Archive | octobre 2016

Lisbonne.2

Voyage en train.Nous avons donc eu une soirée, une nuit et une journée hors de Lisbonne invitées par Dalia chez elle à Encontramento : la ville a grandi autour d’un nœud ferroviaire et ne semble avoir qu’un passé récent. Les lisboètes  y logent parce qu’à une heure de train de leur travail. De vastes terrains accueillent d’incroyables villas , vastes et pimpantes regroupées en citées champignons .  Priorité aux structures sportives, aux magasins, aux espaces verts, très verts, alors qu’il n’a pas plu ici depuis avril, soit six mois qui ont grillé les alentours.

Voyage en voiture avec Pedro et Dalia pour guides. Chaque arrêt est choisi et explicité.

img_5336

Première halte dans un parc au bord d’un ruisseau limpide , poissons, canards, parc qui n’a rien à envier à celui de notre île st Denis . Mondialisation : mêmes aires de jeux, mêmes pelouses, bosquets, attractions, bancs, sculptures.  Plus symbolique : les barbecues individuels pour les grillades en famille ou entre copains.

img_5349

La brume se lève et dévoile le Taje au château d’Almoural. Le bras d’eau  a des transparences cristallines…

img_5353

A Constancia Camoès a sa figure de bronze. Il y aurait été assigné quelques années pour cause de disgrâce .Le portugais se veut poète, aime la poésie, chante, montre  ses poètes. Camoès écrivit les Lusiades à la gloire  de son pays. Il évoquat dans le genre épique son passé  et l’aventure contemporaine pour lui (publié en 1572) des découvertes et des voyages de conquêtes de Vasco de Gama .La vie  de Camoès mérite un roman: marin, soldat, meurtrier, grand voyageur ,amoureux incontrôlable, poète, gloire et déchéance…Lisbonne lui a dédié une place et une autre effigie tout aussi célèbre. A Lisbonne encore j’ai trouvé pour Evelyne un livre en français sur l’oeuvre du personnage. A quand pour moi la lecture des huit mille huit cent seize vers?!

La route serpente entre des collines brûlées par le soleil , surplombe, enjambe  le barrage qui approvisione la capitale en eau sur  le Zézere .

img_5379

Autre halte à Tomar la ville des croisés, nous y déjeunerons. Il y a tant d ’anecdotes sur la ville. Evocations avec nos amis des fêtes du lieu , du 25 avril 1974 jour de la révolution des œillets vécue là par Dalia, , de la chanson de Zé Afonso qui à la radio donna l e signal pour l’insurrection, de l’art manuélin, des couleurs de la ville, de la nourriture , des jardins encore. Je reviens sur la fête des tabuleiros  organisée tous les quatre ans où des centaines de jeunes filles défilent  avec un comparse qui les aide à maintenir l’équilibre d’une énorme pile de pains et de fleurs  maintenue sur leur tête. Des photos découvertes sur les murs nous en donne un aperçu .

tomar-ghv

Donc Dalia aime les jardins, les portugais aiment leur jardins.Tant mieux, moi aussi. Après midi dans ceux du centre ville puis  du monastère. Mes compagnes grimpent au haut des remparts . J’ouvre mon carnet sur un banc entre les buis et devant le porche,pure dentelle de pierre, art manuélin encore. Les heures passent. Pedro se plie à notre rythme.

Détour par Nazaré. Voir l’océan.

img_5411

Retour par Obidos : la ville à l’abri entre les remparts , magnifique, toute de couleurs du moins dans la longue rue principale dédiée au tourisme mais la vie authentique  se devine au-delà de chaque « traverse ». Imposants  entrepôts de livres à chiner  où l’on découvre tout un ensemble de titres français, annonce d’un festival de littérature avec un hommage à Saragamo prix Nobel de littérature en 1998 et peut-être en raison de l’exposition universelle de Lisbonne cette année là , une manière de mettre enfin le Portugal à l’honneur.

Déguster une glace …

Dix minutes de retard du train de Santarem (Où naquit  Camoès) pour Lisbonne . Une aubaine : nous  l’aurons au vol avec  quelques instants précieux pour faire nos adieux à Dalia. Promis elle viendra nous voir.GHV

Lisbonne.1

img_5100

Rua do sol da santa Catarina. A 1418 km de Gramat et 1753 km d’Epinay sur Seine .4 octobre 2016.

Nous y voilà en copines. Pour Cl. éprouver la densité, le vacarme,le contraste d’avec la quiétude lotoise,  pour moi l’impression de débarquer dans une lumineuse et tranquille ville de province qui nous dissimule encore en cette première après-midi ses faubourgs ,ses sept collines et ses mensurations.

Le lisboète n’est point pressé, notre logeuse non plus. Attendre.Et déjà l’on a découvert les chats de la rue, le linge aux fenêtres, les voisins étudiants, l’amas des poubelles, les crénaux en côte des riverains, la femme qui nourrit les pigeons …Pour les cinq jours à venir il fera beau et chaud.

img_5162

Voir Lisbonne du ciel nous dit Dalia et apprécier la beauté des pavages. Basalte noir et calcaire blanc. Découvrir que chaque pas mérite attention tant le sol est pentu, le caillou glissant ou parfois déchaussé dangereux.

En 1755 un tremblement de terre détruit la ville et le marquis de Bompal ministre du roi oblige à une reconstruction rapide et raisonnée de la ville. L’on casse les pierres des ruines pour paver les rues.Il semble que l’on n’ai jamais arrêté depuis. Dans l’arrière pays le paysage présente de larges déchirures : des carrières ..Au Portugal on construit, on restaure…

lisbonne

Il nous faudra bien ces cinq jours pour connaitre un peu les lisboates. Les meilleures occasions au hasard des rues, des quartiers, dans le train, en se restaurant, dans le métro, dans le tramway, en distinguant des touristes  . Nous en reparlerons…

img_5238

Adamastor rugit à deux pas au miradouro de santa Catarina. Ses yeux furibonds contemplent au delà du Taje les nuées que lâche l’océan. Le récit de Jean Yves Loude  Lisbonne- Dans la ville noire me l’avait présenté comme une allégorie lubrique , celle du cap Espérance , Afrique effrayante, titan bafoué, trompé dans sa poursuite de la nymphe Téthis.Evocation des flots rugissants,désespoir et peur irraisonnée des marins et soldats embarqués pour d’incessantes conquêtes , vision du poète Camoès.

Au pied de la pierre sculptée la jeunesse étudiante dès le soleil couchant s’assoit calmement avec bières et pétards , le soleil se couche au delà du pont du 25 avril et du christ roi. Un groupe sud américain joue et chante. Au petit matin Cl. m’entraine  y compter les bouteilles vides.

img_5295

Dalia .Fleur du Portugal. Emigrée à Gramat mais repartie là-bas pour ses études et empêchée de retour pour cause d’amour. Retrouvailles »comme si l’on s était quittées la veille » après plus de quarante quatre ans sans échanges.Les amitiés de l’enfance ont quelque chose d’indéfectible. Ce soir  elle nous présente Pedro. Demain ils nous amèneront vers Encontramento, Tomar, Nazaré,Obidos.  GHV

Haïku du soir.

Blanche et rebondie

Sentinelle la lune

En chaperonne.

ELB