Ainsi va le jour. 32

carreb

Apprivoiser la nouvelle tranche de vie, c’est ce que je fais assez naturellement et la trouve plutôt agréable.

Mais en ce qui concerne le monde qui nous entoure, l’insouciance est passagère et mesurée ; nous apprenons une sorte de désinvolture consciente et l’air de rien, aux aguets, comme une agilité mentale -celle qu’impose ce siècle qui s’emballe-, une nouvelle élégance à porter en bandoulière. Le sentiment d’incertitude est bien intégré.

Une gradation dans l’horreur. Tuerie homophobe à Orlando USA et le surlendemain, le loup solitaire Français qui,  lui aussi fait allégeance à DAECH, assassine un couple de policiers devant son fils.

Daesh éclate ses recrues  et dissémine la terreur et la haine. A peu près n’importe où dans le monde, et à n’importe quel moment, un terroriste peut  en électron libre, frapper puis lui faire allégeance.

Attentats suicides en Arabie Saoudite dans trois villes dont Médine dans les derniers jours du Ramadan. La légitimité des Saoud est contestée et la lutte entre Chiites et sunnites se poursuit.

Au Bengladesh et  à Ankara la série continue avec des kamikazes d’Asie centrale. Israël et la Turquie  reprennent leurs relations diplomatiques ;  il faut bien encadrer l’Iran. Erdogan essaie de reprendre la main dans la région mais encore une fois en monnayant quelques dollars.

L’euro de football s’emballe à Marseille où le chef des hooligans russes compterait parmi les connaissances de Poutine mais les supporters Irlandais et Islandais ont donné de belles leçons d’esprit sportif.

To be or not to be in the European Union? Après le résultat du référendum, Le Royaume Uni est désuni. L’argument premier avancé : les émigrés. C’était le thème phare et qui a fait recette même si ceux qui le promouvaient avec à la clef beaucoup de mensonges, ont démissionné abandonnant lâchement leurs électeurs. Le populisme a gagné les esprits et leurré les citoyens ; Certaines décisions sont parfois lourdes de conséquences. Frontières,  protectionnisme et repli sur soi quand le monde est un gros village, ne peuvent être la réponse. L’asphyxie nous guette.

Et nous sommes  choqués par l’assassinat  de la députée travailliste Jo Cox, morte peut-être pour l’Union. Ce peut être l’acte d’un déséquilibré ou l’expression d’un nationalisme  exacerbé   alors que les régionalismes indépendantistes Européens comme  IRA, ETA, FLNC ont déposé les armes. Qu’en penser ?

Brexit auquel on n’osait  croire et David Cameron pris à son propre piège qui avait promis un référendum pour  se faire élire. Mais la Grande Bretagne était-elle dans l’Union tant elle avait  obtenu de dérogations. L’adolescente qu’est l’U E au regard de l’Histoire-comme disent certains-,  avancerait par crise. Peut-être verrons-nous d’ici une décennie une harmonisation sociale et fiscale ainsi qu’une politique commune avec une défense devenir réalité. Et soyons fous, en prime,  des élections  transnationales pour se sentir davantage Européens comme certains le souhaitent.

En Espagne, en Italie, désabusés par la politique, les citoyens se sont tournés vers des formations nouvelles et populistes; ainsi de jeunes femmes sont devenues maires de villes emblématiques : Barcelone, Rome et Turin  écornant les partis de pouvoir.

Et toujours la même difficulté pour les migrants. Quelles images s’archivent dans leur mémoire qui pourraient les aider à survivre ? Dixième sauvetage de migrants venant d’Afrique subsaharienne, par le navire humanitaire Aquarius.

 Au milieu de tous  ces bruits du monde, Cherbourg  sans parapluie au ciel presque bleu cobalt  nous  a réjouis .nous sommes surpris par la végétation méditerranéenne en montant au Fort du Roule avec de nombreux pins puis fougères et digitales émaillant les  talus de rochers m’ont donné l’illusion d’être en petite montagne. Revenus en ville,  je me suis laissé attendrir  par le charme désuet, vieillot du muséum dans le jardin remarquable Emmanuel Liais avec palmiers et eucalyptus et Jacques Demy -le réalisateur des  Parapluies de Cherbourg nous fait un clin d’œil .

Le lendemain c’est le crachin.  Par le sentier sableux où quelques casemates semblent jouer les vigies, nous arrivons à la plage de Querqueville où Léo le protagoniste du roman,  L’Illétré   que j’ai déjà évoqué ici il y a quelque temps-, accompagnait sa grand-mère .

Au musée Thomas Henry avec un fond important de peintures et dessins de Millet natif de la région Au milieu de plus de 300 tableaux couvrant la période du XV au  XIX siècle,  une petite sculpture en bronze de Camille Claudel Giganti dit aussi Homme de peine ou brigand.

Dernièrement, une après-midi insouciante et curieuse à l’exposition La Beat generation  à Beaubourg avec Huguette et Monique. D’emblée nous sommes jetées sur la route avec Kerouac et son Cassady et à tout vitesse. Burrough du Festin nu est de la partie. Beaucoup de photos, de films, de collages et d’entretiens. Un vrai régal mais mon chouchou, c’est Ginsberg.

Rebelles, anti conformistes, illuminés, voyants et grands consommateurs de LSD entre autres, largement  influencés par Artaud, Genet et Rimbaud, la langue populaire de la rue, celle de Céline a fait le reste. Le mouvement littéraire et artistique exprime  tout cela sans oublier l’obscénité qui a permis à cette époque d’ouvrir la voie  à la libération sexuelle. Tous à des degrés divers, sont attirés par la méditation et adeptes de spiritualités orientales. Ginsberg préconise le Flower Power avec le Be-In plutôt que le Sit- In : manifester pacifiquement contre la guerre du Vietnam avec fleurs, sourires, récitant de la poésie sur le rythme apaisant du mantra désamorçant ainsi la violence. Woodstock n’était pas très loin.

Pour finir et vous encourager à lire  Ginsberg ( mais les autres, aussi) Il a été très admiratif  et marqué par la poésie de Whitman (Feuilles d’herbe) ainsi que par la prose de David Thoreau (La désobéissance civile, Dans les forêts du Maine) prônant une vie proche de la nature, authentique et remettant en cause la civilisation moderne.

Justement la nature ! Le printemps fainéant et l’été qui nous fait des farces au rythme de ses sautes d’humeur a peut-être fini par s’installer. Il était grand temps.

A l’ile St Denis au moment ou un tueur barbouillait sauvagement  de rouge  Dallas, nous étions entre amis sur le vert du grand pré ou  la lumière jouait entre les feuilles sur des rythmes Africains.

 

Un bel été à vous,  en poésie,  voyage ou simple balades.

ELB

Howl et autres poèmes  de  Allen Ginsberg chez Bourgois

 

 

 

 

 

 

 

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One response to “Ainsi va le jour. 32”

  1. laurent domergue says :

     » Hurler avec les Loups  » quitter la Horde , rester aux Ordres , penser Unique , et porter la Tu…nique , vaste est le supplice,  » Non Conforme  » je choisi….!!!

    J'aime

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