Ainsi va le jour. 29

 

 

22bis

 

 

A Grand Scynthe, le camp humanitaire de Médecins sans Frontières financé par l’ONG  accueille 1100 réfugiés dans des cabanons construits par celle-ci.  L’Ecole du Chemin des Dunes  à Calais vit toujours. Malgré la crise des migrants,  il ne faut pas désespérer disait Tsipras le 11 mars,  mais  pour qui cherche un lieu où se sentir en sécurité, ce n’est pas si facile.

L’ONU demande davantage d’efforts aux pays de l’Union car la répartition des réfugiés Syriens n’est pas encore effective. Ban Ki-Moon demande que « 450 000 Syriens, soit 10% des 4,8 millions de réfugiés et déplacés, trouvent un pays d’accueil d’ici à 018 » et je lis : « seuls l’Italie, la Suède et l’Australie ont promis mercredi 31 mars, de réinstaller de nouveaux réfugiés ». Les autres pays ainsi que les USA sont critiqués, mis à l’index pour ne pas participer à cet effort. Et tout le monde sait que la réponse ne peut être que collective.

Effroi mais pas une grande surprise. C’est de la « cinglerie » ai-je entendu ; joli néologisme si la situation  ne prêtait à sourire mais il y a bien de cela. Attentats Bruxelles 22 mars, un autre grand choc. Devons-nous nous habituer ? Sans doute chacun a assimilé cela ou du moins à appris à vivre avec cette nouvelle donnée. S’habituer n’est pas se résigner. Désarmés nous sommes ; le monde, la planète, la terre, le globe, la boule bleue c’est au choix, continue pourtant son voyage.

Cuba rencontre le rock en personne ou le découvre, pour certains. Le monde change. La consigne de la révolution, me dit mon amie cubaine  était :

« Cuba SI Yankees No » Et maintenant que disons-nous -clament les humoristes de la Havane,  ils sont là ? « Cuba Si y los Yankees tambien ».  Si rien n’est encore  réellement visible, la jeunesse bouge, discute et organise des débats au sein de l’université.

Nuit debout, le mouvement citoyen débuté il y a une dizaine de jours s’amplifie faisant école dans d’autres villes. Aucune revendication particulière et qui les a toutes, il s’empare de la place et la fait vivre. Il  réveille la cité au sens politique dans un regain de communauté libre voulant compter à l’avenir. Cela sonne comme vent debout avec une envie de renouveau et le scandale financier du Panama papers ne va pas le faire taire.

Du bus qui me conduit vers la place Clichy, à la porte du même nom, je constate que les deux tours carrées  du futur Palais de justice ont poussé en graine. A-M me dit ne plus avoir en ligne de mire le ciel quand elle regarde devant en allant prendre son bus à partir de Clichy et cela l’attriste.

Vendredi,  sur le pont au-dessus du cimetière, marcher comme suspendue au-dessus des tombes me donne un peu le vertige et cette fois-là je pense à l’ami trop tôt disparu et accompagné ce jeudi à Nîmes,  dans un vent doux et enveloppant.  Au bout du pont, à portée de main, les petites grappes d’un vert si tendre que j’en tire une et la croque. Pour le plaisir  immédiat comme si ce bout de grapillon était à lui seul un concentré de printemps donc de vie. Il en a la couleur, l’audace, l’acidité.

Le mois des fous et des surprises, disait du mois de mars une  poésie de l’enfance mais voilà qu’avril n’est pas avare de giboulées. Enfin, le lilas au jardin a fait feuilles et prépare ses grappes. Début avril froid presque glacial et dans le jardin les bourgeons peinaient  venir. Les voilà à peu près partout couvrant les arbres et les feuilles aussi ; Poiriers et cerisiers exotiques des allées ont enfin éclaté leurs délicates fleurs blanches : presqu’un mois de retard sur l’an passé.

Il semblerait que le printemps fait ce qu’il peut rattrapant son retard. Bonne nouvelle ! Dans le triangle d’or du Lauragais, les grenouilles sont revenues dans la mare près du canal chez Gh.

Mort la semaine dernière d’Imré Kertész,  prix Nobel de littérature . Né à Budapest  en 1929 il  fait de  l’horreur vécue dans les camps un récit dont on ressort presque serein grâce à une distance et une ironie même qui nous fait penser immanquablement à Primo Lévi. Il est aussi très intéressant et touchant de lire entre les lignes  sa grande passion pour la culture allemande ; Est-ce pour cela qu’il y fut reconnu d’emblée alors qu’en France il fut traduit et publié bien plus tard. A ne pas manquer au cas où vous ne connaîtriez pas cet auteur,  sa trilogie  sous forme autobiographique :

Le refus  Etre sans destin et Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas chez Actes Sud.

Après la chute du mur, il paraîtra plus souvent en public poursuivant par son journal un dialogue intime. La langue expatriée paru en 2001. Il est dans la longue liste de mes lacunes…

De plain-pied dans notre matériau commun, la vie, la nôtre qui nous échappe parfois, que nous tissons ou détricotons mais celle des autres aussi dont nous nous nourrissons.

Aujourd’hui, le printemps est là : soleil et ciel bleu à Paris.

 

ELB

 

NB: tous les articles du même nom dans la page Ainsi va le jour

 

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2 responses to “Ainsi va le jour. 29”

  1. manh14 says :

    J’ai toujours eu envie de tenir un journal et jusqu’ici ne l’ai jamais fait. Peut être ne sais-je me remémorer des instants qui se gravent ailleurs après filtrage ?
    c’est donc toujours avec bonheur que je lis vos descriptions des très jolis moments et des réflexions et interrogations qui sont les vôtres. Il en émane une grande fraîcheur…

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    • hyacinthe46 says :

      Merci. Je vais peut-être vous surprendre mais je ne suis pas adepte du journal ; il m’effraie un peu et je doute qu’on puisse être toujours vrai et honnête avec soi même sur la durée. J’en lis que j’apprécie mais je me refuse à l’exercice si ce n’est une phrase par-ci par-là comme trame de la future petite chronique mensuelle.

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