Beya Gille Gacha à Epinay ou le poids d’une vie de 25 ans.

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J’ai rencontré Beya Gille Gacha par hasard parce que par hasard j’étais entrée voir l’exposition, rue de Paris à Epinay sur Seine, ma ville. Thème: l’Abolition ( de l’esclavage). Ses partenaires artistes affichent injustice, douleur,cicatrices et elle, au-delà,  elle questionne et se questionne sur notre actualité et invite à moins de complaisance, moins d’hypocrisie : avons nous réglé dans nos consciences la gestion de l’exploitation de l’homme par l’homme? De la colère tout de même derrrière un beau sourire. De ces colères que l’on aime , énergiques et tournées vers l’action. Donc sa question si je ne me trompe: quel poids et quel prix sont accordés aux vies? Car nos sociétés emballées dans la frénésie des progrès ne le font-elles pas au détriment du respect de l’humain ? Elle évoque , et sa parole coule comme eau de source vive,  les cultures qui façonnent, les femmes, les démunis, les émigrés…Elle nomme le « cannibalisme indirect »(Utiliser les autres pour se satisfaire.)

Je regarde ses balances toutes nommées « Deux poids« . J’ai écouté en retrait ses réponses aux enfants d’une classe  de la rue Dumas de CM1-2, les propos de leur maitre à leur intention, me surprenant à regretter de n’avoir pas entendu de telles mises en garde dans ma propre enfance. La question que j’avais prévue sur l’intelligence les enfants la lui posent; elle tient à faire la nuance entre savoir et pertinence du coeur.

 

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Je m’émerveille de l’efficacité de la forme qu’elle donne à ses oeuvres (« Je fais simple, très simple ») . Simplicité, efficacité. Poésie des images, les êtres évoqués englués de noir ,anonymes, le déséquilibre des plateaux de ses balances, des balances d’autrefois et celles d’aujourd’hui. Couleurs retenues: le feu du cuivre, le brillant de l’inox des objets chinés, le blanc,le noir .

Je questionne: d’où les simili-petits-masques sur les plateaux? d’Afrique(Cameroun, Gabon, Congo, Côte d’Ivoire…) ; des masques passeports, de ceux que l’on glissait sous son pagne avant l’arrivée des blancs pour voyager avec ce petit objet comme pièce d’identité .Un peu notre blason européen?  Oui parce que révélant l’origine , un métier, un statut, une caste, l’âge et l’expérience aussi, le pouvoir protecteur en plus . Ce qui fait le prix d’un homme?

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Intarrissable Beya.Source vive des mots. Mais allez voir son travail sur son site:

www.beyagillegacha.com

ou à la bibliothèque Mendès France à  à Epinay sur Seine pour peu encore…GHV

 

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About trainsurtrainghv

Le blog initié pour extraire de leurs carnets mes croquis du train (GHV:banlieue, quotidien, voyage petit, paroles singulières), prend corps avec les mots d'Evelyne (ELB: déambulations parisiennes et banlieusardes, sensations et constats et depuis peu retour sur le Lot). La palette de notre enfance quercynoise nous autorise ce regard particulier sur le monde citadin et banlieusard et sur la vie en province. GHV

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