Retour vers Epinay sur Seine1*

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C’ était vendredi dernier, 10 juin, date prévue pour mon retour après une escapade en « sauvage solitude ». Grèves possibles, j’avais donc vérifié  la veille, je savais le train supprimé et un bus prévu pour Brive afin de rejoindre le train de 14h 59 pour Paris.

Devant la gare de Gramat, déserte et fermée un groupe et ses cinq accompagnatrices. Arrive la pluie mais pas le car…

Un minibus est réclamé par une âme compatissante pour « le groupe des  handicapées et la dame (moi) ».

Bien sûr à Brive le train est parti . Qu’à cela ne tienne: des taxis seront affectés pour nous et une  équipe d’employés de la SNCF. Il s’agit alors de rejoindre un autre train sur Limoges pour 17h06. Il est question de chauffeurs retardés, de travaux sur la N20 : je laisse ma place et vais tranquillement attendre le convoi de 19h06  avec un crayon , mon carnet et Le professeur et la petite sirène de Lampedusa ce qui m’amène à peu de frais en Sicile. La pluie en arrière-plan des verrières , en croquis les ados du cru, gouailleurs et sonores, des adultes en récréation sur leur portable, un homme étrange, jeune et à la tenue élimée, une jeune fille qui cache ses bavardages au téléphone derrierre sa main en coquille, des couples…

Quatre heures plus tard à Limoges  c’est dans le wagon de première où m’avait installée une jeune employée  que monte le groupe de Gramat: « Les filles, la dame est là! ».Et pour moi: »Les taxis sont arrivés trop tard. »

Du Lot elles reviennent avec des souvenirs de longues journées de juin nimbées de soleil et de visites: la ferme d’Imbert, fragances de foin, de lait aigre, bêlements des cabris, cornes dures des biquettes et le gouffre de Padirac, ruissellements des cascades après les fortes pluies, odeur du ventre de la terre, clapotis des rames sur l’eau de la rivière , et la Maison du miel, saveurs sucrées de l’acacia, du tilleul, de la lavande…

Gare d’Austerlitz à 23h 18 . « Les filles  il y a une marche. Laissez passer la dame. » Regard vide et mains lourdes. Elles sont aveugles.

Au matin suis allée constater ,voir, la décrue de la Seine près du pont d’Epinay. GHV

*1: parce qu’il y eut sur le blog un autre billet ainsi intitulé.

https://trainsurtrainghv.com/2014/09/09/retour-vers-epinay-sur-seine/

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

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