que l’on laisse traîner l’air de rien pour ne rien oublier ; le carton où en dernier recours, on mettra ce dont on ne pourra se passer jusqu’au bout, dernier jour dernière heure.

Un dernier, réceptacle de tout ce qui ne rentre pas dans la catégorie supposée ou qui n’y a plus sa place ou que l’on ne veut pas enfermer. Puis la dernière liste de choses à faire ou à ne pas oublier encore. Cela permet aussi de repousser une sorte de nostalgie, le cœur un peu gros de laisser amis et connaissances ainsi que ses habitudes.

Quelques photos, des bouts de journaux,  une image,  des pages découpées et conservées pour meubler si besoin était quelques intervalles de rêveries dans le train puis encore deux, trois photos pour se rassurer. Une dernière prise du jardin et de la place, un tour à la Presse et chez le cordonnier. Derniers adieux. Un regard amusé vers le parc, un autre avant de sortir, dans le grand miroir  de l’entrée de l’immeuble pour vérifier la tête du dernier jour,  en ce lieu. Qu’est-ce qui va nous manquer ? De quoi nous ne pourrions- nous passer ? Car je ne suis pas la seule à ressentir un petit pincement, une appréhension aussi, peut-être.

Pourtant, le ciel dégagé la plupart du temps, la possibilité d’étendre le linge dehors, de marcher dans les chemins, d’aller m’asseoir sous les arbres dès qu’il fera beau, de scruter tous les matins, le ciel et d’attendre le chant des oiseaux. Et surtout, le grand bonheur: enfants et petit-fils!

Puis, tout ce à quoi nous ne pensons pas ou avons oublié.

J’irai voir une dernière fois les mouettes sur la Seine, en bas du boulevard. Encore dans le cadre en instance d’en rejoindre un autre, celui de la nature quasi nue qui ne peut que me renvoyer mon image. Va-t-elle me laisser reliée au monde et présente à lui ou m’absorber et me manger en entier. Quelle part de moi va lui être dévolue ou laquelle saurai-je lui consentir. Je peux aussi m’y noyer et forte est la tentation. Je la sais consolatrice et intensément stimulante.

Et pourquoi, vous dire cela ou plutôt l’écrire.

Ecrire plus que dire, l’écrire pour ne pas avoir à le dire. Est-ce plus fort d’écrire que de dire ? En tout cas, quand je l’écris, je l’exprime mieux que lorsque je le dis ; ma pensée est plus claire et surtout j’ai l’impression qu’elle est mieux retranscrite, qu’elle correspond tout à fait à ce que j’éprouve ou pense profondément. Mais je me trompe,  peut-être.

 

ELB

En couple.

couple

 

Les quatre feux de la gazinière sont si capricieux que nous voilà au centre commercial  pour  une nouvelle plaque à gaz.

Devant la perspective du chèque à débiter deux attitudes bien opposées: je plaide pour une économie, le raisonnable, exprime mon scepticisme quant au rapport qualité-prix.

C.  prétend que la qualité se paie, qu’il « faut y mettre le prix ». Il gagne .Nous prendrons la plus chère.

L’affaire faite je n’ai plus d’état d’âme , plutôt satisfaite et C. relit trois fois la facture avec une colère froide qui monte contre la cherté de la chose. GHV