Archive | novembre 2016

Entrons-nous dans la « lutte des places » ?

existence!

Dans un entretien pour Médiapart, Ella Balaert vient de jeter une lumière neuve sur notre société : peut-on penser que la lutte des classes, qui a si cruellement régné, mais où chacune avait sa place, est en train de se faire supplanter par une « lutte des places », où chacun se voit désormais seul et « jetable » ? La société suicidaire où chacun, sous couvert de « placement libre », doit se tailler sa propre place, révèle chaque jour davantage sa face sombre : le sort qu’elle réserve à ceux qui n’ont pas, ou n’ont plus de place.

Migrants, chômeurs, précaires, anonymes ou invisibles sont-ils condamnés à une même inexistence ? Toutes nos accélérations, toutes nos activités fébriles, toutes nos angoisses intimes ont-elles pour centre un tel trou noir ?

Une lecture d’autant plus urgente qu’Ella Balaert, avec son humour, sa douceur et son humanité, donne des pistes d’espoir pour que chacun crée sa place, en créant son identité.

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Je croyais l’avoir perdu…

mots

 

Au milieu des cartons.

Je croyais l’avoir perdu…je l’ai retrouvé pour mon plus grand bonheur en faisant mes cartons de livres. Je vous le recommande .

Un difficile dialogue s’installe dans ce café situé on ne sait où entre une serveuse arrivée de la campagne et peut-être un intellectuel. Il raconte des histoires, elle s’ennuie. Les deux personnages s’apprivoisent. Sans le savoir, elle aussi sait faire de la prose, à sa manière. On est en pleine langue et bien au pays des mots.

On va faire ses courses sur la lune détour par les étoiles et on cherche toujours son doudou

Olivier Rolin La langue   suivi de Mal placé, déplacé (conférence) .Verdier Editions  2000

Je vous ai déjà parlé de cet auteur qui me tient tant à cœur.

Extrait:

-Oui, mais voir aussi avec les mots, les mots exacts, c’est un peu la même chose. Ca a l’air bizarre, mais tu ne vois pas seulement avec les yeux, tu vois aussi avec les mots; Si tu ne trouves pas des mots-belettes pour attraper à la gorge ce que tu as devant les yeux, tu crois le voir mais tu ne le vois pas vraiment..Les mots, ça a l’air de n’avoir pas de réalité, et pourtant c’est comme des tas de petites mains agiles quite permettent d’agripper les choses. Tu ne crois pas?

-Je ne sais pas…C’est peut-être pour ça que…Il y a beaucoup de joursoù j’ai l’impression de ne plus rien voir, ou alors avec des lunettes un peu moins sombres que celles-là, mais très très noires quand même…

ELB

 

Qu’as-tu fait?

charly

Dimanche de novembre à Epinay, pluvieux, du moins m’en suis-je aperçue ce soir.

Le dessin avant midi. Un peu de couleur après le repas pris dans la cuisine et quelques heures plus tard la nuit tombe déjà , je range ma table dans l’atelier.

-Et toi qu’as-tu fait?

-Rien. GHV